The Lances Were Looking Down: One Woman's Path through the Rwandan Genocide to Life in the States (Hadidja Nyiransekuye)
"In the morning I have to line up to take food to my jailed cousins, and in the afternoon I have to join the group of those digging into mass graves so I can identify my father’s remains." She was laughing about a situation and an identity crisis that had become the burden of more than half the population of Rwanda.
Ce livre est un peu particulier puisqu'il s'agit d'un témoignage et que j'ai rencontré l'auteure. Il est vrai que les deux occasions où j'ai vu Hadidja Nyiransekuye, elle était très pressée et a dû repartir très vite. Nous avons à peine eu le temps de discuter. En lisant son livre, je vois à quel point elle était occupée.
Le livre se compose de deux parties : la première se déroule au Rwanda et Hadidja raconte son enfance, sa scolarité, l'exercice de son métier de professeur, sa vie de famille. Elle raconte aussi les tensions entre les « communautés » Hutu et Tutsi, l'origine coloniale de ces tensions, les discriminations subies par les uns, alors que les autres sont au pouvoir. Elle nous raconte les 100 jours du génocide, comment elle a dû s'enfuir avec sa famille au Zaïre, le traitement réservé aux réfugiés, les représailles... Lorsqu'on lui en offre la possibilité, elle part pour Denver avec sa plus jeune fille afin de préparer un master of social work à l'université de Denver. Dans la seconde partie, elle nous décrit sa vie dans le Colorado, le choc culturel et des cultures, son expérience lors d'un stage dans un foyer pour femmes, sa décision de demander l'asile politique pour elle et ses enfants même si elle ne veut plus être réfugiée.
J'ai trouvé ce livre très utile pour comprendre les événements de 1994 au Rwanda. A l'époque, je vivais en Belgique où, bien entendu, on en parlait beaucoup. Mais au-delà de la barbarie (ou était-ce la sauvagerie ?) bien typique des noirs (dixit un collègue), pas facile de connaître les causes profondes, les raisons, d'avoir des explications (si tant est qu'il puisse y en avoir). Hadidja explique qu'elle a longtemps hésité avant d'écrire son histoire. On ne peut que la remercier d'avoir changé d'avis. Et même si j'ai trouvé certains passages un peu désordonnés (mais, je suis bien mal placée pour critiquer), j'ai aimé ce témoignage direct et authentique (comme toujours, mon commentaire reflète bien mal les qualités de ce livre). Et puis, ça fait toujours plaisir de voir quelqu'un réussir.

