Je profite de cet article de Marianne qui reprend les tics de langage (l'auteure a oublié thématique et problématique qui donnent aussi de l'urticaire) pour parler de cette business review que j'ai dû subir récemment. En général, je refuse de faire de la révision, mais cette fois, insouciante comme je le suis parfois, j'ai dit oui. Voilà, j'ai eu honte de refuser pour la dixième fois du travail de ce client. C'était une mise à jour et le nombre de mots était faible. Évidemment, je n'avais pas été prévenue de cette fichue business review, c'est-à-dire de cette relecture effectuée par un spécialiste du domaine. Et fait aberrant, c'est au réviseur que l'on envoie le résultat de cette business review et non au traducteur (qui gagne plus et qui profiterait davantage d'une révision et d'une relecture. Mais qui suis-je pour...). Je reçois donc les résultats de cette business review. Je ne dis rien (parce que finalement, j'avais peut-être été prévenue mais je ne m'en souvenais pas) et accepte donc de vérifier les corrections, de les accepter ou de les refuser, et de les entrer le cas échéant. Déjà, les erreurs sont toutes de type Style/Fluency/Readability/Preferential, ce qui signifie en gros qu'il n'y a pas de contre-sens. Ma première réaction est de tout accepter ; quand il s'agit de préférences personnelles, ça ne sert à rien de discuter. Mais finalement, il y a certaines choses que je ne peux pas laisser passer. La correction d'un terme trouvé dans le glossaire du projet. Le correcteur répond que c'est son terme qui convient. Soit. C'est toi le spécialiste. La correction qui omet la répétition de la préposition de. Le spécialiste est d'accord. La correction qui inclut les mots souci et gérer. Je passe sur le premier, mais conteste le deuxième, lui préférant assurer. Le relecteur remplace par piloter. OK, ça fait plus technique, même si ça ne veut rien dire dans le contexte. Je laisse tomber. La correction qui affaiblit le sens de l'anglais. Là, je conteste. Tu es peut-être spécialiste, mais je connais bien le domaine. Et je sais que j'ai raison dans ce contexte. Il accepte. La correction suivante, même cas de figure. Mais là, le spécialiste maintient qu'il a raison. Je laisse tomber. La correction suivante : le relecteur ajoute locales au terme devises. Euh... Je suis obligée de lui rappeler les sens de monnaie et de devise. Il laisse tomber. La correction où il corrige sa traduction précédente (oui, j'avais oublié de préciser qu'il avait déjà travaillé sur la version précédente) et remplace un terme français par un terme anglais. La terminologie a pu évoluer entretemps. Qui suis-je pour... Mais là où j'ai vraiment souffert c'est quand il a remplacé mes expressions bien françaises par des anglicismes : responsable de par en charge de, et intervenir par prendre des actions. Hein ! Quand je conteste, il répond de garder l'anglicisme. Et c'est à moi d'entrer ce genre de...

anglicisme