Facing the Chair: Story of the Americanization of Two Foreignborn Workmen (John Dos Passos)
Je ne sais plus si j'ai pensé à la chanson de Joan Baez d'abord et trouvé le titre de ce livre, ou si j'ai vu quelque part ce titre qui m'a fait penser à la chanson. En tout cas, j'ai décidé de relire Dos Passos. Finalement, après ces articles sur In Cold Blog et Les piles intermédiaires, je devrais peut-être dire LIRE Dos Passos. J'avais découvert cet auteur grâce à mon livre d'anglais de terminale (on prend où on trouve, hein !) et n'avais « lu » (donc) que Manhattan Transfer (pour le titre évidemment), puis les deux premiers tomes de la trilogie U.S.A. : 42e parallèle (The 42nd Parallel) et L'An premier du siècle (Nineteen Nineteen). Je ne sais pas pourquoi je n'ai jamais lu le dernier The Big Money. Peut-être que le titre français, La grosse galette...
J'ai donc choisi de (re)découvrir John Dos Passos avec Facing the Chair. Un peu sèche et froide, la découverte. Il s'agit d'un plaidoyer pour que Sacco et Vanzetti aient droit à un nouveau procès. Dos Passos nous présente, pendant plusieurs chapitres, les faits, les affidavits et les déclarations des témoins. Membre du comité de défense des deux condamnés, il décortique la procédure, démontrant l'acharnement du Department of Justice à prouver la culpabilité (ou l'innocence à ce qu'ils disent) de Sacco et Vanzetti qui ont le tort d'être italiens et anarchistes. Les chapitres sur l'enfance et la jeunesse des deux accusés, sur leur arrivée aux Etats-Unis sont plus humains et plus émouvants. Dos Passos n'hésite pas à nous offrir également des passages plus humoristiques pour exposer ce travesti de justice, notamment avec des témoins à charge qui parviennent à identifier les accusés pendant le procès, alors qu'ils en étaient incapables un an auparavant au moment des faits. Malgré les témoignages contradictoires, les nombreuses rétractations, le manque total de preuves, les demandes de nouveau procès seront systématiquement rejetées. Sacco et Vanzetti seront électrocutés le 23 août 1927.
Deux extraits :
Circumstances sometimes force men into situations so dramatic, thrust their puny frames so far into the burning bright searchlights of history that they or their shadows on men's minds become enormous symbols. Sacco and Vanzetti are all the immigrants who have built this nation's industries with their sweat and their blood and have gotten for it nothing but the smallest wage it was possible to give them and a helot's position under the bootheels of the Arrow Collar social order. They are the wops, hunkies, bohunks, factory fodder that hunger drives into the American mills through the painful sieve of Ellis Island. They are the dreams of a saner social order of those who can't stand the law of dawg eat dawg. This tiny courtroom is a focus of the turmoil of an age of tradition, the center of eyes all over the world. Sacco and Vanzetti throw enormous shadows on the courthouse walls.
Since the conviction of Sacco and Vanzetti on July 14th 1921, that shocked a large part of humanity as has no legal decision since Dreyfus was sent to Devil's Island, the Defense Committee, backed up by contributions from all over the United States and from every part of the world where a labor movement exists has managed so far to stave off the sentence.
