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An Ojibwe Father Teaches His Son

Richard Wagamese est séparé de son fils. Il n'explique pas vraiment les raisons de cette séparation, mais son comportement irresponsable et son alcoolisme sont certainement en cause. Il décide d'apprendre à son fils à être Ojibwé en lui racontant son parcours initiatique, à lui qui a appris à l'âge adulte à devenir celui qu'il était né pour être. Il raconte donc son cheminement : de son placement dans une famille, de son adoption par une famille où il ne se sent jamais à sa place, à ses arrestations, à ses traversées du Canada, à ses succès en tant que journaliste, à ses moments de mieux alternant avec ses rechutes. Il lui raconte sa première cérémonie, ses préparatifs, ses quatre jours passés seul dans les Rocheuses (sans nourriture et avec un peu d'eau) à méditer, à se comprendre, à prier et à remercier. Il lui fait part de ses conclusions, de ses découvertes. Malgré l'aide de son mentor et les enseignements de celui-ci, l'auteur connaîtra d'autres difficultés. Il n'arrive pas à se départir de l'idée que quelque chose est cassé en lui, qu'il ne mérite pas tout ce qu'il a. Si sa propre famille n'a pas voulu de lui, c'est qu'il a trop de défauts. Il ajoute à son récit des contes de la mythologie ojibwé qui tourne autour de la place des hommes et des animaux sur la terre.

Comme j'avais déjà lu certains livres autobiographiques de Richard Wagamese (écrits par la suite), je connaissais certaines anecdotes. C'est incroyable de voir comment l'auteur a changé ensuite, comment sa réflexion a évolué. Certains faits sont envisagés différemment. Ce qui ne change pas, c'est le regard critique que Richard Wagamese pose sur lui-même. Il ne se sert pas de son enfance difficile pour se chercher des excuses. Il assume tout. Il est honnête avec lui-même et avec son fils. Il est persuadé que les mots sont salvateurs et espère que son expérience profitera non seulement à son fils, mais aussi aux (autres) lecteurs.

Je ne suis pas toujours d'accord avec ce qu'écrit Richard Wagamese, comme je l'ai déjà dit. Mais je suis à chaque fois stupéfaite de sa conscience et de sa spiritualité. Et cet humour quand il raconte des événements pourtant tristes.

Toujours difficile pour moi de parler de ce genre de livre où il y a tant à absorber. Mais je recommande.

J'en profite pour vous souhaiter Happy Indigenous Peoples' Day!