Sous la grêle osée

22 novembre 2017

Going to School in Black and White: A dual memoir of desegragation (Cindy Waszak Geary and LaHoma Smith Romocki)

school

 

1970. La ville de Durham, en Caroline du Nord, se décide enfin à mettre en application la déségrégation dans les écoles.

De nos jours. Deux femmes, une Noire et une Blanche, se rendent compte qu'elles sont allées (à deux ou trois années d'intervalle) dans le même lycée de Durham dans le cadre de la déségrégation et décident de comparer leurs expériences de cette période. Elles racontent également leur vie en dehors de l'école (dans leur quartier et leur église) et l'après-lycée quand elles vont à l'université. Nous avons donc ici une description de la vie des adolescents et jeunes adultes d'une ville du Sud au début des années 70. Elles évoquent ensuite les choix qu'elles ont faits concernant la scolarité de leurs enfants.

Cindy a 15 ans et LaHoma 13 quand elles sont affectées dans des écoles qu'elles ne comptaient pas fréquenter. Cindy, qui pensait aller à Durham High (un lycée majoritairement blanc), se retrouve à Hillside High (un lycée noir) et parmi la minorité. LaHoma qui comptait poursuivre sa "carrière scolaire" avec les mêmes camarades, se retrouve à Whitted Junior High, un collège noir qui va être "intégré" cette année-là, collège qu'elle trouve inférieur à (et plus vieux que) celui qu'elle fréquentait jusque là.

La déségrégation avait pour but de permettre aux enfants noirs de fréquenter de meilleures écoles, leur offrir plus d'opportunités et leur assurer réussite sociale et économique. Pour les enfants blancs, il s'agissait de promouvoir le "vivre-ensemble" et leur permettre de mieux comprendre les Noirs qu'ils n'avaient pas l'occasion de côtoyer.

C'est à l'occasion d'un éditorial du News & Observer of Raleigh décrivant la situation catastrophique des écoles publiques de la ville que les deux femmes s'interrogent sur l'échec de l'expérience de la déségrégation. La ségrégation par race, et maintenant, par classe sévit toujours dans les écoles publiques (il s'agit plutôt de reségrégation). Les parents blancs envoient leurs enfants dans des écoles sous contrat ou privées. Et il ne reste dans les écoles publiques que les enfants pauvres issus des minorités. Cet état de fait se retrouve dans tout le pays. Et on arrive parfois à des cas d'hyperségrégation où les élèves d'une même école sont à plus de 90 % issus d'une minorité.

Dans ce livre, Cindy et LaHoma font le bilan de ce que leur a apporté cette expérience de déségrégation. Si elles ont pu aller en classe avec des gens qu'elles n'auraient jamais croisés "en temps normal", ces fréquentations ne se poursuivaient pas au dehors. Cindy pense que cela lui a apporté une ouverture d'esprit. LaHoma qui elle avait déjà été "exposée" aux Blancs, semble avoir mené la scolarité qu'elle aurait eue de toute façon. Enfin, c'est l'impression que j'ai eue. Après le lycée, Cindy est allée dans une université majoritairement blanche. En revanche, LaHoma, qui souhaitait intégrer Spelman College, une université traditionnellement noire pour femmes à Atlanta, cède à la pression de son entourage (parents, proches, voisins, professeurs, membres de son église) et va à Duke, qui est considérée comme la meilleure université du Sud. Elle raconte cette expérience éprouvante dans un milieu parfois hostile où elle peut heureusement compter sur le soutien des autres étudiants noirs et sur les employés de service.

J'ai trouvé ces deux récits très intéressants. Le sujet de l'éducation et de la vie des écoles m'a toujours passionnée et j'ai été également attirée par ce livre parce qu'il se passait en Caroline du Nord. Il nous offre un excellent témoignage de cette époque, une perspective plutôt originale et plus personnelle de la déségrégation, sans être révolutionnaire.

Je recommande.

https://www.goingtoschoolinblackandwhite.com/

The school careers of two teenage girls who lived across town from each other ––one black, one white–– were altered by a court-ordered desegregation plan for Durham, NC in 1970. LaHoma and Cindy both found themselves at the same high school from different sides of a court-ordered racial “balancing act.” This plan thrust each of them involuntarily out of their comfort zones and into new racial landscapes. Their experiences, recounted in alternating first person narratives, are the embodiment of desegregation policies, situated in a particular time and place. Cindy and LaHoma’s intertwining coming of age stories are part of a bigger story about America, education and race--and about how the personal relates to the political.

This dual memoir covers the two women’s life trajectories from early school days to future careers working in global public health, challenging gender biases, racial inequities, and health disparities. LaHoma and Cindy tell their stories aware of the country's return to de facto school segregation, achieved through the long-term dismantling of policies that initially informed their school assignments. As adults, they consider the influence of school desegregation on their current lives and the value of bringing all of us into conversation about what is lost or gained when children go to school in black and white.

Merci à Cindy Waszak Geary et LaHoma Smith Romocki, à Torchflame Books et à NetGalley pour cet exemplaire en avant-première.

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14 novembre 2017

La France favorite !

GER-FRA

Ce n'est pas moi qui le dis, mais le journaliste d'ESPN. La France et l'Allemagne, joint favourites (il a un accent britannique) pour la Coupe du Monde l'an prochain. Moi, je pense que nous allons ajouter une étoile à notre maillot.

 

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10 novembre 2017

Old Church Choir (Zach Williams)

Et même là... J'ai choisi le clip avec les paroles.

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06 novembre 2017

Agatha Raisin and the Wizard of Evesham (M. C. Beaton)

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Le magicien, le sorcier ou le génie (selon le sens que l'on veut donner au mot wizard) dont il est question dans le titre est en fait un coiffeur talentueux et charmeur. Il vient de s'installer dans une ville voisine et toutes les femmes ne jurent que par lui et lui racontent tous leurs secrets. Notre Agatha, pourtant si expérimentée et sceptique professionnelle, se laisse prendre évidemment et tombe à son tour sous le charme de Mr John notre coiffeur. Celui-ci propose qu'ils s'associent pour conquérir Londres et Agatha lui offre de financer son projet de salon. Mais Mr John meurt peu après. Et Agatha, qui s'ennuie (James a à nouveau disparu), décide de mener l'enquête.

On se doute sans peine du motif du décès de Mr John (quoique...) et l'histoire ressemble beaucoup à celle du vétérinaire. D'ailleurs au cours de l'enquête, j'ai eu l'impression de relire cinquante fois la même chose ; les femmes qui ont eu une interaction avec le coiffeur racontent exactement la même histoire et si ce n'est pas lassant, ça n'en est pas loin. Je me suis dit que c'était le dernier Agatha Raisin que je lisais. Et puis, la dernière page (et pratiquement la dernière phrase) m'a convaincue d'en lire au moins un autre.

After a home dye job ruins her hair, Agatha Raisin, the prickly yet lovable amateur sleuth, turns to the wonderful new hairdresser in the neighboring town for help. And as Agatha soon learns, Mr. John is as skilled at repairing her coiffure as he is at romancing her heart. But the charming Mr. John isn't all he appears to be. According to gossip around the salon and the village, some of his former clients seem to be afraid of him. Could Mr. John really be a ruthless blackmailer? When a murderer strikes at the busy salon, Agatha must discover the truth and the killer's identity before it's too late.

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05 novembre 2017

Five-Carat Soul (James McBride)

5carat

C'est un recueil de nouvelles que nous propose cette fois-ci James McBride. Des nouvelles ou des mini-romans : deux histoires sur les sept ont des chapitres. Elles traitent de sujets divers et variés. Il y en a d'excellentes, et d'autres qui ne m'ont pas plu. En fait une, la dernière, Mr. P & the Wind, qui compte cinq chapitres. Elle parle d'animaux dans un zoo et dans sa note de fin de livre, James McBride nous dit qu'il l'a écrite pour ses neveux qui avaient été horrifiés lors d'une visite au zoo. Malgré quelques éléments intéressants et quelques idées originales, j'ai trouvé que cette histoire se traînait et je n'ai pas du tout accroché. Celle qui m'a beaucoup plu en revanche, c'est celle qui donne son titre au recueil The Five-Carat Soul Bottom Bone Band, composée elle de quatre chapitres. Elle se déroule dans le quartier The Bottom d'Uniontown en Pennsylvanie (dans la banlieue de Pittsburgh) pendant la guerre du Vietnam. Le narrateur, un garçon noir, fait partie du groupe The Five-Carat Soul et nous raconte la vie de sa famille, du quartier et de ses habitants, et les frasques de ses camarades. Malgré l'époque à laquelle l'action se situe, James McBride évoque des thèmes qui sont toujours d'actualité. Dans les autres nouvelles, il parle de jouets anciens, de la Guerre de Sécession, du jugement (en hommage à Mohamed Ali), de la 92e division d'infanterie pendant la Seconde Guerre Mondiale, d'Abraham Lincoln. Des sujets divers et variés.

J'hésite toujours un peu avec James McBride parce que je n'aime pas le sens que prennent parfois, que semblent prendre en fait, ses histoires. Et puis, il me prend complètement à contre-pied et je ne peux qu'admirer le résultat (sauf pour l'histoire du zoo). Il aime ajouter des phrases qui semblent anodines, mais laissent présager de la suite des événements, et tu penses avoir tout compris. Et tu te rends compte que tu n'avais pas tort, soit, mais c'est beaucoup plus que ça. Boum ! En plus, j'aime beaucoup son humour acerbe et sa tendresse (tout de même) pour ses personnages.

À lire.

The stories in Five-Carat Soul—none of them ever published before—spring from the place where identity, humanity, and history converge. They’re funny and poignant, insightful and unpredictable, imaginative and authentic—all told with McBride’s unrivaled storytelling skill and meticulous eye for character and detail. McBride explores the ways we learn from the world and the people around us. An antiques dealer discovers that a legendary toy commissioned by Civil War General Robert E. Lee now sits in the home of a black minister in Queens. Five strangers find themselves thrown together and face unexpected judgment. An American president draws inspiration from a conversation he overhears in a stable. And members of The Five-Carat Soul Bottom Bone Band recount stories from their own messy and hilarious lives.

http://www.jamesmcbride.com/index.php

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04 novembre 2017

The Western Star (Craig Johnson)

WestStar

Un roman sur deux époques. Et plus ou moins la même enquête.

Années 70. Walt vient de rentrer du Vietnam. Après quelque temps en Alaska, il rentre dans le Wyoming, épouse Martha et devient le shérif adjoint de Lucian. Après le Vietnam, Henry Standing Bear a suivi une fille en France et vient de rentrer aux Etats-Unis. Rien ne va déjà plus dans le couple de Walt qui doit assister avec Lucian au rassemblement des shérifs des différents comtés du Wyoming dans un train, le Western Star, pour un aller-retour Cheyenne-Evanston d'un bout à l'autre de l'État.

De nos jours. Walt se rend à Cheyenne avec Henry, Vic et Lucian pour rendre visite à Cady et à Lola, mais aussi pour empêcher la libération d'un dangereux criminel. Il doit affronter des adversaires haut placés et puissants aux motivations pas très nettes.

D'abord, oui, il y a de la neige. Apparemment, un Longmire sans neige, c'est rare. Même si c'est une vieille neige des années 70, ça compte quand même. Ensuite, j'ai trouvé ce 13e Longmire formidable. On parle beaucoup de Martha, personne que je n'ai pas aimée. Je comprends que Martha estime que son mari peut faire mieux que shérif adjoint, mais ses arguments sont tellement inexistants qu'elle a l'air d'une enfant gâtée et c'est tout. Comme toujours, les personnages féminins laissent à désirer. À part peut-être la tueuse en série que Walt rencontre. Lucian m'agace un peu aussi. Et Henry reste Henry. Et il y a cette déclaration très bizarre qu'il fait à Walt. Je me suis demandé si Craig Johnson comptait arrêter la série après le 14e ou le 15e livre de la série. On verra.

Et il est possible que je me fasse des idées et que je cherche des allusions là où il n'y en a pas, mais j'ai trouvé un fond très politique à ce roman. Est-ce dû à l'élection de l'autre ? C'est peut-être moi qui ressens la division du pays partout.

Sheriff Walt Longmire is enjoying a celebratory beer after a weapons certification at the Wyoming Law Enforcement Academy when a younger sheriff confronts him with a photograph of twenty-five armed men standing in front of a Challenger steam locomotive. It takes him back to when, fresh from the battlefields of Vietnam, then-deputy Walt accompanied his mentor Lucian to the annual Wyoming Sheriff's Association junket held on the excursion train known as the Western Star, which ran the length of Wyoming from Cheyenne to Evanston and back. Armed with his trusty Colt .45 and a paperback of Agatha Christie's Murder on the Orient Express, the young Walt was ill-prepared for the machinations of twenty-four veteran sheriffs, let alone the cavalcade of curious characters that accompanied them. 
 
The photograph—along with an upcoming parole hearing for one of the most dangerous men Walt has encountered in a lifetime of law enforcement—hurtles the sheriff into a head-on collision of past and present, placing him and everyone he cares about squarely on the tracks of runaway revenge.

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03 novembre 2017

Oh Diane (Fleetwood Mac)

Hier, ma sœur me dit : Tu te souviens de la chanson qui faisait Love is like a grain of sand, Slowly slipping through your hand ? Oui, je me souviens. C'était quoi déjà ? Et qui chantait ? Impossible de s'en souvenir. Recherche sur Google. Fleetwood Mac ! Des copines nous avaient enregistré une cassette et avaient mis cette chanson. Et puis, je me suis souvenu qu'à l'époque, nos copines et nous n'indiquions que les titres. Pas les chanteurs des chansons, pas les auteurs des livres... L'arrogance de la jeunesse !

J'ai choisi la version live à Top of the Pops. Pour le ravissant Lindsey Buckingham (qui a écrit la chanson) et (j'avoue) pour le public qui danse.

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30 octobre 2017

Frappe-toi le cœur (Amélie Nothomb)

frappe

Comme me le dit ma sœur : On se demande toujours où Amélie Nothomb veut en venir. Ici, au début, j'ai vu Blanche-Neige. Et bien, pas tout à fait. Peut-être était-ce à cause du Riquet à la houppe précédent. Je me suis dit qu'elle poursuivait les contes. Et bien, je n'ai pas lu beaucoup de contes comme celui-ci. En revanche, je connais quelques personnes qui ressemblent au personnage principal : Diane. Diane, qui est rejetée par sa mère parce qu'elle est plus belle qu'elle, qui se cherche une mère de remplacement dans la personne de sa professeure d'université et qui se sacrifie pour rendre la vie plus facile à tout le monde. (C'est là que je me suis demandé si Amélie Nothomb avait des enfants.) Sa mère la rejette. Elle ne compte pas ? Pour justifier son existence, elle doit (s'effacer et dans l'ombre) aider les autres à briller, ou en tout cas, se dévouer pour eux, et se satisfaire de leur réussite. Il lui faut le temps mais Diane s'affirme et vit sa vie comme elle l'entend. Cette histoire tourne autour des femmes : la mère de Diane, Diane, la petite sœur de Diane, la grand-mère de Diane, la meilleure amie de Diane, la professeure de Diane, la fille de la professeurs de Diane. Où sont les hommes ? Ben, les hommes, ils ne voient jamais rien ou ne disent jamais rien. J'exagère à peine.

On ne dirait peut-être pas comme ça, mais j'ai aimé ce livre. J'ai ri, j'ai été agacée, dégoûtée, émue... Pas génial, mais pas loin. Et que dire de cette couverture. Amélie et son rouge à lèvres. Je recommande évidemment.

Pas de résumé de l'éditeur, juste cette citation d'Alfred de Musset : « Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. »

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27 octobre 2017

This Train (Sister Rosetta Tharpe)

Chanson inspirée par la lecture du dernier Longmire : The Western Star. Et la voix superbe de Sister Rosetta Tharpe. (https://en.wikipedia.org/wiki/This_Train)

Version plus blues

Version plus rock

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21 octobre 2017

Nos richesses (Kaouther Adimi)

richesse

Je ne sais plus où j'ai vu ce titre, mais ça parlait de maison d'édition, de livres (de Camus) et d'Alger. Ça m'a attirée tout de suite. Et je n'ai pas eu tort car j'ai adoré ce livre.

Alger 2017 : Ryad est étudiant à Paris et n'a pas trouvé de stage pour valider son année d'école d'ingénieurs. L'ami d'un ami de son père lui propose d'aller à Alger vider l'ancienne librairie (devenue annexe de la bibliothèque) d'Edmond Charlot : Les Vraies Richesses. Ryad n'aime pas lire et n'a aucun état d'âme à se débarrasser des livres. Il est pressé de quitter Alger (où il n'était allé qu'une fois enfant) qui est trop grise. Il est surveillé par tout le quartier et en particulier par Abdallah, ancien préposé au prêt de la défunte librairie/bibliothèque.

Parallèlement, Kaouther Adimi nous raconte l'Algérie et le peuple algérien de 1930 à nos jours : le Centenaire de l'Algérie française, la Seconde Guerre mondiale, la Guerre d'indépendance, les massacres à Paris.

Et dans d'autres chapitres, elle imagine le journal d'Edmond Charlot : l'ouverture de sa librairie, les auteurs, sa mobilisation, l'ouverture d'une filiale à Paris, les difficultés financières...

Et je ne sais pas quoi dire de plus. J'ai trouvé ce livre intéressant, émouvant. Un seul reproche : cet emploi moderne de "compliqué" qui me hérisse à chaque fois. À part ça, c'est un roman superbe que je recommande, même si je ne sais pas comment en parler.

En 1935, Edmond Charlot a vingt ans et il rentre à Alger avec une seule idée en tête, prendre exemple sur Adrienne Monnier et sa librairie parisienne. Charlot le sait, sa vocation est d'accoucher, de choisir de jeunes écrivains de la Méditerranée, sans distinction de langue ou de religion. Placée sous l'égide de Giono, sa minuscule librairie est baptisée Les Vraies Richesses. Et pour inaugurer son catalogue, il publie le premier texte d'un inconnu : Albert Camus. Charlot exulte, ignorant encore que vouer sa vie aux livres, c'est aussi la sacrifier aux aléas de l'infortune. Et à ceux de l'Histoire. Car la révolte gronde en Algérie en cette veille de Seconde Guerre mondiale.

En 2017, Ryad a le même âge que Charlot à ses débuts. Mais lui n'éprouve qu'indifférence pour la littérature. Étudiant à Paris, il est de passage à Alger avec la charge de repeindre une librairie poussiéreuse, où les livres céderont bientôt la place à des beignets. Pourtant, vider ces lieux se révèle étrangement compliqué par la surveillance du vieil Abdallah, le gardien du temple.

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