tanizaki

De Tanizaki, je n'avais lu (il y a des années) que Le goût des orties. Et je me souviens que j'avais beaucoup aimé ce roman. Voilà pourquoi ce titre avait attiré mon attention sur NetGalley.

Le livre commence par une préface de la traductrice qui explique que ce roman méconnu n'a jamais fait l'objet d'une édition indépendante et figurait uniquement dans des anthologies. D'après elle, ce roman était inconnu de la plupart des Japonais et inaccessible aux lecteurs hors du Japon. (Je ne sais pas s'il figure dans les volumes de la Pléiade consacrés à Tanizaki. En tout cas, je n'ai pas reconnu le titre.) Vient ensuite une préface de l'auteur qui décrit la difficulté d'écrire pour un journal (In Black and White est paru sous forme de feuilleton).

In Black and White est un thriller. Mizuno, écrivain, s'aperçoit qu'il a parfois utilisé le véritable nom de l'homme qui lui a servi de modèle pour la victime dans l'histoire qu'il vient de livrer à un magazine. Déjà que le nom qu'il avait choisi ressemble beaucoup à l'original et que les détails de la vie de son personnage ressemblent beaucoup à ceux du modèle... Il tente de rattraper le coup et appelle le magazine. Trop tard ! Dans son histoire, un écrivain qui lui ressemble tue un autre écrivain qu'il connaît vaguement. Mizuno s'inquiète car si son modèle venait à être assassiné dans les mêmes circonstances que son personnage, il serait certainement accusé. Il décide donc de se créer un alibi pour le jour éventuel du meurtre. Mizuno a de très gros problèmes de concentration et les choses ne se passent pas vraiment comme prévu.

Comme à chaque fois dans les romans japonais, j'ai trouvé certaines situations vraiment déconcertantes (et je me demande parfois si ce n'est pas dû à la traduction) et j'ai eu l'impression de rater quelque chose (une réplique, un mot, une réflexion ?). Mizuno est un personnage très spécial, suffisant, puéril parfois et qui estime que tout lui est dû. Il se met dans une colère noire quand il considère qu'on lui manque d'égards. Et sa paranoïa donne lieu à des situations très comiques et franchement absurdes. Il fonce tête baissée et oublie l'essentiel pour une petite victoire. J'ai trouvé le personnage spécial, oui. Comme Tanizaki qui s'excuse de la fin de son roman. Mais je ne peux pas en dire plus.

À la fin du roman se trouve une postface de la traductrice qui nous explique le contexte littéraire du roman (écrit dans les années 20) et certains choix de traduction.

Je recommande aux amateurs de littérature japonaise.

Traduction : Phyllis I. Lyons

The writer Mizuno is working on a story about the perfect murder. His fictional victim is modeled on an acquaintance, a fellow writer. When he notices that this man's real name has crept into his manuscript, he becomes terrified that an actual murder will take place—and that he will be the main suspect. Mizuno goes to great lengths to establish an alibi, venturing into the city's underworld. But he finds himself only more entangled as his paranoid fantasies, including a mysterious "Shadow Man" out to entrap him, intrude into real life.

Je remercie Columbia University Press et NetGalley pour cet exemplaire en avant-première.