CropCab

Comme je n'avais pas encore lu Jim Thompson et qu'il s'agissait du poche du mois du Picabo River Book Club, j'ai réservé ce titre à la bibliothèque. J'avais bien Pop. 1280 dans ma LAL, mais ce serait pour une autre fois. Dans l'édition que j'ai lue (une réédition de 1987, l'originale étant de 1952), l'auteur de l'avant-propos remarquait que Jim Thompson était très populaire en France, mais qu'il était un peu oublié dans son pays. C'est vrai qu'en France, on aime les romans noirs américains. Et Jim Thompson est apparemment un grand du genre : Nobody else ever wrote books like these (Barry Gifford).

Tommy et Donna sont amoureux. Ils se voient en cachette dès qu'ils le peuvent. Tommy est toujours lycéen à 19 ans et vit avec son père adoptif et Mary, une femme d'une trentaine d'années que son père a « adoptée » pour qu'elle s'occupe de lui. Ce père est métayer, possède un petit terrain et travaille la terre du père de Donna, l'homme le plus riche du coin. Tommy est blanc et Donna, indienne. Leur liaison serait certainement mal vue par le père de Tommy, un homme raciste, très croyant, vindicatif et qui n'est jamais responsable de rien. Il n'admet pas que le père de Donna soit riche et lui, non. Quand ce dernier refuse de laisser les prospecteurs pétroliers exploiter ses terres (et donc de retirer leur gagne-pain à ses métayers), c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Et Tommy se retrouve mêlé à tout ça.

Les avis négatifs sur goodreads disaient que c'était l'un des plus mauvais livres de Jim Thompson et qu'il ne rendait pas justice à cet écrivain. Je veux bien les croire. Même si j'ai trouvé le côté sordide plutôt réussi et inventif, le reste n'était pas à la hauteur. Tommy est un peu trop girouette, un peu trop borné, pas très fûté et son comportement n'est pas très crédible. Heureusement, le livre est court. C'est un peu dommage d'avoir gâché une bonne idée comme ça. Pas une déception totale, puisque j'ai quand même envie de tenter Pop. 1280.