Sous la grêle osée

02 septembre 2014

Scènes de supermarché

Je mesure 5 pieds 4 pouces, soit la hauteur moyenne de la femme américaine. Alors, j'ai un peu de mal quand je dois atteindre le dernier pot de glace (elle doit être populaire cette glace) qui reste au fond de l'étagère supérieure de l'armoire de congélation. Surprise, ma sœur n'y arrive pas plus que moi. Que fait-on quand le supermarché ne te propose pas d'escabeau pour atteindre ce dernier pot de glace que tu dois absolument avoir aujourd'hui, tout de suite, maintenant ? Et bien, on cherche un client assez grand. Le premier qui passe ne répond même pas quand ma sœur lui dit : Excuse me. Il était âgé, peut-être est-il sourd également ? J'aperçois un jeune gaillard, qui, à l'apparence, travaille sur un chantier et l'interpelle : Excuse me. Il me répond : Je ne travaille pas ici. (Je ne m'en doutais pas.) Moi : I know, but you're tall. Lui : That will work. Il nous a attrapé la glace comme un jeu. Malheureusement, nous avons dû reposer le pot dans le congélateur. Nous avons un peu peur des pots attaqués au cutter. (Quand les employés ouvrent les cartons, ils ne font pas attention, et les couvercles et autres boîtes en prennent un coup à chaque fois. Il faut faire vite.)

Nous sortons du supermarché (après avoir payé, bien sûr) et nous assistons à une scène très drôle : une femme en train de se battre avec son caddie qui ne voulait plus avancer. Elle a essayé de le soulever, le caddie a fait un bond sur place, mais n'a pas avancé. Elle a dû se résigner à transporter ses courses sur le dernier millimètre qui la séparait du coffre de sa voiture. Et oui, elle avait atteint la limite officielle du parking du supermarché. Ici, on n'utilise ni pièce de monnaie, ni jeton pour empêcher les vols de caddie. Les caddies sont munis d'une roue qui se bloque quand on dépasse une certaine ligne jaune. Cela fait des années que je vois les panneaux, mais je n'avais jamais vu le caddie en action. Et moi qui croyais que la roue avait été remplacée à cause de l'usure.

wheel boot   03-28-29_a-sign-on-the-front-of-a-shopping-cart_original

Posté par Jackie Brown à 22:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

01 septembre 2014

Whistling Past the Graveyard (Susan Crandall)

whistling

Là encore, c'est le titre qui m'a attirée. Ca avait l'air original. Même si j'ai pensé que j'allais encore râler parce que l'héroïne blanche de 9 ans va apprendre la vie et dispenser sa sagesse à des adultes noirs. Et que l'auteure a choisi cet âge pour faire passer des vessies pour des lanternes. Bon alors, ce qui m'a déplu, c'est que l'héroïne s'insurge contre les inégalités, mais trouve normal qu'un adulte noir ait peur d'elle. Je caricature un peu, mais c'est l'effet que tout ça m'a fait.

Sinon, l'histoire, quoique totalement invraisemblable (dans le Sud des Etats-Unis, dans les années 60, une femme noire "enlève" un bébé blanc. Yeah, right!) se laisse lire. L'intrigue est un peu linéaire, le comportement de Starla un peu trop grandiloquent, les personnages noirs bien stéréotypés, mais j'ai terminé. Ce n'est vraiment pas le livre de l'année (en fait, il est sorti l'an dernier). Quant à devenir un classique comme To Kill a Mockingbird, faut pas pousser quand même. Harper Lee parle de ce qu'elle a vécu. On sent que ce n'est pas le cas pour Susan Crandall.

Starla Claudelle, 9 ans, s'enfuit de chez sa grand-mère, femme sévère et pleine de rancœur, pour retrouver sa mère partie à Nashville dans l'espoir de devenir chanteuse de country. Sur la route, elle est prise en stop par Eula, une femme noire.

The summer of 1963 begins like any other for nine-year-old Starla Claudelle. Born to teenage parents in Mississippi, Starla is being raised by a strict paternal grandmother, Mamie, whose worst fear is that Starla will turn out like her mother. Starla hasn’t seen her momma since she was three, but is convinced that her mother will keep her promise to take Starla and her daddy to Nashville, where her mother hopes to become a famous singer—and that one day her family will be whole and perfect.

When Starla is grounded on the Fourth of July, she sneaks out to see the parade. After getting caught, Starla’s fear that Mamie will make good on her threats and send her to reform school cause her to panic and run away from home. Once out in the country, Starla is offered a ride by a black woman, Eula, who is traveling with a white baby. She happily accepts a ride, with the ultimate goal of reaching her mother in Nashville.

As the two unlikely companions make their long and sometimes dangerous journey, Starla’s eyes are opened to the harsh realities of 1963 southern segregation. Through talks with Eula, reconnecting with her parents, and encountering a series of surprising misadventures, Starla learns to let go of long-held dreams and realizes family is forged from those who will sacrifice all for you, no matter if bound by blood or by the heart.

To whisle past the graveyard :

To attempt to stay cheerful in a dire situation; to proceed with a task, ignoring an upcoming hazard, hoping for a good outcome.

http://en.wiktionary.org/wiki/whistle_past_the_graveyard

Posté par Jackie Brown à 22:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

The Accidental (Ali Smith)

accidental

Flo avait trop bien vendu cette auteure sur le blog de zarline. J'étais curieuse de la découvrir. J'ai choisi The Accidental à cause de son titre. Ecriture un peu différente, c'est vrai, mais pas désagréable (j'aime l'idée d'appeler les parties The Beginning, The Middle et The End). Non, en fait, ce qui m'a agacée, c'est l'attitude de cette femme qui débarque chez les autres. Et je m'imaginais faire la même chose dans ce pays où les habitants ont la gâchette facile. Et ça m'a agacée encore plus.

Les chapitres racontés par les enfants ne m'ont pas trop gênée en fait. C'est quand on arrive à leur beau-père (professeur Casanova qui trompe sa femme avec ses étudiantes) que je me suis dit que je n'allais pas tenir longtemps. J'ai terminé son chapitre et je suis passée à celui de la mère des deux enfants. Ca me plaisait quand même. Mais, je me suis arrêtée tout doucement. Au début, je suis allée chercher un magazine au lieu de reprendre mon livre. Et ensuite, je suis allée chercher un autre magazine. Et là, devant ce manque d'enthousiasme flagrant, j'ai décidé d'abandonner. Et puis, je dois dire que je n'étais pas concentrée. Il n'y a que trois personnages féminins, mais je n'arrêtais pas de les mélanger.

Bye bye, The Accidental. J'aurais dû commencer par le roman recommandé par Flo.

The Accidental is the dizzyingly entertaining, wickedly humorous story of a mysterious stranger whose sudden appearance during a family’s summer holiday transforms four variously unhappy people. Each of the Smarts–parents Eve and Michael, son Magnus, and the youngest, daughter Astrid–encounter Amber in his or her own solipsistic way, but somehow her presence allows them to see their lives (and their life together) in a new light. Smith’s exhilarating facility with language, her narrative freedom, and her chromatic wordplay propel the novel to its startling, wonderfully enigmatic conclusion.

the accidental

Posté par Jackie Brown à 15:05 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,
30 août 2014

The Wig (Charles Wright)

Wig

Author's note

The word wig as it is used in this story is negro slang for hair.

And the story itself is set in an America of tomorrow.

Pourquoi ai-je décidé de lire ce roman ? récit ? livre (en tout cas). La nécrologie de l'auteur en 2008 dans le New York Times parlait de ses trois romans. J'ai noté leurs titres, même si The Wig me semblait plus intéressant. Cette année, je découvre sur le blog de Jérôme que son premier roman, The Messenger, vient d'être traduit en français. Je ressors ma liste, mais c'est toujours The Wig qui me tente le plus. Je note au passage qu'en France, on utilise son middle name, mais pas aux Etats-Unis. Je commande le livre à la bibliothèque. Evidemment, on ne le trouve pas dans les bibliothèques de quartier. Mais deux universités l'ont (et acceptent de me le prêter !). Voici donc.

Lester Jefferson tente d'atteindre le rêve américain. Malgré tous ses efforts, il en est au même point. Il décide donc de prendre une mesure radicale et se défrise les cheveux. Rien qu'au résumé, j'ai envie de le lire. J'étais prévenue. Le style de Wright est mordant.

Et bien, j'aurais peut-être mieux fait de lire The Messenger. Ben oui, Charles Wright cultive l'absurde. Les situations sont surréalistes. Tout le monde en prend pour son grade. L'humour qui s'en dégage est acerbe. Comme l'écrit Ishmael Reed, ses personnages sont mémorables et excentriques. Alors, oui, certains passages m'ont fait rire. Oui, Charles Wright pousse le stéréotype à l'extrême. Malheureusement, la femme noire que je suis s'est sentie souvent mal à l'aise. J'en conclurai que la caricature ne s'adresse pas à moi.

The Wig 1   

The Wig 2   The Wig 3

Posté par Jackie Brown à 14:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
29 août 2014

Juste quelqu'un de bien (Enzo Enzo)

Elle était dans Lili Drop dont je n'avais jamais entendu aucun titre. Mais il y avait Olive... Et puis, elle m'avait bluffée avec Les yeux ouverts. Et puis Kent (même chose, je n'avais jamais entendu aucun titre de Starshooter, mais je connaissais le chanteur) lui a écrit ce chef-d'œuvre. Enjoy!

Posté par Jackie Brown à 08:37 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,


28 août 2014

Vela religiosa

Quand je suis arrivée dans ce pays il y a 17 ans (déjà !), j'étais fascinée par les cierges, ou plutôt, les bougies religieuses que l'on trouve dans les supermarchés. Elles se trouvaient surtout dans le rayon des produits mexicains. Il faut dire que les inscriptions dessus sont souvent en espagnol. Je trouvais ces bougies très kitsch, mais j'hésitais à en acheter une. Je trouvais ça un peu sacrilège de m'en servir uniquement comme objet de décoration. Un jour, j'étais allée au supermarché avec un de mes collègues qui n'avait pas de voiture. Je lui avais parlé de ma fascination pour ces bougies et que je voulais en acheter une. Nous étions pressés ce jour-là (je ne sais plus pourquoi) et je comptais retourner au magasin pour prendre le temps de choisir LA bougie. Cet énergumène, pensant me faire plaisir, en a attrapé une sans me le dire pour me l'offrir. Il en avait évidemment pris une qui ne me plaisait pas du tout. Elle représentait des soldats romains et le dessin était abîmé en plus. C'était bien la peine. Et pourtant, ce n'est pas le choix qui manque.

Aujourd'hui à Walmart, j'ai constaté que les bougies sont plus minces qu'à l'époque. Mais je les trouve toujours très jolies.

IMG_2302

Messages un peu contradictoires parfois. C'est la première fois que j'en vois pour gagner au loto.

IMG_2301

Nous ne sommes pas à l'abri d'une erreur : Marie se retrouve tête en bas. Jean Paul II a droit une bougie parfumée. Et je n'avais jamais entendu des sept pouvoirs africains. Il s'agit des sept orisha du panthéon yoruba.

IMG_2303

Posté par Jackie Brown à 22:38 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,
27 août 2014

Home Delivery

Y a des fois où on le sent pas. Intuition ? Peut-être. Mais des fois...

Je vous raconte. C'était la semaine dernière exactement. Ma sœur me dit qu'elle commanderait bien une pizza. Il est vrai que le dernier projet sur lequel nous travaillons nous laisse peu de temps pour préparer des repas. Ajoutons à cela que nous sommes un peu flemmardes de ce côté-là (on n'est pas jumelles pour rien). Anyway. Je dis OK pour la pizza. Même si je ne le sens pas trop. M'enfin, c'est une pizza. Ma sœur commande sur le site de Pizza Hut et la livraison est prévue pour 12h15. Horaire pas trop fiable en général. Midi et quart arrive et s'en va. Ma sœur me dit : Tu vas voir que le livreur s'est perdu. Vers 12h30, le téléphone sonne. Un numéro inconnu. C'est le livreur de pizza qui me dit que la pizza est là. C'est nouveau, ça ! Euh, vous ne pouvez pas l'apporter à la porte de la maison. Oui, me répond-il. Ca n'avait pas l'air évident. Quelques secondes plus tard, il me dit qu'il arrive devant la porte. Bizarre, je suis à la fenêtre, mais je ne vois personne. Je raccroche. Ma sœur me dit qu'elle va voir près du garage. Elle me dit qu'elle ne voit personne. Je rappelle. Je dis J'apprends au livreur qu'il n'est pas devant notre porte. Ben oui, je sonne et personne ne vient m'ouvrir. Vous êtes où ? Vous savez dans ce pays on a des Olive Court, Olive Avenue, Olive Circle, Olive Street. Faut pas s'tromper. Après quelques hésitations, il me dit qu'il va vérifier l'adresse entrée dans son GPS. Il me lit mon adresse. C'est bon ! Il revérifie sur son reçu. Il y trouve la même adresse. Ma sœur retourne dehors. Je préviens le livreur. Je lui explique qu'il a dépassé notre maison, qu'il doit faire demi-tour. Je raccroche. Il passe à toute vitesse en tournant la tête de l'autre côté. Evidemment, il ne voit pas ma sœur en train de lui faire signe et va s'arrêter au bout de la rue. Il me rappelle parce qu'il ne nous trouve pas. Je lui explique qu'il est passé devant la maison. Je lui demande s'il a une casquette noire. Il réfléchit un peu, puis me dit qu'en effet, il porte une casquette noire. Je lui dis que ma sœur est devant le garage et l'attend. Il refait enfin demi-tour. Ma sœur lui fait signe. Il la voit cette fois. Et apporte la pizza. Et là, il lui dit : C'est bizarre, toutes les maisons portent le même numéro. OOOOOOOOOKKKKKK. C'est vrai que c'est confusant. De notre côté de la rue, les maisons portent des numéros de quatre chiffres et un seul change : 5504, 5514, 5524, 5534, 5544... Bon, vous avez compris. C'est pas le cas de tout le monde...

Epilogue : Trois heures plus tard, le téléphone sonne. Ma sœur répond et fait une drôle de tête. Elle écoute pendant une minute, puis je l'entends demander : Vous êtes le livreur de pizza ? Vous êtes venu chez moi il y a plusieurs heures déjà et vous m'avez tout apporté. Elle l'écoute encore un peu puis raccroche. Elle me dit : Il me demandait si j'avais commandé du Dr Pepper (franchement !). Et après, il m'a dit que je n'avais la même voix que la femme à qui il venait d'apporter une pizza. Da da da da da da da da...

Posté par Jackie Brown à 17:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
26 août 2014

Watch it pop!

Éclairs et tonnerre effrayants cette année. Et des trombes d'eau !

Posté par Jackie Brown à 23:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
23 août 2014

The Hundred-Foot Journey (Richard C. Morais)

Journey

La couverture du livre avait plu à ma sœur et elle l'a lu en 2011. Moi, j'ai attendu qu'il soit adapté au cinéma pour me décider. Ma sœur, Steven Spielberg et Oprah Winfrey ne peuvent pas se tromper, n'est-ce pas ? Et Anthony Bourdain (dont j'aimais beaucoup l'émission No reservations sur Travel Channel) nous jure sur la couverture qu'il s'agit, fingers in ze nose, du meilleur roman qui se déroule dans l'univers de la cuisine. Ben, je n'ai pas été convaincue. Je l'ai trouvé trop caricatural. Des Français snobs, arrogants (pas touche à ma cuisine) et profiteurs. Voilà ce que j'ai retenu. Et même si je sais qu'il existe des abus quant aux plaintes déposées auprès des prud'hommes, ça m'énerve de le lire dans un livre écrit par un Américain qui ne parle sûrement pas français. Ah ? Richard C. Morais est né au Portugal, a été élevé en Suisse et était correspondant à Londres pour le magazine Forbes. Pas grave, ça m'énerve quand même.

Bon, il est quand même mignon ce livre. Agréable à lire. Je l'ai terminé (il y a plusieurs mois déjà, d'où des souvenirs plus que vagues). Mais il m'a agacé. Et quand je vois que Dame Helen Mirren joue Madame Mallory et imite certainement un accent français. Manish Dayal en revanche...

http://books.simonandschuster.com/Hundred-Foot-Journey/Richard-C-Morais/9781476765853

"That skinny Indian teenager has that mysterious something that comes along once a generation. He is one of those rare chefs who is simply born. He is an artist."

And so begins the rise of Hassan Haji, the unlikely gourmand who recounts his life’s journey in Richard Morais’s charming novel, The Hundred-Foot Journey. Lively and brimming with the colors, flavors, and scents of the kitchen, The Hundred-Foot Journey is a succulent treat about family, nationality, and the mysteries of good taste.

Born above his grandfather’s modest restaurant in Mumbai, Hassan first experienced life through intoxicating whiffs of spicy fish curry, trips to the local markets, and gourmet outings with his mother. But when tragedy pushes the family out of India, they console themselves by eating their way around the world, eventually settling in Lumière, a small village in the French Alps.

The boisterous Haji family takes Lumière by storm. They open an inexpensive Indian restaurant opposite an esteemed French relais—that of the famous chef Madame Mallory—and infuse the sleepy town with the spices of India, transforming the lives of its eccentric villagers and infuriating their celebrated neighbor. Only after Madame Mallory wages culinary war with the immigrant family, does she finally agree to mentor young Hassan, leading him to Paris, the launch of his own restaurant, and a slew of new adventures.

The Hundred-Foot Journey is about how the hundred-foot distance between a new Indian kitchen and a traditional French one can represent the gulf between different cultures and desires. A testament to the inevitability of destiny, this is a fable for the ages—charming, endearing, and compulsively readable.

Le voyage de cent pas, traduit par Laure Joanin

http://calmann-levy.fr/livres/le-voyage-de-cent-pas/

Posté par Jackie Brown à 22:20 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
22 août 2014

A nos actes manqués (Fredericks Goldman Jones)

Ma sœur a ressorti ses CD de Jean-Jacques Goldman. Nous étions en train de parler de nos années lycée, il faut dire. Alors, pour aujourd'hui, ma chanson préférée de JJG. En live comme on dit chez nous. (Personnellement, j'aurais choisi une autre orchestration.)

Posté par Jackie Brown à 08:51 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,


Fin »