Freedom Riders 1961
J'ai entendu parler des Freedom Riders pour la première fois il y a une vingtaine d'années lorsque j'ai lu Si tu es noir (encore un titre bien français, Lay Bare the Heart: An Autobiography of the Civil Rights Movement en version originale). C'est sûr que ce n'était pas pendant les trois ans de cours de civilisation américaine de la fac. Anyway, c'est donc dans le livre de James Farmer que j'ai vu cette expression pour la première fois. Dès que j'ai su qu'il y avait une exposition itinérante en 2011 pour fêter les 50 ans du mouvement, j'ai vérifié si elle passerait à Denver. Et oui, elle devait s'arrêter du 2 au 28 novembre 2011 dans la bibliothèque du quartier noir de la ville : Blair-Caldwell African American Research Library. J'ai noté la date sur mon agenda et voilà. Trois mois plus tard, je me décide enfin à rédiger un message à ce sujet.
Sculptures de Thomas Jay Warren
Nous arrivons donc à la bibliothèque Blair-Caldwell dans le centre-ville de Denver. Nous montons le grand escalier, l'exposition se trouve au dernier étage. Et... Nous redescendons cinq minutes plus tard. En effet, une femme a décidé de visiter l'exposition avec ses deux filles (toutes les deux munies de cahiers pour prendre des notes, je suppose) et lit CHAQUE panneau à haute voix et commente CHAQUE panneau à haute voix. Apparemment, les deux filles ne savent pas lire ou sont aveugles (je ne sais pas). Et je ne vous raconte pas les commentaires. It was really a sad period for our country. What do you think African Americans felt when this happened? Les filles étaient gênées et lui ont à peine répondu. Au lieu de supporter ça, nous sommes allées voir une exposition sur la communauté noire de Denver qui se trouvait à l'étage du dessous (l'exposition, pas la communauté). On entendait de temps en temps la voix de l'autre qui lisait ses panneaux. Nous remontons dix minutes plus tard. Ouf ! Elles sont au dernier panneau. Nous commençons donc à lire les panneaux. Ma sœur s'accroupit à un moment pour prendre une photo que je lui ai demandée. Tout à coup, j'aperçois l'autre furie qui se précipite sur le panneau que je suis en train de lire. Je me demande où est passée ma sœur qui était à côté de moi une seconde plus tôt. En fait, elle a juste eu le temps de sauter en arrière parce que la furie l'a pratiquement balancée pour prendre sa photo. Je l'entends ensuite dans mon dos dire (je suppose qu'elle parlait à ses filles qui étaient loin derrière, parce que moi, je ne la connais pas) : I am going to take a picture of this map because you said you couldn't draw it. Je ne sais pas quelle éducation elle pense donner à ses filles. Apparemment, c'était au-dessus de ses forces de dire pardon. Ou bien, elle n'avait plus de voix après avoir lu tous ces panneaux.
L'exposition ne m'a pas déçue. Certaines photos étaient un peu dures évidemment, mais dans l'ensemble, c'était intéressant. J'admire vraiment le courage de ces gens qui ont risqué leur vie pour cette cause.








