Sous la grêle osée

19 juin 2017

Taduno's Song (Odafe Atogun)

taduno

J'ai trouvé ce livre à la bibliothèque. Je l'ai repéré à cause de sa couverture rouge. Le résumé annonce qu'il s'agit du premier roman de cet auteur nigérian et qu'il a été inspiré par Fela Kuti. Je ne connais ce chanteur que de nom et par les photos où son visage est couvert de peinture blanche. Et je pense que je n'ai entendu aucune de ses chansons. Mais j'étais intriguée et j'ai emprunté le livre.

Taduno est en exil depuis trois mois dans une belle ville d'un pays dont il ne connaît pas la langue. Il a choisi une magnifique maison parmi tant d'autres magnifiques maisons inoccupées (et dont la clé est sur la porte) et s'y est installé. Il est arrivé avec un sac car il compte retourner un jour dans son pays pour le libérer du dictateur qui détient le pouvoir. Un matin, il reçoit une lettre de sa petite amie, Lela. L'enveloppe ne porte que son prénom : TADUNO. Lela lui annonce que sa vie n'est que torture depuis le départ de Taduno, que des choses étranges se produisent au Nigéria, et particulièrement à Lagos. Elle l'encourage à construire sa vie ailleurs car plus rien ne sera comme avant. Taduno décide de rentrer.

À cause de sa musique, Taduno fait peur au dictateur qui souhaite le faire taire ou lui faire chanter ses louanges. Le dictateur craint que la musique de Taduno redonne espoir au peuple et l'encourage à se révolter. Le peuple est fasciné par la musique de Taduno et est prêt à le suivre n'importe où. Le pouvoir de la musique contre la dictature.

J'ai trouvé cette histoire simple mais très forte. J'ai été touchée par la persévérance de Taduno (et de Lela) et dégoûtée par le pouvoir. Certains passages sont vraiment éprouvants et on ne peut qu'admirer le courage de Taduno et de ceux qui luttent contre la dictature. Leur combat semble (est) perdu d'avance, mais ils persistent. J'aime comment l'auteur décrit l'évolution de Taduno qui dépend du peuple autant que celui-ci dépend de lui. L'ensemble est poignant.

À lire.

The day a stained brown envelope is delivered from Taduno’s homeland, he knows that the time has come to return from exile. Arriving full of hope, the musician discovers that his people no longer recognize him, and no one recalls his voice. His girlfriend, Lela, has disappeared, abducted by government agents. Taduno wanders through his house in search of clues, but all traces of his old life have been erased. As he becomes aware that all that is left of himself is an emptiness, Taduno finds new purpose: to unravel the mystery of his lost life and to find his lost love. But soon he must face a difficult decision: to fight the power or save his woman, to sing for love or for his people.

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18 juin 2017

Ça a été très long mais on y est arrivé

Samedi 17, 8h piles, nous arrivons devant l'école internationale pour voter en ce deuxième tour d'élections législatives. Il y a un couple devant nous lorsque nous prenons le "chemin" pour nous rendre au bureau de vote. Quand nous arrivons, les délégués sont debout et pas aux deux tables de vote. Un homme nous annonce qu'il y a un souci technique (j'ai presque fait demi-tour) et qu'il faut attendre un peu. Une femme le rejoint et nous dit qu'il y a un souci avec les enveloppes (retenez-moi !). Quelqu'un a fait le ménage (l'école ferme pour l'été) et a jeté les enveloppes du premier tour et il n'y a donc plus d'enveloppes officielles. Le représentant du consulat va aller acheter des enveloppes au supermarché. Un des bénévoles l'accompagne (aucun des deux ne connaît le quartier. Heureusement, la garde leur indique le supermarché le plus proche.). Ils partent. Nous commençons à discuter avec les bénévoles présents. La femme est traductrice (dans le cinéma) et nous raconte son parcours. L'homme est réalisateur. Quand nous lui disons que nous ne sommes plus fans de cinéma, il nous demande pourquoi. Les acteurs sont trop payés. Il nous répond qu'il est d'accord, mais qu'il n'y a pas qu'Hollywood. Et nous parle des cinémas d'art et d'essai de Denver. Nous les connaissons tous sauf un (nous étions très cinémas d'art et d'essai à notre arrivée à Denver, comme nous l'étions d'ailleurs à Cambrai et à Paris). D'autres personnes arrivent ; parmi elles, j'aperçois un visage familier. Je demande confirmation à ma sœur. Je n'ai jamais rencontré cette personne, mais je sais qu'elle est traductrice et il me semble avoir vu sa photo sur Internet (mais je ne sais plus dans le cadre de quoi). Evidemment, je n'ose pas lui demander. La bénévole qui était repartie à la recherche des enveloppes au sous-sol revient et se met à discuter avec la traductrice. La bénévole se tourne vers nous pour nous dire qu'elles ont fait LEA toutes les deux à Bordeaux et nous donne son prénom. Là, je demande si elle est de Boulder. Oui. Votre nom de famille, c'est bien xxx ? Oui, mais comment le savez-vous ? Je lui demande si elle connaît yyy ? Oui. La femme qui l'accompagnait me dit : Moi aussi. Tout le monde connaît yyy. Moi : Je travaillais à Denver avec yyy et avec zzz, que vous devez connaître aussi. Oui. Evidemment, elles sont surprises de ne pas nous connaître ma sœur et moi, mais il faut dire que nous évitons les conférences de traducteurs et ne sommes pas très actives dans la communauté. C'est certainement un tort, mais que voulez-vous ?

Et nos enveloppes, me direz-vous ? Le représentant du consulat a pris une photo du paquet qu'il a acheté et l'a envoyée au consulat pour demander l'approbation. Le consulat a dit que c'était d'accord mais qu'il fallait demander l'approbation du Conseil d'État. Heureusement, il n'était pas encore 17h en France. Ma sœur et moi avions décidé de repartir à 9 h 30 si la situation n'évoluait pas. Finalement, l'approbation a été donnée vers 9h20. J'ai été la première à voter, ma sœur la deuxième. C'était bien la peine d'arriver aussi tôt. Enfin, nous aurons au moins rencontré des collègues.

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16 juin 2017

You're Welcome (Dwayne Johnson)

Il y a longtemps que je n'avais pas vu de dessin animé Disney. J'ai trouvé Moana pas mal et j'ai adoré cette chanson interprétée par Dwayne Johnson.

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12 juin 2017

The Supremes Sing the Happy Heartache Blues (Edward Kelsey Moore)

blues

Nous retrouvons Plainview, Indiana avec Odette, Clarice et Barbara Jean, et leurs maris. Odette veut réconcilier James, son mari, avec son père, un musicien de blues qui a connu la mère de Barbara Jean quand ils étaient enfants, et Clarice, concertiste renommée, est en proie au doute quant à son talent. Le roman traite des enfances heureuses et malheureuses, pleines de joies ou de critiques, d'amour ou de négligence, et de leurs conséquences par la suite. Il traite aussi du pardon que l'on parvient à accorder ou non aux parents à l'âge adulte.

Le père de James revient à Plainview (où il a juré de ne jamais remettre les pieds) pour jouer la chanson préférée d'un vieil ami qui épouse la mère de Clarice. A la suite d'un malaise, il est transporté à l'hôpital où il se lie d'amitié avec Barbara Jean et retrouve, contre son gré, son fils. A cette histoire s'ajoute celle de Terry, un jeune ami d'Odette, qui a dû quitter la ville après que son père l'a renié. C'est cette partie que j'ai préférée dans le livre.

J'ai trouvé cette deuxième partie meilleure que la précédente. Peut-être parce qu'elle est plus "légère" même si les sujets graves ne sont pas écartés. Nous avons toujours droit aux dialogues d'Odette avec les morts, mais cela m'a moins gênée cette fois-ci. Les esprits sont moins envahissants et, comme dans le premier livre, contribuent à la progression de l'intrigue. Nous retrouvons l'humour d'EKM. Certaines scènes font bien tarte à la crème et ne sont pas très subtiles, mais c'est très drôle quand même. Et puis, c'est évidemment une histoire d'amitié et de famille. Une belle évocation du blues aussi. Une histoire efficace, bien racontée, pleine de rebondissements.

Une lecture très agréable et très touchante. Si vous avez aimé le premier (ou même si vous ne l'avez pas lu), vous adorerez celui-ci.

When a late life love affair blooms between Mr. Forrest Payne, the owner of the Pink Slipper Gentleman's Club, and Miss Beatrice Jordan, famous for yelling warnings of eternal damnation at the Club's departing patrons, their wedding summons a legend to town. Mr El Walker, the great guitar bluesman, comes home to give a command performance in Plainview, Indiana, a place he'd sworn never to set foot in again.

Among those in this tightly knit community who show up every Sunday after church for lunch at Earl's All-You-Can-Eat are the lifelong friends known locally as The Supremes: Clarice, facing down her chance at and fear of a great career; Barbara Jean, grappling with the loss of a mother whose life humiliated both of them, and Odette, reaching toward her husband through an anger of his that she does not understand.

Merci à Edward Kelsey Moore, à Henry Holt & Company et à NetGalley pour cet exemplaire en avant-première.

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09 juin 2017

Popurri Jarocho 1 (Mariachi Los Camperos)

Oui, mariachi, ça fait penser à Zorro, à une scène d'un "film de vacances" qui se déroule au Mexique... Un truc ringard quoi. En tout cas, c'est ce qu'évoquait cette musique pour moi. Et puis, j'ai écouté ce groupe sur YouTube : une vidéo (retirée depuis) d'un festival Mariachi chez Disney et j'ai adoré. Bon, je pourrais me passer des cris, mais la musique et la voix des chanteurs m'ont plu.

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02 juin 2017

Concours Reine Elisabeth 2017

Pour l'édition 2017, c'est le violoncelle qui est à l'honneur (et pour la première fois). Évidemment, le concours a lieu alors que je travaille sur un projet à distance qui bloque mon accès Internet. Les vidéos sont disponibles en ligne (quand on utilise un navigateur compatible). Je souhaitais poster aujourd'hui la Suite nº 5 en ut mineur de mon cher Johann Sebastian, par Sihao He. Je ne peux poster que le lien.

http://cmireb.be/cgi?lg=fr&pag=2427&tab=146&rec=33049&frm=0&par=secorig1698&par2=atvorig3780

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Sur les douze finalistes, quatre sont français. Les résultats seront proclamés demain.

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29 mai 2017

The Sellout (Paul Beatty)

sellout

Je pensais que ce n'était pas une bonne idée de lire The Sellout pratiquement à la suite de The White Boy Shuffle. Difficile de ne pas penser à la peine que j'ai eue à lire ce dernier. Heureusement, le début de The Sellout me paraissait meilleur. Hélas ! Vingt ans après, Paul Beatty rajeunit à peine son humour grinçant et j'ai souffert. Allez, j'ai aimé la fin du dernier chapitre quand même. J'ai ri parfois. Et souvent, je n'avais pas envie de reprendre ma lecture.

Points positifs : J'ai beaucoup aimé la partie (tout n'est pas négatif) sur Our Gang et ses épisodes perdus (parce qu'il n'y a pas vraiment d'intrigue dans ce roman). J'ai évidemment pensé à Buckwheat (et ses cheveux qui se dressaient sur sa tête, et au personnage d'Eddie Murphy) et à Farina (que Frédéric Mitterrand avait évoqué dans une de ses émissions). Et j'ai également apprécié la richesse du vocabulaire. J'ai eu la bonne idée de le lire sur Kindle ; j'ai pu enregistrer des mots dans Vocabulary Builder (et consulter le dictionnaire). Comme je l'ai dit, j'ai ri parfois. Et j'ai grincé des dents parfois. Vous savez ? À propos du mythe de l'Amérique post-raciale. Comme me l'a dit une copine française blanche : Tu ne trouves pas que ce sont les Noirs et les Mexicains qui sont les plus racistes ?

Points négatifs : Trop d'histoires gigognes. Plusieurs fois, j'avais oublié de quoi il parlait auparavant et n'arrivais plus à suivre. L'accumulation des gags et leur longueur. L'abondance de références "culturelles". Même si je les ai tous compris, j'ai trouvé ça lassant. (Qu'est-ce que j'ai à parler de culture ? Paul Beatty est noir et américain. Pourquoi ses "références" seraient-elles spécifiques ?) Les passages un peu trop poétiques : je n'aime pas la poésie, alors j'ai trouvé ça pénible.

Je l'ai lu. Je l'ai terminé. Mais j'ai trop souffert. Ce qui m'inquiète, c'est que j'ai vu que certains le comparent à Mumbo Jumbo d'Ishmael Reed. Ce livre est dans ma LAL depuis quelque temps et j'ai un peu peur maintenant.

En tout cas, tu nous a bien eus Paul : Unmitigated Blackness is essays passing for fiction.

Une interview très intéressante de Paul Beatty. J'aime beaucoup ses propos, même si je n'apprécie pas particulièrement ses livres.

https://www.theparisreview.org/blog/2015/05/07/our-thing-an-interview-with-paul-beatty/

LC avec A Girl et Ingannmic

Extrait

Après l'élection du black dude :

He said that he felt like the country, the United States of America, had finally paid off its debts. “And what about the Native Americans? What about the Chinese, the Japanese, the Mexicans, the poor, the forests, the water, the air, the fucking California condor? When do they collect?” I asked him. He just shook his head at me. Said something to the effect that my father would be ashamed of me and that I’d never understand. And he’s right. I never will.

A biting satire about a young man's isolated upbringing and the race trial that sends him to the Supreme Court, Paul Beatty's The Sellout showcases a comic genius at the top of his game. It challenges the sacred tenets of the United States Constitution, urban life, the civil rights movement, the father-son relationship, and the holy grail of racial equality―the black Chinese restaurant.

Born in the "agrarian ghetto" of Dickens―on the southern outskirts of Los Angeles―the narrator of The Sellout resigns himself to the fate of lower-middle-class Californians: "I'd die in the same bedroom I'd grown up in, looking up at the cracks in the stucco ceiling that've been there since '68 quake." Raised by a single father, a controversial sociologist, he spent his childhood as the subject in racially charged psychological studies. He is led to believe that his father's pioneering work will result in a memoir that will solve his family's financial woes. But when his father is killed in a police shoot-out, he realizes there never was a memoir. All that's left is the bill for a drive-thru funeral.

Fueled by this deceit and the general disrepair of his hometown, the narrator sets out to right another wrong: Dickens has literally been removed from the map to save California from further embarrassment. Enlisting the help of the town's most famous resident―the last surviving Little Rascal, Hominy Jenkins―he initiates the most outrageous action conceivable: reinstating slavery and segregating the local high school, which lands him in the Supreme Court.

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27 mai 2017

Je reviens vers vous sur un mode review

Je profite de cet article de Marianne qui reprend les tics de langage (l'auteure a oublié thématique et problématique qui donnent aussi de l'urticaire) pour parler de cette business review que j'ai dû subir récemment. En général, je refuse de faire de la révision, mais cette fois, insouciante comme je le suis parfois, j'ai dit oui. Voilà, j'ai eu honte de refuser pour la dixième fois du travail de ce client. C'était une mise à jour et le nombre de mots était faible. Évidemment, je n'avais pas été prévenue de cette fichue business review, c'est-à-dire de cette relecture effectuée par un spécialiste du domaine. Et fait aberrant, c'est au réviseur que l'on envoie le résultat de cette business review et non au traducteur (qui gagne plus et qui profiterait davantage d'une révision et d'une relecture. Mais qui suis-je pour...). Je reçois donc les résultats de cette business review. Je ne dis rien (parce que finalement, j'avais peut-être été prévenue mais je ne m'en souvenais pas) et accepte donc de vérifier les corrections, de les accepter ou de les refuser, et de les entrer le cas échéant. Déjà, les erreurs sont toutes de type Style/Fluency/Readability/Preferential, ce qui signifie en gros qu'il n'y a pas de contre-sens. Ma première réaction est de tout accepter ; quand il s'agit de préférences personnelles, ça ne sert à rien de discuter. Mais finalement, il y a certaines choses que je ne peux pas laisser passer. La correction d'un terme trouvé dans le glossaire du projet. Le correcteur répond que c'est son terme qui convient. Soit. C'est toi le spécialiste. La correction qui omet la répétition de la préposition de. Le spécialiste est d'accord. La correction qui inclut les mots souci et gérer. Je passe sur le premier, mais conteste le deuxième, lui préférant assurer. Le relecteur remplace par piloter. OK, ça fait plus technique, même si ça ne veut rien dire dans le contexte. Je laisse tomber. La correction qui affaiblit le sens de l'anglais. Là, je conteste. Tu es peut-être spécialiste, mais je connais bien le domaine. Et je sais que j'ai raison dans ce contexte. Il accepte. La correction suivante, même cas de figure. Mais là, le spécialiste maintient qu'il a raison. Je laisse tomber. La correction suivante : le relecteur ajoute locales au terme devises. Euh... Je suis obligée de lui rappeler les sens de monnaie et de devise. Il laisse tomber. La correction où il corrige sa traduction précédente (oui, j'avais oublié de préciser qu'il avait déjà travaillé sur la version précédente) et remplace un terme français par un terme anglais. La terminologie a pu évoluer entretemps. Qui suis-je pour... Mais là où j'ai vraiment souffert c'est quand il a remplacé mes expressions bien françaises par des anglicismes : responsable de par en charge de, et intervenir par prendre des actions. Hein ! Quand je conteste, il répond de garder l'anglicisme. Et c'est à moi d'entrer ce genre de...

anglicisme

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26 mai 2017

Advice For The Young At Heart (Tears For Fears)

J'ai cette chanson en tête depuis hier. La meilleure chanson de l'album The Seeds of Love. Il faut dire que je n'ai pas vraiment laissé leur chance aux autres.

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25 mai 2017

La sonate à Bridgetower (Emmanuel Dongala)

sonate

S'il a fallu attendre Emmanuel Dongala pour redécouvrir George Bridgetower, il semble que ce dernier avait déjà inspiré les artistes anglophones, d'après la section Cultural Legacy de sa page sur Wikipedia. Un livre et un opéra jazz lui sont notamment consacrés.

George Bridgetower, métis de 9 ans est un prodige du violon qu'il a étudié avec Haydn. Son père décide, à l'instar de Leopold Mozart, de l'exhiber dans des concerts à travers l'Europe. Le roman commence à Paris, à la veille de la Révolution Française, alors que George s'apprête à donner sa première représentation au Concert Spirituel. Nous le suivons ensuite à Londres où il fuit avec son père car ils craignent des représailles pour leur association avec la noblesse française. Et le roman se termine en Autriche (et particulièrement à Vienne) où George retourne pour revoir sa famille et où il rencontre Beethoven qui lui dédiera cette fameuse sonate.

Entre-temps George rencontre de nombreuses personnalités et célébrités (un peu trop peut-être) et ceci nous permet de connaître leur point de vue sur l'esclavage (et sur les Noirs), qui est l'un des thèmes importants du roman. Le père de George s'engage d'ailleurs dans la lutte pour l'abolition. Parmi les Noirs célèbres de l'époque, on croise le chevalier de Saint-George et Thomas Alexandre Dumas. On apprend que le mariage entre Blancs et Noirs était interdit, que les Noirs devaient porter une cartouche (les identifiant et indiquant le nom de leur maître s'ils n'étaient pas libres) et qu'ils pouvaient être contrôlés par la police des Noirs. La France des Lumières n'éclairait pas tout le monde.

Le roman est bien documenté (y figurent même des coupures de journaux d'époque et la dédicace de Beethoven) et très riche (malgré une apparente simplicité). J'ai été particulièrement impressionnée par les passages consacrés purement à la musique (je pensais qu'Emmanuel Dongala était lui-même musicien). Même si, pour moi, la musique s'est arrêtée au baroque, j'ai trouvé cette partie remarquable. Le reste du roman l'est également. Mention spéciale à l'évocation de Beethoven qui est courte, mais superbe. Je n'ai pas trouvé de temps mort et si je ne l'ai pas lu d'une traite, c'est parce qu'il fallait que je travaille aussi.

La fin du roman est vraiment poignante et montre le peu d'estime qu'avaient certains Européens à l'époque pour les Noirs. Mais je vous laisse découvrir ce à quoi je fais allusion.

À lire absolument.

http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/la-sonate-bridgetower

N’en déplaise à l’ingrate postérité, la célèbre Sonate à Kreutzer n’a pas été composée pour le violoniste Rodolphe Kreutzer, qui d’ailleurs ne l’a jamais interprétée, mais pour un jeune musicien tombé dans l’oubli. Comment celui-ci est devenu l’ami auquel Beethoven a dédié l’un de ses morceaux les plus virtuoses, voilà l’histoire qui est ici racontée.
Au début de l’année 1789 débarquent à Paris le violoniste prodige George Bridgetower, neuf ans, et son père, un Noir de la Barbade qui se fait passer pour un prince d’Abyssinie. Arrivant d’Autriche, où George a suivi l’enseignement de Haydn, ils sont venus chercher l’or et la gloire que devrait leur assurer le talent du garçon…
De Paris à Londres, puis Vienne, ce récit d’apprentissage aussi vivant qu’érudit confronte aux bouleversements politiques et sociaux – notamment la mise en cause de l’esclavage aux colonies et l’évolution de la condition des Noirs en Europe – les transformations majeures que vit le monde des idées, de la musique et des sciences, pour éclairer les paradoxes et les accomplissements du Siècle des lumières.

http://www.bl.uk/onlinegallery/features/blackeuro/bridgetowerbackground.html

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