Sous la grêle osée

19 avril 2019

Elle voulait qu'on l'appelle Venise (Julien Clerc)

Il y aura 20 ans demain, j'allais voir Julien Clerc en concert à Denver. Le même jour avait lieu un autre événement, tragique celui-là. Mais apparemment, ça ne change rien pour certains.

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05 avril 2019

I Say a Little Prayer (David Michael Johnson)

Les années 90. Tout était remixé en dance. Et j'adorais cette chanson.

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04 avril 2019

Nobody Cries at Bingo (Dawn Dumont)

NobBingo

Ce titre ! Bien sûr, c'est le titre de ce livre qui a attiré mon attention. Je ne sais plus où je l'avais vu, mais j'ai eu du mal à le trouver à la bibliothèque. Apparemment, le seul exemplaire avait disparu. Mais heureusement pour moi, il a été retrouvé. J'ai adoré ce livre (ma sœur l'a bien aimé. En général, nous ne nous recommandons jamais rien ; mais là, j'ai insisté.).

Je ne savais rien de l'auteure. J'ai appris depuis qu'elle était humoriste et qu'elle vivait dans la plus petite réserve au monde, Okanese First Nation, dont les habitants compensent le manque d'espace par la grosseur de leur tête. Si je ne savais pas qu'elle était humoriste avant de commencer le livre, je l'ai vite compris. Nobody Cries at Bingo est très drôle. Même quand Dawn Dumont raconte des anecdotes difficiles, elle trouve le moyen de faire rire.

Le livre est découpé en chapitres portant chacun un titre et qui traitent d'un sujet ou d'une anecdote spécifique. Il s'agit surtout du récit de l'enfance et de l'adolescence de l'autrice dans la réserve : la vie de sa famille (les séparations régulières de ses parents et les déménagements en pleine nuit qui s'ensuivent, les séjours chez les cousins, le bingo où se retrouvent ses oncles et tantes), l'école (où les natives et les non-natives ne se mélangent pas dès le primaire, où les natives sont de moins en moins nombreux au fur et à mesure de la progression de Dawn car les parents insistent pour que leurs enfants aillent dans un collège/lycée hors de la réserve où ils sont évidemment minoritaires), la lecture (sa mère lui a transmis sa voracité pour les livres), les jeux d'été indien(s) (quand Dawn décide de prouver qu'elle peut être athlétique), les mariages (où Dawn espère rencontrer des mecs mignons), l'indemnisation des élèves des pensionnats autochtones (les parents de Dawn en ont fréquenté un), un procès en sorcellerie (Dawn étudie le droit, elle sera donc l'avocate de la "sorcière").

Comme je l'ai dit, Dawn décrit sa vie avec humour, même s'il est parfois grinçant. Ce n'est pas pour autant qu'elle ménage qui que ce soit. Elle ne se gêne pas pour asséner quelques vérités, ce qui rend son témoignage très cru et très fort. Je recommande vivement. Et je veux absolument lire Glass Beads dont la couverture est superbe.

 

Dawn Dumont sur Tweeter : https://twitter.com/dawndumont?lang=en

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29 mars 2019

City Lights (William Pitt)

J'ai retrouvé cette chanson par hasard en regardant les hit-parades des années 80 de DJ Crayfish (qui doit adorer Sandra), et découvert un tas de groupes dont je n'avais jamais entendu parler (C.C. Catch et Radiorama par exemple) et qui n'ont pas manqué à ma culture musicale.

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28 mars 2019

The Atlas of Reds and Blues (Devi S. Laskar)

AtlasBlue

Je suis Jean Kwok sur Facebook et j'ai vu qu'elle serait aux États-Unis pour animer une conférence « Let’s Talk About Race, Baby: Let’s Talk About You and Me ». Je décide de vérifier la liste des participants et parmi eux, je vois Devi S. Laskar et je m'aperçois qu'elle a écrit un livre dont je vois la couverture depuis le début de l'année, mais qui ne me tentait pas plus que ça. « Par chance », il était disponible à la bibliothèque. Je l'emprunte tout de suite. Et je commence à le lire.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que le début ne m'a pas impressionnée. Structure bizarre : des chapitres d'une ou deux phrases, des chapitres sur la poupée Barbie, des retours en arrière, une narratrice qui n'est pas nommée et qui appelle son mari The hero, et ses filles, par leur ordre d'arrivée dans la famille. Toutes ces fantaisies m'agaçaient un peu même si ce que la narratrice racontait était très fort. J'ai failli arrêter. Et puis, je l'ai terminé en deux jours. Et j'ai à peine eu le temps de respirer.

La narratrice n'arrête pas : enfants en bas âge, mari en déplacement constant, une mère et une belle-mère qui trouvent toujours quelque chose à redire, la société qui trouve toujours quelque chose à redire. La narratrice est née aux États-Unis, « mais » ses parents sont des immigrés bengalis. Elle a donc droit à des compliments sur son bon anglais, des questions sur ses origines (répétées plus fort et plus lentement malgré son bon anglais), des remarques sur le fait qu'elle n'a pas d'alliance alors qu'elle est enceinte. En revanche, elle n'a pas droit aux petits gestes de bienvenue de ses voisins quand son mari (blanc et d'une famille aisée) décide d'installer sa famille dans une banlieue cossue d'Atlanta. Oui, c'est le Sud, et la narratrice nous montre qu'il n'a pas changé. La narratrice prend tout cela calmement, ne fait pas de vagues. Quand sa fille est constamment harcelée à l'école ou exclue des anniversaires, elle lui apprend à serrer les dents puisque sa fille refuse qu'elle en parle à son père. Quand le père est là, les choses se passent un peu mieux. Mais il est souvent absent et la narratrice doit tout supporter seule. De toute façon, lui ne veut pas faire de vagues. De toute façon, lui ne comprendrait pas. Un jour, la narratrice craque. Après un énième épisode de harcèlement, plus grave que les agressions, micro ou macro, qu'elle subit au travail, dans la rue et dans son quartier.

La pression que subit la narratrice est insoutenable. Mais elle doit tout accepter car elle sait que c'est sa vie qu'elle risque si elle répond de travers. Elle n'a nulle part où se réfugier. Et quand j'ai lu que l'autrice est née en Caroline du Nord et qu'elle a étudié le journalisme (la narratrice est journaliste), je me suis demandé quelles parties du roman étaient autobiographiques.

Un style superbe, un livre oppressant et dramatique, un premier roman impossible à lâcher. J'en suis encore toute retournée. À lire absolument.

Le site de l'auteure :

https://www.devislaskar.com/

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26 mars 2019

Do Not Say We Have Nothing (Madeleine Thien)

DoNotSay

Dans Les Filles de la campagne d'Edna O'Brien (si je me souviens bien), un homme fait écouter de la musique classique (un opéra ?) à une femme beaucoup plus jeune et beaucoup moins raffinée que lui. Il lui demande ce qu'elle voit quand elle ferme les yeux, et est très déçu (en colère même ?) quand elle lui décrit une scène bucolique avec petits oiseaux. Et bien, c'était moi, cette femme pas raffinée, lorsque je lisais Do Not Say We Have Nothing. La façon dont l'auteure décrit la musique, dont les personnages vivent la musique, m'est passée largement au-dessus de la tête. Pourtant elle parle beaucoup de Jean-Sébastien Bach (ah le baroque !) et des Variations Goldberg. Mais j'ai trouvé cela très froid et trop théorique. Et comme mes connaissances en théorie de la musique se limitent aux cours de solfège et de flûte à bec au collège, je suis restée totalement hermétique à certains passages.

En fait, je ne savais pas du tout de quoi ce livre parlait. J'avais juste été attirée par son titre. Il s'agit de la traduction anglaise d'un vers de l'une des versions chinoises de l'Internationale. Dans ce livre, Madeleine Thien retrace le communisme en Chine populaire, de la fin de la guerre à nos jours, à travers l'histoire d'une famille. Parallèlement, elle raconte l'histoire de Marie, fille d'immigrés chinois au Canada dont la vie est bouleversée par l'arrivée chez elle d'une jeune fille, Ai-Ming, qui fuit la Chine après les manifestations de Tian'anmen. Elle espère rejoindre les États-Unis et profiter de l'amnistie offerte par le gouvernement américain aux réfugiés. Leurs deux familles sont liées car le père de Marie avait été élève du père d'Ai-Ming au conservatoire en Chine. La vie de ces deux hommes va être profondément changée par la Révolution culturelle. Le père d'Ai-Ming est envoyé à l'usine pour être réformé (après la destruction de tous les pianos du conservatoire) et le père de Marie devient le musicien chéri du parti. La famille du premier est mal vue : son père, camarade de route de Mao, exécutant enthousiaste de la réforme agraire, n'est plus en odeur de sainteté avec le parti car il critique un peu trop, et la sœur et le beau-frère de sa mère ont été envoyés en camp de travail car ils étaient propriétaires. La famille du second, originaire de la campagne, ayant été massacrée, celui-ci est intouchable.

J'ai trouvé passionnante cette saga familiale et aimé cette façon de raconter les événements qui ont eu lieu en Chine au long de cette période. J'avais bien entendu parler de tout ça (les réformes, la révolution culturelle, la place Tian'anmen, la bande des quatre), mais je n'avais rien lu qui en traitait ainsi en profondeur. J'ignorais par exemple que le parti décidait (décide ?) de l'endroit où tu vivais, du métier que tu exerçais. Quant à ces séances d'auto-critique et à ces « procès », ils sont particulièrement atroces et insoutenables. L'auteure rend bien cette atmosphère de suspicion et d'angoisse qui règne, où tu n'oses plus rien dire et où tu dois te méfier de tout le monde (même de ta famille). Et ces élèves du conservatoire complètement endoctrinés et totalement enragés, tu ne comprends plus pourquoi ils étudiaient la musique si cela était si subversif. Ils passent leur temps à dénoncer les crimes de leurs professeurs par voie d'affiches. Certains en réchappent, on ignore comment. La partie sur les manifestations de Tian'anmen m'a fait penser à une de mes camarades de classe. Elle était diplômée de l'Université des langues étrangères de Pékin et avait suivi son mari en France. Elle me racontait qu'elle allait manifester devant l'ambassade de Chine à Paris et que Deng Xiaoping avait fait son temps. Et je me demandais comment tout cela allait finir.

Malgré tout, ma lecture a été laborieuse. D'abord, j'ai été déroutée par le nom des personnages. S'agissait-il de surnoms ? De la traduction des prénoms en anglais ? J'aurais préféré des noms chinois. Ensuite, j'ai trouvé la description des émotions des personnages fastidieuse. Évidemment, dans un pays où tout est réglementé et où il vaut mieux tout garder pour toi, j'imagine qu'à un moment, tu exploses. Mais j'ai trouvé que cela ralentissait trop le récit, surtout que les pensées des personnages me semblaient souvent saugrenues. Ce côté émotionnel ne m'a pas touchée. Au contraire.

Il y a bien d'autres aspects dans ce roman que je n'évoquerai pas (mon billet est déjà assez fouillis comme ça). Dans l'ensemble, je l'ai trouvé très beau, mais aussi très difficile. Je le recommande tout de même, ne serait-ce que pour en savoir plus sur la Chine. (Et malgré certains faits qui semblent tout droit sortis de Wikipédia.)

Le site de l'auteure : http://madeleinethien.com/bio

En français : Nous qui n'étions rien (traduction : Catherine Leroux)

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15 mars 2019

Fate (Chaka Khan)

J'espère être un peu plus productive ce week-end. Je dois quand même remplir ma déclaration d'impôts. En attendant, Chaka Khan, la diva.

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08 mars 2019

I’ve Been Waiting (Lil Peep & ILoveMakonnen feat. Fall Out Boy)

Je m'améliore (pas pour parler des livres malheureusement) car j'ai entendu cette chanson pratiquement à sa sortie (restons modeste, dans cette version). J'aime la musique (parce qu'on entend une mélodie) et la voix des chanteurs (parce qu'ils chantent).

 La version originale, sans Fall Out Boy :

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01 mars 2019

Baby Shark Dance (Pinkfong)

Je ne sais pas pourquoi cette chanson a « refait surface », mais on l'entend (un peu trop) souvent. Paroles et chorégraphie faciles à apprendre. Ben, c'est pour les enfants !

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27 février 2019

Black Water Rising (Attica Locke)

BlackWater

C'est un autre livre de cette auteure que j'avais trouvé et je me suis rendu compte qu'elle avait commencé deux séries (en tout cas, deux livres pour lesquels il y a une suite). J'ai donc décidé de lire le premier de la première série, écrit depuis 2009. Je l'ai terminé, mais j'ai bien cru que mon cœur allait lâcher tant la tension était forte.

L'action se passe à Houston (Texas) en 1981. Reagan est président. Jay Porter est avocat et vivote grâce à quelques clients peu reluisants. Sa femme Bernie est enceinte. Pour son anniversaire, il l'emmène faire un tour en bateau sur le bayou. Alors qu'ils retournent à quai et que le bateau passe dans un quartier mal famé, ils entendent les appels à l'aide d'une femme, suivis de deux coups de feu, puis le bruit d'un corps qui tombe à l'eau. Jay, qui aurait préféré ne pas s'en mêler mais cède sous les regards de sa femme et du pilote du bateau (de toute façon trop âgé pour faire quoi que ce soit), se jette à l'eau pour sauver la femme de la noyade. De retour sur la terre ferme, Jay et Bernie déposent la rescapée devant le commissariat. Jay refuse de faire une déposition car il a peur de la police et d'être accusé à tort dans cette affaire. Jay est traumatisé par son incarcération quelques années auparavant et dort avec une arme sous son oreiller. Sa femme, qui ne l'a connu qu'à l'occasion de son procès car elle faisait partie de son comité de soutien improvisé, a du mal à accepter sa paranoïa, mais se montre toutefois (très) compréhensive. À son corps défendant, Jay se trouve mêlé à une dangereuse affaire de meurtres, de pots-de-vin, de pétrole et de politique.

L'anxiété de Jay est très difficile à supporter, même si on la comprend mieux au fur et à mesure du récit avec les nombreux retours en arrière à l'époque de son procès et des événements qui y ont mené. On se retrouve au moment de la lutte pour les droits civiques lorsque Jay est étudiant. Je dois dire que les retours en arrière me lassaient un peu jusqu'à ce qu'Attica Locke fasse intervenir Stokely Carmichael. Je me suis dit que c'était un peu exagéré, mais finalement, ces passages étaient si intéressants qu'ils m'ont convaincue de continuer (comme les parents d'Attica Locke ont participé à la lutte pour les droits civques, elle sait de quoi elle parle). La méfiance de Jay ne diminue pas, mais j'étais enfin entrée dans l'histoire.

J'ai trouvé l'intrigue bien menée (même si Jay est un peu lent parfois à comprendre certaines choses) et apprécié le point de vue historique. Les personnages sont dynamiques, riches, bien campés. Je regrette juste que les blancs soient quasiment tous des traîtres. Il faut dire qu'il n'y a que des blancs qui ont du pouvoir dans l'histoire et ils s'en servent.

Thriller qui donne matière à réflexion même s'il a les défauts d'un premier roman. À lire.

Le site de l'auteure : http://www.atticalocke.com/

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Titre français : Marée noire (traduit par Clément Baude)

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