Sous la grêle osée

25 mars 2017

Kill 'Em and Leave (James McBride)

killem

Il ne s'agit pas d'une biographie classique et chronologique, et James McBride ajoute beaucoup de souvenirs personnels. Cet aspect qui m'avait déplu dans le livre de Wideman a eu l'effet inverse dans ce livre ; peut-être parce que j'ai trouvé les souvenirs de James McBride plus intéressants : son enfance pas loin de chez James Brown, la tournée Jackson Victory Tour... En revanche, j'ai moins aimé quand il évoque son divorce. C'était un peu trop personnel pour moi.

J'ai un peu de mal à résumer et à critiquer une biographie. Alors, je vais noter mes idées comme elles viennent.

Parce qu'il a besoin d'argent, James McBride accepte d'écrire la biographie de James Brown. Il pense ne pas être la personne qu'il faut et veut même que la tâche soit  confiée à une autre journaliste. Mais le type qui vend cette histoire exclusive insiste pour avoir un auteur noir. James McBride accepte à contrecœur. Et se retrouve dans le Sud pour rencontrer la famille et les amis de James Brown.

James McBride insiste beaucoup sur le testament de James Brown contesté dès sa lecture par la famille du défunt. Celui-ci avait décidé que son argent (son patrimoine était estimé à 100 millions de dollars) servirait à l'éducation des enfants nécessiteux de Géorgie et de Caroline du Sud, et à fournir des bourses à ses petits-enfants. Selon la famille, les trois représentants désignés par James Brown auraient profité de son état de faiblesse. L'un d'entre eux est d'ailleurs ruiné en raison des procès à répétition intentés par les avocats de la famille qui l'accusent d'avoir détourné l'argent de la succession et de le dissimuler quelque part. 47 procès, 4000 pages de procédures, 90 avocats, 10 ans dans les tribunaux. Le testament de James Brown est toujours contesté et son cercueil est toujours dans une crypte sur la propriété d'une de ses filles. Les enfants nécessiteux de Géorgie et de Caroline du Sud n'ont pas vu un centime. Et le patrimoine a perdu beaucoup de valeur ; il faut bien payer tous ces avocats.

James McBride parle aussi de l'homme et du chanteur. Un homme méfiant, tyrannique, généreux, paranoïaque, musicien et artiste hors pair. Il égratigne au passage l'Amérique, la famille de James Brown, les charognes qui ont profité et profitent de lui, la Caroline du Sud et Mick Jagger (c'est court mais bien servi). J'ai préféré les interviews de ses proches : sa première femme, son fils et son petit-fils, la femme de son meilleur ami, un de ses musiciens, son avocat/comptable, son fils "adoptif" Al Sharpton et son assistant.

J'ai trouvé James McBride un peu trop indulgent avec James Brown parfois, mais le livre est vraiment spécial. Je ne suis pas particulièrement fan de James Brown, j'ai choisi ce livre pour son auteur. Il donne vraiment envie d'en apprendre plus sur James Brown. À lire.

http://www.jamesmcbride.com/index.php

National Book Award winner James McBride goes in search of the “real” James Brown—and his surprising journey illuminates not only our understanding of the Godfather of Soul but the ways in which our cultural heritage has been shaped by Brown’s legacy.

A product of the complicated history of the American South, James Brown was a cultural shape-shifter who arguably had the greatest influence on American popular music of any artist. Brown was long a figure of fascination for James McBride, a professional musician as well as a writer. When McBride receives a tip that promises to uncover the man behind the myth, he follows a trail that reveals the personal, musical, and societal influences that created this immensely troubled, misunderstood, and complicated soul genius. James McBride is one of the most distinctive and electric voices in American literature today, and in Kill ’Em and Leave he uncovers a story that helps to explain Brown’s legacy: the cultural landscape of America today.

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24 mars 2017

La mia storia tra le dita (Giancarlo Grignani)

C'est sur une compilation de musique latine que j'ai entendu cette chanson pour la première fois. C'était une reprise en espagnol sur un rythme de salsa (par Mickey Taveras). Son titre : Mi historia entre tus dedos. Quelle surprise d'apprendre qu'il s'agissait à l'origine d'une chanson italienne de Giancarlo Grignani, qui l'a également interprétée en espagnol. (Il existe d'ailleurs des centaines de versions dans cette langue, en cumbia, en norteña...) Wikipedia parle aussi de versions en portugais. Un tube planétaire quoi !

J'ai un faible pour la version du chanteur cordobais Miguel Alejandro : https://www.youtube.com/watch?v=xJlwKFpLJQo

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23 mars 2017

Pour rendre un livre...

il n'est pas nécessaire que la bibliothèque soit ouverte. On peut le mettre dans (ce qu'on appelle au Québec) des chutes à livres ou à documents. Elles sont encastrées ou sur pieds. Parfois, s'il n'y a qu'une fente, on ne peut rendre que des livres, pour éviter d'écraser les CD et DVD. Parfois il y a deux fentes : Books et Media. On peut rendre ses livres sans quitter sa voiture.

   book return   book drop

 

 

deposit-new

 

Sans quitter sa voiture ? À voir ! La bibliothèque a installé un nouveau modèle pour les returns. La machine est moderne et donne un reçu. Ce qui est pratique pour éviter les amendes si tu rends le livre en retard. Il nous est arrivé de rendre les documents dans les temps (enfin, avant l'expiration du délai de grâce) mais de recevoir une amende parce que la boîte n'avait pas été vidée. Les bibliothécaires nous l'ont retirée mais on sentait qu'elles ne nous croyaient pas vraiment quand nous avons expliqué la situation.  

Voici donc le nouveau modèle. Le principe est expliqué dans cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=I7_wl9opir8

IMG_3687   IMG_3688

Mais je voudrais faire remarquer que la machine est placée trop haut. Tout le monde ne conduit pas un monstre. J'ai dû sortir de ma voiture pour prendre mon reçu.

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20 mars 2017

Never Mind (Edward St. Aubyn)

Melrose

Pour vous dire comme je connais peu la littérature britannique contemporaine. Le tweet suivant sur le site de Picador m'a intriguée (il ne s'agit pas tout à fait du tweet que j'avais vu à l'origine, mais l'idée y est) :

On parle de classiques. On parle de personnage bien-aimé. Et évidemment, je n'en ai jamais entendu parler. Le tournage n'ayant pas encore débuté, je décide de combler immédiatement cette lacune. Je trouve à la bibliothèque un volume comportant les quatre premiers tomes de la série The Patrick Melrose Novels qui est en fait une pentalogie (un critique de The Guardian l'a appelée Melrosiad). Si le premier ne me plaît pas... Je vais à la bibliothèque chercher mon volume. L'unique machine d'emprunt automatique est occupée et je dois donc demander au bibliothécaire de faire l'enregistrement pour moi. Il fait une drôle de tête en voyant la couverture (c'est vrai qu'elle ne m'impressionne pas des masses non plus). Je ne suis peut-être pas la seule à ne pas connaître Edward St. Aubyn.

Le livre est court, mais que d'horreurs, que de cruauté en si peu de pages. L'histoire se déroule sur un peu plus d'une journée. La famille Melrose habite une grande maison dans le Sud de la France. Le père anglais, David, est un homme sadique et pervers. La mère américaine, Eleanor, est terrorisée par son mari. Le fils, Patrick, 5 ans, admire son père, mais le craint. Autour d'eux, d'autres personnages, des domestiques et des invités.

Je comprends que l'écriture plaise, mais il faut s'accrocher. Certaines scènes sont vraiment dures. D'autant que le roman est semi-autobiographique. Je vais lire le deuxième tome, Bad News, mais j'attendrai un peu pour les trois autres.

À lire pour comprendre pourquoi la future adaptation des romans fait grand bruit et pourquoi Benedict Cumberbatch considère que c'est le rôle de ses rêves (même s'il est évident qu'il ne pourra pas jouer Patrick enfant).

Dans l'extrait d'article ci-dessous, Edward St. Aubyn reconnaît qu'il est Patrick. À ne pas lire si vous souhaitez découvrir le roman. (Il faut mettre le texte en surbrillance pour le lire.)

https://www.theguardian.com/books/2006/jan/08/fiction.edwardstaubyn

In the early 1990s, when he published Some Hope, a trilogy (Picador reissue, £12.99) about a character not unlike himself called Patrick Melrose, he initially avoided interviews. Then, one day, he just came out with it. A journalist asked him: 'So you wrote about a five-year-old being raped by his father because that's what happened to you?' After a pause, he replied: 'Yes. Why not say that?' After this, there was no going back. These days, he does not regret his honesty - why should he? - but it is a bore, being dragged down this narrow, briared path all over again.

17 mars 2017

Return of the Mack (Mark Morrison)

La chanson est sortie un an avant mon départ pour les États-Unis, mais c'est le premier (ou le deuxième) CD que j'y ai acheté. Elle est toujours aussi superbe.

Sister : Un peu de Genius of Love.

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16 mars 2017

Noces de porcelaine

Été 1996, après 2 ans et demi à Bruxelles, je me dis qu'il est temps de quitter la Belgique et me lance dans la recherche d'un poste en France ou ailleurs (en Irlande et aux Etats-Unis notamment).

J'ai écrit à Microsoft (mon test n'était apparemment pas terrible).

Mon école de traduction m'envoie quelques annonces :

J'écris à une boîte dans le Massachusetts (je passe même un coup de fil. C'est une ancienne de mon école qui a transmis l'annonce. J'attends toujours la réponse.).

J'écris à une agence dans le Sud de la France (je passe même un coup de fil. C'est une ancienne collègue qui a transmis l'annonce et je connais au moins deux autres employés. J'attends toujours la réponse.).

J'écris à France 1998 (vous savez, la Coupe du Monde) et suis même convoquée à un entretien.

J'écris à un très grand éditeur de logiciels (dans le domaine où je venais justement d'acquérir 2 ans et demi d'expérience à Bruxelles) et j'attends, j'attends.

Je reçois une autre annonce de la part de mon école et je décide de téléphoner (un numéro est fourni). C'est un poste à Denver, dans le Colorado, chez un éditeur de logiciels (dans le domaine où je venais justement d'acquérir 2 ans et demi d'expérience à Bruxelles). Je discute avec la chef d'équipe qui a le temps de me dire (quand même) qu'il n'est pas dit qu'ils me prendront et qu'il faut déjà que mon CV convienne. (Non, sans blague. J'ai lu l'annonce et je sais que mon CV correspond au poste.). Elle me donne son adresse électronique (oui, à l'époque, j'étais déjà équipée avec modem et tout). J'envoie le CV. Elle me rappelle le lendemain un peu gênée : Votre CV est super intéressant. Je vous envoie un test. Elle tente de me le faxer toujours par l'intermédiaire du modem. Ma mère décroche la première fois (alors que j'avais prévenu). Les autres tentatives échouent aussi (mais personne ne me rappelle, ni ne m'envoie de message). Le lendemain, un taxi arrive devant chez moi (nous étions au rez-de-chaussée de l'immeuble) et le chauffeur remet à ma sœur (j'étais sous la douche) une enveloppe DHL (c'était ça à l'époque). Je fais le test aussitôt et le renvoie le jour même. La chef me rappelle et me dit que j'ai réussi le test et quand est-ce que vous pouvez venir à Denver ?

À la même époque, je vois dans le journal de l'APEC (j'étais abonnée ou j'avais trouvé ledit journal à l'ANPE) une annonce pour un poste de traducteur dans une société de banlieue parisienne, dans le domaine où je venais justement d'acquérir 2 ans et demi d'expérience à Bruxelles. J'envoie mon CV.

Et je passe un entretien téléphonique avec Microsoft qui recherchait des chefs de projets pour l'Irlande. Je n'étais pas trop préparée, mais au moins, ça m'a permis d'apprendre le type de questions que posent les recruteurs dans les sociétés américaines.

Samedi 19 octobre, je m'envole pour Denver. Ma sœur a la gentillesse de m'accompagner (en fait, je pense qu'elle avait envie de retourner aux États-Unis). C'est la chef qui vient nous chercher à l'aéroport. Je n'avais pas conduit depuis plus cinq ans et je ne me voyais pas me réhabituer sur une autoroute américaine. Elle nous emmène à l'appartement meublé (c'est mieux qu'à l'hôtel) et nous laisse la voiture de location. Elle me dit que j'ai rendez-vous lundi au bureau pour rencontrer l'équipe et déjeuner avec elle, et passer un deuxième test ; et mardi, je petit-déjeunerai avec elle et la chef du service de traduction. Tout se passe bien. Nous profitons de la voiture de location et de la non-fermeture des supermarchés pour faire quelques courses le dimanche matin ; aller au mall et faire un tour au centre-ville. Et nous repartons le mercredi. Avant la fin de la semaine, la chef d'équipe m'annonce que je suis prise et qu'il va falloir commencer la procédure pour la demande de visa. (J'appelle la femme de France 1998 pour savoir où en est le recrutement. Elle me dit d'accepter l'offre parce qu'elle ne prendra pas de décision tout de suite.)

Début novembre, je reçois une lettre de l'APEC m'annonçant que ma candidature a été transmise à la société de banlieue parisienne. Bien ! De toute façon, j'ai déjà accepté le poste à Denver. Et j'ai bien fait car, le 26 novembre, la responsable des ressources humaines de la société de banlieue parisienne m'envoie une, non deux lettres (identiques) pour m'indiquer que mon expérience ne correspond pas du tout à ce qu'ils recherchent. Marrant ! Je viens d'être embauchée par la société numéro 5 du secteur et votre société est la numéro 3. Marrant ! Je travaillais chez un de vos concurrents en Belgique. Marrant ! Le 10 décembre, je reçois un appel de la responsable des ressources humaines du très grand éditeur (qui se trouve être numéro 2 du secteur) qui me dit que mon CV est super intéressant et qu'elle aimerait me convoquer à un entretien. Trop tard ! Je viens d'être embauchée par un de vos concurrents et j'attends mon visa. (Et d'abord, mon CV était déjà intéressant en septembre. Pourquoi attendre si longtemps ? On voit qu'il y a du chômage en France.) Elle me répète trois ou quatre fois : Mince, c'est dommage ! (Surtout que ce très grand éditeur a fini par manger tout le monde.)

L'obtention du visa n'a pas été de tout repos. En effet, l'employé de la société chargée d'évaluer mes diplômes connaît la Sorbonne, mais pas la Sorbonne Nouvelle. Je me demande quel diplôme est exigé pour être évaluateur de diplômes. Bref, je traduis la brochure de mon école et l'employé se contente de recopier ma traduction dans son évaluation. Ben voyons ! Mais j'obtiens mon visa que je vais chercher au consulat des États-Unis. C'était en 1997 et l'accès au consulat américain était moins strict (mais les employés étaient toujours aussi mal élevés).

Le samedi 15 mars, je partais pour Denver. Le lundi 17, je débutais dans cet immeuble.

tufts

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15 mars 2017

Oui, comme des princes...

Je remets donc à demain le billet prévu pour aujourd'hui. Il faut absolument que je salue la qualification de mon club pour les quarts de finale de la Ligue des champions. Allez Monaco !

Monaco

L'équipe

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10 mars 2017

Knowing Me, Knowing You (Abba)

Je n'aime pas spécialement cette chanson (et le clip n'est pas très recherché), mais elle m'a été soufflée par le quiz suivant : http://metv.com/quiz/how-well-do-you-remember-these-abba-lyrics

Mon score : 8/10

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09 mars 2017

Des frites et un Coca pour accompagner ça

Il y a deux jours, le fil d'actualité de Yahoo! comportait un article sur les dix aliments dont la surconsommation ou la sous-consommation contribuent aux maladies cardiométaboliques, et ainsi à la moitié des décès aux Etats-Unis. Il s'agit d'une étude menée à Tufts University et dont les résultats ont été publiés mardi dans le Journal of the American Medical Association. Parmi les produits sous-consommés figurent les fruits à coque et graines, poissons (saumon et sardines), fruits et légumes, et céréales complètes. Pour les produits surconsommés, nous avons les viandes transformées (notamment le bacon, la mortadelle et la saucisse à hot-dog), la viande rouge (steaks et steaks hachés) et les boissons sucrées (sodas).

J'ai tout de suite pensé à cette publicité que j'ai vue il y a une quinzaine de jours. Carl's Jr. nous annonce que son breakfast burger est maintenant offert toute la journée. Quand j'ai vu la bête, j'ai senti mon cholestérol monter.

carls-breakfast-burger

 

Des œufs brouillés, du fromage en tranche, du bacon, des hash browns (des galettes de pommes de terre qui ressemblent vaguement aux röstis suisses) et, bien sûr, un steak haché (simple, double ou épais de 150 g). 830 calories, 46 g de lipides (275 mg de cholestérol) et 1570 mg de sodium.

J'ai aimé cette phrase dans un article qui reprenait cette nouvelle : It may sound like a familiar attack on the typical American diet. Je n'ai pas pris la peine de lire les 5259 réactions à l'article, j'ai peur de m'instruire.

Directives alimentaires à l'usage des Américains :

https://www.choosemyplate.gov/dietary-guidelines

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08 mars 2017

64 (ロクヨン) (横山秀夫)

64

J'ai été intriguée par l'article du Guardian à propos de ce roman : Six Four by Hideo Yokoyama – the crime thriller that is a publishing phenomenon in Japan. Dès le titre, c'était décidé. Il me fallait ce livre. Enfin... Il fallait que ma bibliothèque ait ce livre. Elle l'avait commandé (il devait sortir le 7 février aux Etats-Unis) et j'étais première sur la liste. 566 pages, j'étais prête !

Mais aïe ! Le livre commence par une liste de personnages de deux pages. Avec leur titre et le service/le journal pour lesquels ils travaillent. Mais je ne vais pas m'y retrouver. En fait, si. Je n'ai eu à vérifier le nom d'un personnage qu'une seule fois. Je m'étais inquiétée pour rien.

Je savais déjà que j'aurais du mal à comprendre certaines actions et réactions. C'est toujours comme ça dans les romans et les films japonais. Sur 566 pages, ce fut évidemment le cas. Et ce besoin constant de ne pas perdre la face. Pour des raisons vraiment subtiles parfois. En revanche, je m'attendais moins à la brutalité, plus psychologique que physique, que fait subir la hiérarchie (ou le groupe) aux employés de base (aux plus faibles). Et l'auteur s'étend longuement sur cet aspect, au point que l'on se demande quand l'enquête va enfin commencer. Du point de vue sociologique, c'est intéressant de savoir comment se déroulent les relations au travail ou dans la vie. Mais quand on lit un roman policier, on s'attend à plus d'action. Dans 64, on a plutôt l'impression d'avoir affaire à une étude sur la guéguerre entre différents services de la police japonaise, entre l'administratif et "l'investigatif", entre les dirigeants de Tokyo et les chefs de la police locale. Quant au héros, Mikami, il passe son temps à émettre des hypothèses, pour les invalider la minute d'après. J'ai failli arrêter. Mais la curiosité l'a emporté et heureusement... La fin est incroyable (j'ai versé ma petite larme en racontant l'histoire à ma sœur) et vaut bien les centaines de pages "philosophiques". Je ne suis pas surprise que l'on ait tiré un film (de quatre heures) du roman. Je veux le voir absolument. Ma sœur aussi.

L'histoire quand même. Mikami, ancien enquêteur de la criminelle, a été muté à la tête du service des relations avec la presse. Il vit ce transfert comme une punition et ne rêve que de retourner au service des enquêtes criminelles. Chez lui, rien ne va plus. Sa fille adolescente a fait une fugue, et sa femme et lui sont sans nouvelles depuis trois mois. Et tout cela a lieu alors qu'arrive à son terme le délai de prescription pour l'enlèvement et l'assassinat d'une fillette 14 ans auparavant. Le titre du roman, 64, désigne la dernière année du règne de l'empereur Hirohito et l'année de ce crime dont l'auteur court toujours. Mikami doit naviguer entre les deux services qui s'affrontent, celui des affaires administratives (pour lequel il travaille à contrecœur) et celui des enquêtes criminelles (auquel son cœur appartient), et ménager tout le monde pour éviter d'être catalogué de traître.

Et je vais m'arrêter là. À lire absolument, avec patience, car la fin vaut vraiment la peine.

For five days in January 1989, the parents of a seven-year-old Tokyo schoolgirl sat and listened to the demands of their daughter's kidnapper. They would never learn his identity. They would never see their daughter again.

For the fourteen years that followed, the Japanese public listened to the police's apologies. They would never forget the botched investigation that became known as 'Six Four'. They would never forgive the authorities their failure.

For one week in late 2002, the press officer attached to the police department in question confronted an anomaly in the case. He could never imagine what he would uncover. He would never have looked if he'd known what he would find.

Traduction : Jonathan Lloyd-Davies

http://64-movie.jp/

Avec sous-titres en anglais : https://www.youtube.com/watch?v=WzW7XRTA67o 

64 affiche japonais   64 affiche

 

roku yon

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