Sous la grêle osée

23 mai 2019

American Innovations (Rivka Galchen)

AmerInnov

J'aurais dû me méfier quand j'ai lu qu'elle écrivait pour The New Yorker. C'est quand même le magazine qui avait refusé plusieurs nouvelles de Salinger (avant d'en publier 13, certes). C'est un magazine que j'ai toujours trouvé un peu pédant, même si on trouve parfois « de belles choses ». J'aurais dû lire toute la présentation du recueil puisqu'il y est dit qu'il s'agissait d'une réécriture du point de vue féminin de plusieurs œuvres que je n'ai jamais lues. Bref, j'aurais dû me méfier. Surtout si j'avais vu la couverture, elle fait tellement gadget qu'elle ne m'inspire pas tellement. Et je ne m'étendrai pas longtemps sur ce livre.

J'ai souri parfois, mais j'ai surtout trouvé le temps très long. Je n'ai rien compris à certaines nouvelles. Alors oui, Rivka Galchen écrit très bien. Oui, j'ai plutôt aimé la dernière nouvelle et peut-être une autre avant. Mais j'avais surtout envie de secouer les héroïnes qui subissent, se laissent faire et semblent totalement apathiques. Aucun intérêt pour moi. Et j'ai plutôt aimé la dernière nouvelle et peut-être une autre avant. Et je me demande encore comment j'ai réussi à terminer ce recueil.

Je mets la présentation de l'éditeur, comme ça mon billet aura l'air plus long.

In one of the intensely imaginative stories in Rivka's Galchen's American Innovations, a young woman's furniture walks out on her. In another, the narrator feels compelled to promise to deliver a takeout order that has incorrectly been phoned in to her. In a third, the petty details of a property transaction illuminate the complicated pains and loves of a family.
The tales in this groundbreaking collection are secretly in conversation with canonical stories, reimagined from the perspective of female characters. Just as Wallace Stevens's "Anecdote of the Jar" responds to John Keats's "Ode on a Grecian Urn," Galchen's "The Lost Order" covertly recapitulates James Thurber's "The Secret Life of Walter Mitty," while "The Region of Unlikeness" is a smoky and playful mirror to Jorge Luis Borges's "The Aleph." The title story, "American Innovations," revisits Nikolai Gogol's "The Nose."
By turns realistic, fantastical, witty, and lyrical, these marvelously uneasy stories are deeply emotional and written in exuberant, pitch-perfect prose. Whether exploring the tensions in a mother-daughter relationship or the finer points of time travel, Galchen is a writer like none other today.

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22 mai 2019

Split Tooth (Tanya Tagaq)

SplitTooth

Une autrice du Nunavut ? Vous pensez bien que je n'allais pas rater l'occasion de « découvrir » le territoire fédéral le plus récent du Canada dont j'avais appris l'existence à l'occasion d'une traduction. Et puis il y a eu le scandale du cœur de phoque que Michaëlle Jean avait mangé cru par solidarité envers les chasseurs du Nunavut. Et c'est tout ce que j'avais entendu à propos du Nunavut. J'ai lu ensuite que Tanya Tagaq était une chanteuse de gorge inuit réputée. La couverture du livre était plutôt belle, bien que très sobre ; la tranche du livre, elle, est rouge. Le résumé de l'éditeur m'avait plu : une fille qui grandit dans le Nunavut dans les années 70.

Hélas ! J'ai aimé les parties réelles, les anecdotes de la vie de famille , de l'école, entre les enfants. La vie est rude là-haut, et l'alcoolisme et la violence font des ravages. Même les poèmes ne m'ont pas gênée, moi qui suis pourtant réfractaire à la poésie. En revanche, j'ai souffert (comme toujours) pendant les parties oniriques et « spirituelles ». Je concède que le livre est original et que je n'ai certainement jamais lu un tel livre. Mais ce n'est pas du tout mon genre. Oui, j'ai appris des choses sur la vie au Nunavut. Mais l'autrice m'a laissée sur place quand elle décrivait les rêves ou les hallucinations de l'héroïne. Il y a deux ou trois scènes de sexe dans le roman, ce qui n'est pas choquant en soi. Mais l'une d'entre elles est particulièrement répugnante et n'apportait rien au récit (enfin, peut-être que si et c'est moi qui ait mal compris).

Donc, oui, pour en savoir plus sur le Nunavut. Mais non, si comme moi, vous n'êtes pas fan de mythologie et de surnaturel.

J'ai quand même aimé, mais au prix de quelle souffrance !

Le site de Tanya Tagaq : http://tanyatagaq.com/

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21 mai 2019

Sabrina & Corina (Kali Fajardo-Anstine)

SabrCor

Bon, je me répète, mais encore une couverture qui a attiré mon regard quand je suis entrée dans la bibliothèque. Je me suis dit qu'il attendra. Je ne me laisserai pas distraire. Je suis venue chercher Split Tooth et c'est tout. Les bibliothécaires sont sympa : il y a trois exemplaires sur le meuble des nouveautés. Ma sœur en prend un pour le regarder et me dit : Elle est de Denver ! Quoi ? Le fait qu'il s'agisse de nouvelles a fini de me convaincre. Je le lirai aussi. J'aurais autant aimé les nouvelles à mon retour de vacances, mais ça me fait un autre titre pour le challenge Mai en nouvelles de Marie-Claude et d'Électra.

Ces onze nouvelles se déroulent dans le Colorado (à Denver et dans le sud de l'État, près des montagnes Sangre de Cristo) à diverses époques. Les personnages principaux sont des Chicanas d'âges différents. Les thèmes de la famille, de la tradition, de la violence contre les femmes, du racisme et de la gentrification (dans le Northside de Denver) sont abordés. L'écriture est directe et naturelle, et les histoires percutantes où l'autrice n'hésite pas à condamner toutes sortes d'injustices.

J'ai beaucoup aimé l'évocation de la culture chicana. J'ai beaucoup aimé la description de l'évolution de Denver, en particulier de quartiers où j'allais souvent à mon arrivée dans le Colorado (moi qui ai fait allemand, je sortais plutôt avec mes collègues hispanophones) et que je ne connais plus. J'ai quitté le centre-ville de Denver depuis 17 ans et j'y retourne rarement. Mais à chaque fois, je vois comment on détruit les belles petites maisons en brique pour les remplacer par ces monstrueuses caisses en contreplaqué qui coûtent un bras ou ces gigantesques immeubles où les appartements sont hors de prix. J'ai beaucoup aimé également la description de la vie dans une petite ville du sud du Colorado que les gens quittent pour trouver une vie meilleure dans la capitale ou dans un autre État. Et j'ai beaucoup aimé cette nouvelle où une jeune femme aide son neveu à surmonter l'abandon de sa mère grâce à la lecture.

J'ai du mal à parler de ce recueil qui m'a enthousiasmée. Et j'espère relire très bientôt Kali Fajardo-Anstine. Je recommande évidemment pour découvrir un point de vue original.

Le sujet de la gentrification du Northside est traité de manière humoristique dans cette série sur YouTube : https://www.youtube.com/channel/UCanyLJHlwzuS0qnmtMilsmQ

Une interview de Kali Fajardo-Anstine : https://www.westword.com/arts/kali-fajardo-anstine-talks-about-sabrina-and-corina-heritage-and-home-11270748

L'autrice a laissé trois cœurs sur mon Instagram.

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20 mai 2019

The Music of What Happens (Bill Konigsberg)

MusicHappens

Là encore, c'est la couverture qui m'a plu. Le titre aussi : il y a le mot music dedans. L'histoire avait l'air plutôt sympa, même s'il s'agit d'une rom-com YA avec personnages ou thèmes (je ne sais plus) LGBTQ et que le His "wives" du résumé de l'éditeur ne m'inspirait pas plus que ça (j'avais bien raison de me méfier. C'était la partie la plus ratée du livre. Mais j'anticipe.). Mais apparemment, Bill Konigsberg est un auteur primé et le livre est bien noté sur goodreads.

Max et Jordan fréquentent le même lycée à Chandler en Arizona, mais évoluent dans des cercles très différents. Max est un athlète populaire (bon, il joue au baseball), traîne tout le temps avec deux de ses coéquipiers à qui il n'a pas caché son homosexualité, vit avec sa mère (son père est un comique irresponsable qui habite dans le Colorado) et a un secret très lourd. Jordan vit aussi avec sa mère (qui ne se remet pas de la mort de son mari quelques années plus tôt et qui compte sur son fils pour tout), traîne tout le temps avec ses deux meilleures amies qu'il appelle ses femmes (mouais !) et rêve d'avoir son premier petit ami. C'est le début des vacances. Pour gagner de l'argent, Jordan et sa mère (qui risquent de se retrouver bientôt à la rue) ressortent le camion-restaurant (food-truck en français) du père et l'installent près du marché de la ville. Ils ne savent ni l'un ni l'autre faire la cuisine, ni faire fonctionner les appareils du camion. Après la énième crise de la mère, Max, qui se trouvait dans les parages, est embauché pour faire tourner le camion avec Jordan. La mère peut continuer à ne rien faire et tout laisser sur le compte de son fils. Max et Jordan vont se découvrir pendant l'été et essayer de se comprendre.

Rien à dire sur les personnages principaux : ils sont bien campés, très crédibles, ouverts et vulnérables ce qu'il faut. Les mères sont plutôt réussies elles aussi, même si la mère de Jordan est loin d'être mon personnage préféré. Les copains de Max, ça va ; leurs interventions sont un peu répétitives, mais ça va. En revanche, les « femmes » de Jordan sont caricaturales et imbuvables. Je veux bien croire qu'il existe des gens comme ça, mais je peine à croire que Jordan qui doit faire face à l'immaturité de sa mère et est affligé par le décès de son père, ait de la patience pour elles. Leurs petites disputes m'ont fait rire un peu au début. Je sais comment nous les filles, nous sommes entre nous (j'ai été traitée de garce pour moins que ça). J'en ai eu très vite marre. Voilà pour les personnages. Le déroulement de l'histoire, un peu prévisible par moments, est juste et bien coordonné. Et puis, le côté rom-com n'est pas du tout gnangnan et même plutôt charmant. Et j'aime la façon dont l'auteur a traité de manière franche un sujet très difficile. Un très bon roman YA.

Le site de l'auteur : https://billkonigsberg.com/

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19 mai 2019

Glass Beads (Dawn Dumont)

GlassBeads

Avec cette couverture, comment résister ?

J'avais complètement craqué pour Nobody Cries at Bingo. Ici, nous retrouvons Saskatoon (entre autres) dans le Saskatchewan avec des protagonistes plus âgés. Nous suivons quatre personnages (deux femmes et deux hommes) depuis la première année après le lycée jusqu'à l'âge des « responsabilités ». Les nouvelles se passent à différentes époques et nous permettent de voir les personnages évoluer. Nellie, Julie et Everett se connaissent depuis l'enfance : ils vivent dans la même réserve et vont à l'école ensemble. La belle Julie a été abandonnée par sa mère et passe de familles d'accueil à sa propre famille (qui ne vaut guère mieux que les familles d'accueil). À l'âge de six ans, Everett quitte la ville avec sa mère (qui souffre de problèmes mentaux) pour venir vivre dans la réserve. Quatre ans plus tard, sa mère retourne en ville en laissant Everett chez son oncle. Pour ne plus être une charge pour ce dernier, il part à son tour quelques années plus tard. Nellie (qui veut devenir avocate) est à l'université à Saskatoon où sa vie sociale est inexistante (malgré ce qu'elle raconte à qui veut l'entendre) en raison de sa timidité et malgré tous ses efforts. Elle est amoureuse d'Everett et fait des projets pour quand ils seront mariés. Lors d'une réunion du NSC (Native Student Council), elle rencontre le quatrième personnage, Taz, qui vient d'une réserve du nord. Elle le trouve arrogant : il lui coupe la parole (alors qu'il n'est pas membre du conseil), et a eu l'audace de lui demander pourquoi elle ne parlait pas le cree et pourquoi elle ne suivait pas les cours offerts à l'université pour l'apprendre. Pourtant, il se joint à leur groupe. Et nous voyons nos personnages affronter la vie en ville : rendez-vous avec des blancs, racisme, prison, découverte de soi, traditions.

Même si on retrouve l'humour de Dawn Dumont, les sujets abordés sont plus difficiles et le livre, plus brutal. On se demande comment les autochtones, et surtout les femmes, survivent dans un environnement aussi hostile. Surtout les femmes pour qui le danger vient autant des non-autochtones que de leur communauté. Pourtant, elles sont fortes comme Julie, qui semble se laisser porter, mais qui se révèle très volontaire, et Nellie qui se bat pour tout ce qu'elle a et qui, malgré ses doutes et ses complexes, obtient ce qu'elle souhaite le plus.

J'ai trouvé ce recueil plus mélancolique et plus désabusé que Nobody Cries at Bingo. Une autre tonalité, mais tout aussi éloquent.

À lire

Challenge Mai en nouvelles d'Electra et de Marie-Claude

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27 avril 2019

Cropper's Cabin (Jim Thompson)

CropCab

Comme je n'avais pas encore lu Jim Thompson et qu'il s'agissait du poche du mois du Picabo River Book Club, j'ai réservé ce titre à la bibliothèque. J'avais bien Pop. 1280 dans ma LAL, mais ce serait pour une autre fois. Dans l'édition que j'ai lue (une réédition de 1987, l'originale étant de 1952), l'auteur de l'avant-propos remarquait que Jim Thompson était très populaire en France, mais qu'il était un peu oublié dans son pays. C'est vrai qu'en France, on aime les romans noirs américains. Et Jim Thompson est apparemment un grand du genre : Nobody else ever wrote books like these (Barry Gifford).

Tommy et Donna sont amoureux. Ils se voient en cachette dès qu'ils le peuvent. Tommy est toujours lycéen à 19 ans et vit avec son père adoptif et Mary, une femme d'une trentaine d'années que son père a « adoptée » pour qu'elle s'occupe de lui. Ce père est métayer, possède un petit terrain et travaille la terre du père de Donna, l'homme le plus riche du coin. Tommy est blanc et Donna, indienne. Leur liaison serait certainement mal vue par le père de Tommy, un homme raciste, très croyant, vindicatif et qui n'est jamais responsable de rien. Il n'admet pas que le père de Donna soit riche et lui, non. Quand ce dernier refuse de laisser les prospecteurs pétroliers exploiter ses terres (et donc de retirer leur gagne-pain à ses métayers), c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Et Tommy se retrouve mêlé à tout ça.

Les avis négatifs sur goodreads disaient que c'était l'un des plus mauvais livres de Jim Thompson et qu'il ne rendait pas justice à cet écrivain. Je veux bien les croire. Même si j'ai trouvé le côté sordide plutôt réussi et inventif, le reste n'était pas à la hauteur. Tommy est un peu trop girouette, un peu trop borné, pas très fûté et son comportement n'est pas très crédible. Heureusement, le livre est court. C'est un peu dommage d'avoir gâché une bonne idée comme ça. Pas une déception totale, puisque j'ai quand même envie de tenter Pop. 1280.

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24 avril 2019

The Parade (Dave Eggers)

Parade

Je n'avais rien lu de Dave Eggers depuis et à part Zeitoun. Et cette fois-ci, il s'agit d'un roman.

Sur un continent inconnu, dans un pays inconnu, deux étrangers sont chargés de goudronner et de marquer la route qui mène à la capitale. Le pays sort enfin d'une décennie de guerre civile et le président (dont la femme a été tuée par le camp adverse) a décidé de construire cette route pour (ré)unir les deux moitiés du pays et célébrer la fin des hostilités. Les deux hommes, désignés par Four et Nine, arrivent la veille du début du chantier où tout est déjà en place : la finisseuse ultramoderne, l'ATV que doit conduire Nine pour repérer les lieux et tout ce qui risquerait de ralentir le travail, les conteneurs de goudron et de peinture situés à distance régulière. Ils doivent réaliser un certain nombre de kilomètres par jour, passer la nuit près de la finisseuse, regarder droit devant eux et n'avoir aucun contact avec la population. Four n'en est pas à sa première mission, il suit les instructions à la lettre et espère finir avant la date prévue pour retrouver plus vite sa famille. Nine, en revanche, est novice, parle la langue locale et veut profiter du chantier pour explorer le pays et passer du temps avec la population. Inutile de dire que les choses ne se passent pas comme prévu, évidemment à cause de Nine qui n'en fait qu'à sa tête. Mais je n'en dis pas plus.

C'est ma sœur qui a emprunté ce roman à la bibliothèque (même si c'est moi qui le lui avais montré parmi les nouveautés). Quand elle l'a terminé, elle m'a dit qu'il fallait absolument que je le lise. Je me disais que si c'est encore un roman où le « non-conventionnel » veut montrer au gars discipliné ce qu'est la vie et qu'il faut profiter de toutes les occasions, ça allait m'agacer. Bon, il y a un peu de ça dans ce roman, mais Dave Eggers pousse les choses tellement plus loin que j'ai été époustouflée. Nine est irrécupérable, mais Four est tellement humain qu'il en est émouvant. Quant à la fin... Je ne l'avais pas vue venir.

Livre remarquable et différent. J'aime beaucoup le style de Dave Eggers. Je pense que j'en lirai d'autres. Peut-être pas un coup de cœur, mais tout près, tout près.

Le site de l'auteur : https://daveeggers.net/dave-eggers

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23 avril 2019

Mother Country (Irina Reyn)

MotherCountry

Toujours la conférence « Let’s Talk About Race, Baby: Let’s Talk About You and Me » animée par Jean Kwok et encore un livre qui ne me tentait pas du tout, malgré la couverture et malgré l'Ukraine. Et bien contrairement avec ce qui s'est passé pour The Atlas of Reds and Blues, j'ai un peu regretté de m'être laissée tenter à la bibliothèque. Malgré l'histoire assez plaisante, j'ai eu du mal à le terminer. J'ai trouvé les personnages assez quelconques, à la limite de la caricature (les Américains super aimables et discrets, et les ex-Soviétiques mal dégrossis et sans-gêne). Il m'a manqué quelque chose.

Nadia est Ukrainienne (et Russe ethnique) de Crimée et vit à Brooklyn depuis six ans. Elle a dû laisser en Ukraine sa fille Larissa car celle-ci a eu 21 ans la semaine avant le rendez-vous à l'ambassade américaine pour l'obtention de la carte verte (j'ai l'impression que l'autrice ne s'est pas trop renseignée à ce sujet et que les détails sont un peu fantaisistes). Larissa lui en veut car elle se sent abandonnée et n'accepte que sporadiquement de communiquer avec sa mère. La guerre éclate en Crimée et Nadia espère sortir très vite sa fille de cet enfer. À Brooklyn, Nadia s'occupe au noir d'une petite fille dont la mère (arrivée très jeune aux États-Unis) aimerait qu'elle connaisse la culture russe et officiellement (il lui faut des fiches de paie pour prouver qu'elle travaille) d'un vieil homme diabétique dont elle « partage les soins » avec une vraie Ukrainienne. Nadia se retrouve entre deux mondes : les Russes qui la considèrent avec condescendance car elle n'est qu'Ukrainienne et les Ukrainiens pour qui elle est une traîtresse. Le roman retrace l'histoire de l'Ukraine et évoque la tragédie de Tchernobyl, l'indépendance de l'Ukraine (et les révolutions qui ont suivi) et l'annexion de la Crimée par la Russie.

Si j'ai aimé le livre pour les références culturelles sur la Russie et l'Ukraine (traditions, chanteurs, acteurs, auteurs, cuisine et réseaux sociaux), l'histoire ne m'a pas ravie plus que ça. Les références culturelles semblent d'ailleurs être des prétextes pour étoffer le livre et sont à la limite du remplissage. Dans l'ensemble, le roman se laisse lire, mais je pense que la vie des émigrés ex-soviétiques aux États-Unis aurait mérité d'être approfondie. (Ou bien, c'est à moi de rechercher des livres sur ce sujet.)

À vous de voir.

Le site de l'autrice : http://irinareyn.com/

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19 avril 2019

Elle voulait qu'on l'appelle Venise (Julien Clerc)

Il y aura 20 ans demain, j'allais voir Julien Clerc en concert à Denver. Le même jour avait lieu un autre événement, tragique celui-là. Mais apparemment, ça ne change rien pour certains.

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05 avril 2019

I Say a Little Prayer (David Michael Johnson)

Les années 90. Tout était remixé en dance. Et j'adorais cette chanson.

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