Sous la grêle osée

16 juillet 2017

So Much Blue (Percival Everett)

blue

Tous les chapitres ont un titre sauf le premier.

Mai 1979. Kevin Pace a 24 ans. Il partage un appartement avec Richard, 24 ans lui aussi. Ils sont en troisième année de graduate studies à l'université de Pennsylvanie. Kevin peint et Richard écrit son mémoire sur Beowulf. Ils partent tous les deux au Salvador à la recherche du frère aîné de Richard. Ces chapitres s'intitulent 1979.

30 ans plus tard et parfois avant. Kevin Pace vit en Nouvelle-Angleterre avec sa femme Linda et ses deux enfants, April et Will. Kevin peint et il est toujours ami avec Richard qui est professeur. Kevin peint un tableau de différentes nuances de bleu, sur une toile de 3,65 m de haut et 6,50 m de largeur, que personne n'a le droit de voir. Il fait promettre à Richard de détruire le tableau si jamais il lui arrivait quelque chose. Ces chapitres s'intitulent House.

Il y a 10 ans. Kevin Pace est à Paris avec sa femme pour fêter leurs 20 ans de mariage. Kevin rencontre une Française, Victoire, jeune aquarelliste de 22 ans, et décide de prolonger son séjour (sans son épouse) pour avoir une aventure avec elle. Ces chapitres s'intitulent Paris.

Nous avons droit à trois histoires dans un même roman. J'ai eu du mal avec 1979 (les jeunes Américains qui partent à l'aventure au Salvador à la veille de la chute de Somoza) et surtout avec Paris (le français bancal y est pour quelque chose et je me méfiais du côté démon de midi à Paris avec la jeune Française). Mais au fil des pages, je m'y suis "habituée" et je les ai finalement trouvé (presque) aussi réussies que la partie House. Toutes les parties se rejoignent à la fin (les quatre derniers chapitres s'intitulent House). Même si on retrouve l'humour de Percival Everett, il se montre plus attendrissant et touchant dans ce roman.

Encore un livre superbe (j'ai de la chance) que je recommande.

Kevin Pace is working on a painting that he won’t allow anyone to see: not his children; not his best friend, Richard; not even his wife, Linda. The painting is a canvas of twelve feet by twenty-one feet (and three inches) that is covered entirely in shades of blue. It may be his masterpiece or it may not; he doesn’t know or, more accurately, doesn’t care.

What Kevin does care about are the events of the past. Ten years ago he had an affair with a young watercolorist in Paris. Kevin relates this event with a dispassionate air, even a bit of puzzlement. It’s not clear to him why he had the affair, but he can’t let it go. In the more distant past of the late seventies, Kevin and Richard traveled to El Salvador on the verge of war to retrieve Richard’s drug-dealing brother, who had gone missing without explanation. As the events of the past intersect with the present, Kevin struggles to justify the sacrifices he’s made for his art and the secrets he’s kept from his wife.

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14 juillet 2017

You Don't Have to Say You Love Me (Dusty Springfield)

Pas difficile de deviner ce qui a inspiré le choix de la chanson d'aujourd'hui, sortie en 1966. J'ai entendu Dusty Springfield pour la première fois quand elle chantait What Have I Done to Deserve This? avec les Pet Shop Boys. La chanson d'aujourd'hui est son plus grand tube. Et Wikipedia m'a appris aujourd'hui qu'il s'agissait en fait de la reprise d'une chanson italienne Io che non vivo senza te.

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13 juillet 2017

You Don't Have to Say You Love Me (Sherman Alexie)

love me

Dans ce livre en hommage à sa mère, en tout cas inspiré par le décès de sa mère, Sherman Alexie mêle à nouveau prose et poèmes. On y retrouve des anecdotes qui apparaissaient déjà dans The Absolutely True Diary of a Part-Time Indian (livre qui a fait partie pendant cinq ans des dix livres les plus contestés aux États-Unis), mais qui sont ici développées et défictionalisées (enfin, je veux dire qu'il raconte exactement ce qui s'est passé).

Il nous confie ses sentiments ambigus pour sa mère (qui est un véritable monstre parfois), nous parle de la violence et de la misère dans la réserve (il faut s'accrocher), nous décrit la discrimination dont il a souffert et souffre, nous raconte ses problèmes physiques et psychologiques, se vante de sa réussite, se plaint de la dépendance de sa famille vis-à-vis de lui, se livre presque totalement (oui, il y a quand même des secrets qu'il veut garder pour lui).

Inutile d'avoir grandi dans une réserve pour être touché par ce livre. J'ai été très émue (même si je n'ai pas autant pleuré que Sherman Alexie). J'ai ri aussi. J'ai trouvé certains poèmes hors sujet, mais l'ensemble reste superbe.

Je n'en dirai pas plus. Parce que je ne saurais pas et parce que je préfère vous laisser le découvrir.

À lire absolument...

Note : c'est Sherman Alexie qui lit la version audio.

Le site de Sherman Alexie : http://fallsapart.com/

Family relationships are never simple. But Sherman Alexie's bond with his mother Lillian was more complex than most. She plunged her family into chaos with a drinking habit, but shed her addiction when it was on the brink of costing her everything. She survived a violent past, but created an elaborate facade to hide the truth. She selflessly cared for strangers, but was often incapable of showering her children with the affection that they so desperately craved. She wanted a better life for her son, but it was only by leaving her behind that he could hope to achieve it. It's these contradictions that made Lillian Alexie a beautiful, mercurial, abusive, intelligent, complicated, and very human woman.

When she passed away, the incongruities that defined his mother shook Sherman and his remembrance of her. Grappling with the haunting ghosts of the past in the wake of loss, he responded the only way he knew how: he wrote. The result is a stunning memoir filled with raw, angry, funny, profane, tender memories of a childhood few can imagine, much less survive. An unflinching and unforgettable remembrance, YOU DON'T HAVE TO SAY YOU LOVE ME is a powerful, deeply felt account of a complicated relationship. 

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10 juillet 2017

My Favorite Thing Is Monsters (Emil Ferris)

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Tout d'abord, le livre pèse une tonne (386 pages). Et il est plutôt encombrant à cause de son grand format : les dessins ont été réalisés au stylo et au crayon sur un grand cahier ligné américain (donc on a droit aux perforations et à la marge rose) car l'auteure est une écolière de 10 ans. J'ai donc eu du mal à le manipuler et il m'a fallu 11 jours pour le terminer. Il faut dire aussi que je ne lis pas les bandes dessinées ou romans graphiques après 16 heures. Sinon, je rêve en dessins pendant la nuit et je trouve ça pénible.

Karen Reyes vit avec sa mère et son grand frère, Deeze, dans un appartement en sous-sol à Chicago à la fin des années 60. Elle est passionnée par les monstres, les magazines et les films d'horreur. Elle se dessine d'ailleurs avec des crocs (ce qui m'a un peu agacée, mais bon, elle a 10 ans). Karen s'improvise détective pour résoudre le meurtre de sa voisine, Anka Silverberg, une rescapée des camps de concentration. Au fur et à mesure des découvertes de Karen, on en apprend plus sur Anka et son passé difficile (je note particulièrement un épisode dans un camp de concentration dont je n'avais jamais entendu parler mais qui est véridique). Mais on en apprend aussi beaucoup sur un tas de personnages (d'où les 386 pages), sur certains quartiers de Chicago, sur l'art (Deeze emmène sa sœur au Chicago Art Institute et nous donne une leçon), sur l'école. Il y a tellement de choses que j'ai parfois eu du mal à suivre et j'ai dû revenir en arrière, persuadée d'avoir sauté une ou deux pages. L'enquête sur le meurtre n'avance pas très vite et lorsque j'étais presque à la fin, j'ai pensé que la fin allait être expédiée. Et là, je me suis aperçue qu'il y aura un volume 2 (moins lourd apparemment). Si j'avais su, j'aurais attendu pour emprunter les deux en même temps. Tant pis !

C'est avant tout à cause de l'histoire d'Emil Ferris que j'ai voulu lire ce roman graphique. Elle se retrouve paralysée à la suite d'une méningite contractée après la transmission du virus du Nil occidental par une piqûre de moustique. Avec l'aide de sa fille, elle se remet au dessin (sa main droite, ainsi que ses membres inférieurs étaient restés paralysés après la maladie). Elle s'inscrit à la prestigieuse école d'art School of the Art Institute of Chicago, où elle obtient une maîtrise en beaux-arts.

Même si j'ai trouvé bizarre de choisir une enfant de 10 ans comme héroïne qui se retrouve dans des situations très adultes, j'ai beaucoup aimé ce livre. Les dessins sont extraordinaires et l'histoire, fascinante.

Je recommande.

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monsters 2

Set against the tumultuous political backdrop of late ’60s Chicago, My Favorite Thing Is Monsters is the fictional graphic diary of 10-year-old Karen Reyes, filled with B-movie horror and pulp monster magazines iconography. Karen Reyes tries to solve the murder of her enigmatic upstairs neighbor, Anka Silverberg, a holocaust survivor, while the interconnected stories of those around her unfold. When Karen’s investigation takes us back to Anka’s life in Nazi Germany, the reader discovers how the personal, the political, the past, and the present converge.

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07 juillet 2017

Hawaii Five-O (Morton Stevens)

Non, je ne pars pas à Hawaii et je ne regarde pas le feuilleton (je regardais l'ancien quand j'étais enfant). Mais on a beaucoup parlé du départ de Grace Park et de Daniel Dae Kim cette semaine. J'avais été déçue en regardant le premier épisode de la nouvelle série : Alex O'Loughlin et Scott Caan me semblaient bien fades à côté de Jack Lord et de James MacArthur. Je n'ai pas insisté, mais de temps en temps, je regardais le début (j'adore toujours le générique) pour apercevoir Daniel Dae Kim. Le feuilleton n'a plus aucun intérêt sans lui.

Original (et la danseuse de hula) :

 

daniel-dae-kim

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06 juillet 2017

New dans nos rayons...

C'était la semaine dernière à Walmart. Et non, je ne cherchais pas de la cheese sauce pour cette recette : https://www.tastemade.com/videos/salmon-in-puff-pastry.

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Merci Gehl's ?

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04 juillet 2017

Death of a Gossip (M. C. Beaton)

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Voilà neuf ans que j'ai regardé quelques épisodes la série télévisée Hamish Macbeth (découverte évidemment par ma sœur qui est fan de Robert Carlyle), mais je n'avais jamais lu les livres de M C. Beaton (qui apparemment déteste la série télé). Et bien, c'est chose faite puisque j'ai lu le premier roman de la série qui date tout de même de 1985. Il était temps.

Un village du Nord de l'Écosse, Lochdubh. Le bobby du village : Hamish Macbeth, débrouillard, pique-assiettes, un peu braconnier, paresseux, têtu. Un groupe de huit personnes arrivent dans le village pour suivre les cours de l'école de pêche (saumons et truites) de John et Heather Cartwright. Il y a un homme d'affaires américain et sa femme, un major à la retraite, un avocat londonien, une secrétaire londonienne (19 ans, amoureuse de son chef et qui espère l'éblouir à son retour de vacances avec ses histoires de pêche), un garçon de 12 ans (qui passe les vacances chez sa tante), une débutante d'Oxford et Lady Jane (qui n'a de lady que le titre). Dans ce roman policier classique, un des membres du groupe meurt. Comme Hamish Macbeth n'a aucune expérience de ce type de crime, un détective de la grande ville voisine arrive avec son équipe et demande à Hamish de les laisser travailler.

J'avais un peu peur de trouver ce roman sans intérêt puisque je lis déjà la série des Agatha Raisin qui est plus récente. Je ne voyais pas comment l'auteure pouvait écrire autant de romans et de séries sans qu'elles se ressemblent plus ou moins. Et bien, non, ça m'a plu. Bien sûr, M. C. Beaton ne se prive pas de ses commentaires et critiques sur les Anglais (surtout) et sur les étrangers (elle était un peu moins virulente à cette époque). Mais le personnage d'Hamish Macbeth est très différent de celui d'Agatha Raisin. Même si finalement, il a autant de caractère qu'elle, il semble plus calme et se soucie moins de ce que les autres pensent de lui.

L'enquête est plutôt intéressante, l'histoire ne manque pas d'humour, même si les pages sur la pêche ne m'ont pas particulièrement passionnée. Je vais continuer la série.

Note : j'ai trouvé le terme gossip gentil ici. La victime dans le cas présent est poussée par la volonté de nuire, plutôt que de raconter des histoires sur les gens.

 

When society widow and gossip columnist Lady Jane Winters joined the fishing class, she wasted no time in ruffling the feathers-or was it the fins?-of those around her. Among the victims of her sharp tongue and unladylike manner was Lochdubh Constable Hamish Macbeth. Yet not even Hamish thought someone would permanently silence Lady Jane's shrills-until her strangled body is fished out of the river. Now with the help of the lovely Priscilla Halburton-Smythe, Hamish must angle through the choppy waters of the tattler's life to find the murderer. But with a school of suspects who aren't ready to talk and dead women telling no tales, Hamish may be in over his head, for he knows that secrets are dangerous, knowledge is power, and killers usually do strike again.

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01 juillet 2017

Reading with Patrick: A Teacher, a Student, and a Life-Changing Friendship (Michelle Kuo)

Patrick

J'ai eu envie de lire ce livre car "l'action" se situait dans l'Arkansas, qui est le premier État américain où j'ai mis les pieds ; à Helena, qui se trouve à 70 km de Forrest City, la ville où j'étais assistante. Évidemment, le sujet m'intéressait aussi : l'éducation des enfants défavorisés (ou complètement oubliés, comme dans le Delta). Et je voulais savoir ce qui avait poussé Michelle Kuo à aller enseigner là-bas bénévolement et j'étais curieuse de connaître la réaction des élèves face à un professeur asiatique. (Il y a soi-disant une rivalité entre les Noirs et les Asiatiques aux États-Unis ; ces derniers étant "assimilés blancs" et mieux perçus).

Admiratrice du mouvement pour les droits civiques (et de James Baldwin en particulier) et de la littérature noire, Michelle Kuo décide à 22 ans de partir enseigner dans le Delta du Mississippi. Elle souhaite faire connaître les lectures qui l'ont inspirée quand elle était elle-même au lycée : Ralph Ellison, Richard Wright, Maya Angelou car elle les trouve aussi courageux que les Asiatiques lui semblent craintifs. Pour elle, les Noirs ont hérité d'une histoire remplie de passions et de rancœurs et cela fait leur force. Elle se trouve faible et docile, et souhaite repartir de zéro et ne plus choisir systématiquement l'option la plus sûre. À l'université, elle travaille dans un foyer, abandonne la préparation aux études de médecine et se dirige vers les sciences sociales. Elle ne sait pas quoi faire après l'université et lorsqu'elle rencontre une recruteuse (asiatique elle aussi) pour le programme Teach for America, elle décide d'aller enseigner dans le Delta du Mississippi, l'un des endroits les plus pauvres des États-Unis, où les professeurs manquent cruellement. Elle se rend compte qu'elle ne sait pas comment les gens vivent maintenant là-bas ; on ne parle plus d'eux depuis la fin des mouvements pour les droits civiques et du Black Power. Ses parents sont évidemment en colère car ils sont persuadés qu'elle gâche sa vie et qu'elle sera tuée là-bas. Elle se retrouve dans une école alternative, Stars, où sont lâchés tous les élèves jugés irrécupérables. L'école de la dernière chance en quelque sorte. Elle découvre que les châtiments corporels existent toujours sous la forme du paddling, avec une espèce de batte estampillée ARKANSAS BOARD OF EDUCATION ; que toute la région forme un ghetto sans perspective. Et c'est là qu'elle rencontre Patrick. Il l'impressionne par son attitude, son calme et son sérieux. Et comme les autres élèves, il a foi en l'avenir et pense qu'il pourra trouver un bon travail après le lycée. Et c'est pour lui qu'elle reviendra dans le Delta, après avoir obtenu son diplôme de droit, quand il sera incarcéré pour meurtre.

paddle

Michelle Kuo retrace l'histoire du Delta et d'Helena en particulier. Quand elle arrive en 2004, la ville ne ressemble plus à celle décrite par Mark Twain en 1883, "joliment située sur le fleuve". Il n'y a pas de café, pas de librairie, pas de cinéma. La ville a commencé son déclin à la fermeture de l'usine de caoutchouc à la fin des années 70. La classe moyenne est partie. Les élèves des écoles publiques sont majoritairement noirs ; les enfants blancs eux fréquentent une école privée créée à l'époque de l'intégration.

Les premiers mois d'enseignement se passent mal. La plupart des élèves n'ont jamais vu d'Asiatiques et lui demandent si elle est de la famille de Jackie Chan. D'autres sont moins polis. Michelle Kuo est choquée par l'attitude des élèves, mais surtout par la sienne. Elle devient méchante, en voulant être sévère, elle hurle, elle se comporte comme les enfants et le regrette. Les élèves ne se tiennent bien que lorsque l'officier de police en uniforme est dans la classe. Ils ne s'intéressent pas aux textes d'auteurs noirs qu'elle veut leur faire découvrir : James Baldwin est trop difficile, Malcolm X les ennuie. Elle s'aperçoit que le fait que les auteurs soient noirs n'est pas suffisant. Les élèves n'ont aucun repère et ne connaissent pas les principaux faits de l'histoire des Noirs aux États-Unis. C'est uniquement lorsqu'elle leur présente A Raisin in the Sun, la pièce de Lorraine Hansberry qu'elle parvient à les faire réagir. C'est particulièrement le personnage de la grand-mère qui les impressionne parce qu'elle ne plaisante pas.

Bon, je m'arrête là parce qu'il y aurait trop de choses à dire. J'ai eu peur que le livre tourne à la prof idéaliste qui change la vie de ses élèves et ils s'en sortent tous grâce à elle. Il y a un tout petit peu de ça. Mais il y a surtout la triste réalité de cette région oubliée où tout le monde devient fataliste. Patrick connaît des hauts et des bas, mais il se bat justement parce que sa prof lui a montré de l'intérêt et ne l'a pas laissé tomber.

J'ai toujours du mal à commenter un livre non-fictionnel. De nombreux aspects de ce livre m'ont passionnée, même si j'ai trouvé quelques longueurs. Je ne parle pas beaucoup de Patrick ici, mais c'est vraiment un jeune homme attachant et brillant. Je préfère vous laisser le découvrir.

Un détail qui m'a marquée dans le livre : Les parents de Michelle Kuo la mettent en garde des dangers que courent les Asiatiques aux États-Unis en lui citant des crimes dont je n'avais pas du tout entendu parler et dont les coupables blancs ont été acquittés. Ils veulent lui faire comprendre qu'ils ne comptent pas et que leurs visages les excluent de l'imaginaire américain, qu'ils seront toujours des étrangers (que l'on complimente sur leur anglais parfait).

À lire absolument.

Article sur Patrick dans le New York Times : 

The Lost Student : http://www.nytimes.com/2009/09/27/magazine/27lives-t.html

 

Recently graduated from Harvard University, Michelle Kuo arrived in the rural town of Helena, Arkansas, as a Teach for America volunteer in 2004, bursting with optimism and drive. But she soon encountered the jarring realities of life in one of the poorest counties in America, still disabled by the legacy of slavery and Jim Crow. In this stirring memoir, Kuo, the child of Taiwanese immigrants, shares the story of her complicated but rewarding mentorship of one student, Patrick Browning, and his remarkable literary and political awakening.

Convinced she can make a difference in the lives of her teenaged students, Michelle Kuo puts her heart into her work, using quiet reading time and guided writing to foster a sense of self in students left behind by a broken school system. Though Michelle loses some students to gun violence and truancy, she is inspired by students such as Patrick. Fifteen and in the eighth grade, Patrick begins to thrive under Michelle's exacting attention, rising to meet her rigorous expectations. However, after two years of teaching, Michelle feels pressure from her parents and the draw of opportunities outside the Delta, and leaves Arkansas to attend law school. 

Years later, on the eve of her graduation, she learns that Patrick has been jailed for murder. Feeling that she had left the Delta prematurely, and determined to fix her mistake, Michelle returns to Helena and resumes Patrick's education--even as he sits in a jail cell awaiting trial. Every day for the next seven months they pore over classic novels, poems, and works of history. Little by little, Patrick grows into a confident, expressive writer and a dedicated reader galvanized by the works of Frederick Douglass, James Baldwin, Marilynne Robinson, W. S. Merwin, and others. In her time reading with Patrick, Michelle is herself transformed, contending with the legacy of racism and the question of what the privileged owe to those with bleaker prospects.

Merci à Michelle Kuo, à Random House et à NetGalley pour cet exemplaire en avant-première.

https://www.pdsoros.org/news-events/2017/03/27/michelle-kuo-s-memoir-on-race-and-equality

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30 juin 2017

Despacito (Luis Fonsi ft. Daddy Yankee)

Quand tu te lasses de répéter Despacito et même si tu as fait allemand, tu te dis qu'il faudrait apprendre au moins une partie du refrain... (Bon, pas la version de JB.)

Despacito 
Quiero respirar tu cuello despacito 
Deja que te diga cosas al oído 
Para que te acuerdes si no estás conmigo

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27 juin 2017

Everything I Never Told You (Celeste Ng)

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C'est une histoire triste, celle d'une famille après la mort d'un des enfants et les événements qui l'ont précédée.

James et Marilyn se sont rencontrés à l'université. Ils se sont mariés malgré la désapprobation de la mère de Marilyn qui pense que ce n'est pas bien. James est d'origine chinoise et Marilyn, européenne. Il l'aime parce qu'elle se fond dans la masse, elle l'aime parce qu'il ne ressemble à personne d'autre. Ils ont trois enfants : Nath (celui qui a empêché Marilyn d'obtenir son diplôme), Lydia (leur préférée, parce qu'elle a les yeux bleus) et Hannah (celle qui a empêché Marilyn de terminer son diplôme). Marilyn accepte mal de ne pas avoir pu aller aux bouts de ses ambitions et reporte ses rêves sur sa fille complaisante qui n'ose pas lui dire non. Nath, l'aîné en a assez de l'insatisfaction constante de son père, et Hannah est ignorée par toute la famille et se fait toute petite tout le temps.

Le roman est bien écrit, l'histoire est intéressante même si je lui ai trouvé quelques longueurs (je crois que l'auteure a essayé d'en faire trop). La jeunesse de James et de Marilyn est superbement racontée : la discrimination qu'ils ont vécue tous les deux au cours de leurs études, les relations au sein de leurs familles. J'ai particulièrement apprécié la partie sur James et les préjugés auxquels il a dû faire face dans la prep school du Midwest où il était le seul Oriental (je suppose que les Asiatiques devaient être flattés qu'on ne les appelle pas Chinois ou Japonais). La partie sur Marilyn était plus faible, mais intéressante tout de même. Ça, j'ai aimé.

En revanche, j'ai eu du mal avec la dynamique de la famille. Les membres ne communiquent pas (ce qui pourrait éviter beaucoup de drames), ils se cachent tout ou oublient de se dire les choses (et reprochent aux autres de ne pas savoir et de ne rien comprendre), et pensent toujours qu'ils auront le temps plus tard. Ils sont égoïstes et estiment que, s'il arrive quelque chose de mal, c'est de la faute des autres. Et ces parents qui croient qu'élever et motiver un enfant, c'est le critiquer ou le narguer constamment, sans lui expliquer pourquoi. J'ai trouvé cela très pénible à lire et exagéré par moments. Et je me suis aussi demandé pourquoi l'auteure avait choisi de situer son histoire des années 40 aux années 70. Était-ce un peu de lâcheté de sa part ?

Malgré mes réticences à propos de ce premier roman (et comment dire, la "fin" décevante), je le recommande et je lirai certainement le prochain livre de Celeste Ng (pronounced_ing).

https://www.celesteng.com/

Lydia is dead. But they don’t know this yet . . .

So begins the story of this exquisite debut novel, about a Chinese American family living in 1970s small-town Ohio. Lydia is the favorite child of Marilyn and James Lee; their middle daughter, a girl who inherited her mother’s bright blue eyes and her father’s jet-black hair. Her parents are determined that Lydia will fulfill the dreams they were unable to pursue—in Marilyn’s case that her daughter become a doctor rather than a homemaker, in James’s case that Lydia be popular at school, a girl with a busy social life and the center of every party.

When Lydia’s body is found in the local lake, the delicate balancing act that has been keeping the Lee family together is destroyed, tumbling them into chaos. James, consumed by guilt, sets out on a reckless path that may destroy his marriage. Marilyn, devastated and vengeful, is determined to find a responsible party, no matter what the cost. Lydia’s older brother, Nathan, is certain that the neighborhood bad boy Jack is somehow involved. But it’s the youngest of the family—Hannah—who observes far more than anyone realizes and who may be the only one who knows the truth about what happened.

Titre français : Tout ce qu'on ne s'est jamais dit (traduit par Fabrice Pointeau)

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