Sous la grêle osée

24 septembre 2018

Dora Bruder (Patrick Modiano)

DBruder

J'avais été prévenue : ma sœur n'avait pas aimé (pourtant elle aime l'auteur) et Autist Reading s'était ennuyé. C'est un des livres préférés (le livre préféré ?) de Galéa (mais elle, elle est fan comme toi). Alors ? Avec qui suis-je d'accord ? Avec Galéa, bien sûr. Quel livre touchant (mais c'est Modiano) et bouleversant ! Quand je l'ai terminé, ma sœur m'a demandé : Alors ? J'ai levé mon pouce et je lui ai dit : « C'est Modiano. » Bon, elle avait déjà envie de le relire, mais je l'ai encore plus convaincue de le faire.

Je n'ai qu'un reproche à propos de ce livre. Même s'il dénonce les atrocités commises pendant la guerre, j'ai trouvé Modiano un peu indulgent avec les fonctionnaires de Vichy. Certainement qu'ils obéissaient aux ordres, mais pas que... Enfin, c'est une impression que j'ai eue à la lecture.

Comme je ne pourrai rien écrire de plus (désolée, mais je ne sais pas expliquer Modiano), je vous donne le résumé du site Gallimard :

Dans une vieille édition de Paris-Soir, celle du 31 décembre 1941, le narrateur lit, par hasard, une petite annonce dans la rubrique «D'hier à aujourd'hui». On y recherche une fugueuse âgée de quinze ans, Dora Bruder. Hier, c'est le temps du Paris occupé, de l'étoile jaune, des rafles et des internements ; aujourd'hui, ce sont les dernières années du vingtième siècle, quand ce passé tragique taraude les vivants. Entre le 25 février 1926, jour de la naissance de Dora, et le 13 août 1942, date de son internement au camp de Drancy, l'écrivain enquêteur recherche les étincelles de vie qui combattent l'ensevelissement par l'oubli, et les transmet au lecteur avec justesse et émotion.

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Gallimard-Education/La-Bibliotheque-Gallimard/Dora-Bruder

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21 septembre 2018

Vive la France ! (François Morel)

Parce qu'il y en a trop qui font semblant de ne rien voir ni entendre...

 

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14 septembre 2018

5 More Days 'Til Summer (Lenny Kravitz)

Parce que j'espère que l'hiver n'arrivera pas trop vite...

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07 septembre 2018

Low (Lenny Kravitz)

L'album Raise Vibration de Lenny Kravitz sort aujourd'hui. Ce single est sorti depuis mai, mais comme il fait partie de l'album et que Michael Jackson a participé...

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04 septembre 2018

The Break (Katherena Vermette)

thebreak

C'est dans un article du Guardian que j'ai trouvé ce titre. Tommy Orange expliquait qu'il était en train de lire The Break qui était souvent comparé à son roman parce qu'il s'agissait d'un roman choral et que ces protagonistes étaient des Indiens des villes. Si j'avais adoré There There, je n'ai plus de mots pour exprimer ce que j'ai pensé de The Break. Mais même s'il a été publié en 2016, c'est mon coup de cœur de l'année (pour le moment). Et j'ose à peine écrire quelque chose à son sujet car je suis persuadée que je ne pourrai pas lui rendre justice.

Alors qu'elle regarde par la fenêtre, Stella, jeune femme métisse, est témoin d'une agression dans un terrain vague près de chez elle. Elle appelle la police. Comme elle vit dans un quartier défavorisé, il faut quatre heures pour que deux policiers, un Métis et un Blanc, arrivent pour l'interroger. Christie, le Blanc, met en doute ses propos ; pour lui, il s'agit forcément d'une bagarre entre autochtones. Tommy, le Métis, est persuadé que Stella est sincère et il veut enquêter. Se succèdent des chapitres présentant le point de vue de différents personnages (tous des femmes autochtones ou métisses, à l'exception de Tommy), plus ou moins proches de Stella, qui nous racontent les événements qui ont précédé et suivi l'agression, l'histoire de la famille de Stella (il y a un arbre généalogique au début, mais il ne reprend pas tous les personnages) et la vie en général des autochtones dans ce quartier de Winnipeg, ou à la campagne dans le bush.

Ce qui fait la force et la beauté de ce livre, ce sont évidemment les femmes qu'il décrit. Leur courage, leurs faiblesses, leurs hommes (ceux qui les aiment, ceux sur qui elles peuvent compter ou ceux qui les trahissent, ceux qui les maltraitent, ceux qu'elles élèvent), leur lutte aussi car on ne leur fait aucun cadeau. Certaines s'en sortent, certaines sont dures, certaines refusent de montrer la moindre faiblesse, d'autres sont sensibles, d'autres font comme si rien ne les atteint et s'enfoncent davantage. Certaines sont attachantes, d'autres franchement pitoyables, mais on comprend comment elles en sont arrivées là. Et c'est là aussi le talent de Katherena Vermette. L'histoire semble si simple au départ, mais on en découvre toutes les ramifications au fur et à mesure, et on se retrouve avec une intrigue parfaitement maîtrisée. C'est un roman franc et réaliste sur les violences subies par les femmes autochtones, sans misérabilisme et plein d'espoir, et sur le racisme de la société canadienne vis-à-vis des autochtones.

Je recommande ce roman superbe et percutant. Et je sais que je suivrai cette auteure.

Le site de l'auteure : https://www.katherenavermette.com/

En français : Ligne brisée. Traduction : Mélissa Verreault

L'avis d'Electra pour qui c'est un coup de cœur également.

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02 septembre 2018

Happiness, Like Water (Chinelo Okparanta)

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Il s'agit d'un recueil (publié en 2013) de dix nouvelles qui se déroulent au Nigeria et aux États-Unis. L'auteure est née au Nigeria et est partie vivre aux États-Unis à l'âge de 10 ans. J'aime beaucoup ce genre d'histoires qui traitent de l'expérience dans son pays et à l'étranger.

On Ohaeto Street : un jeune couple est attaqué dans sa maison parce que le mari a refusé de contribuer au gage de paix (pour ne pas dire au racket) versé par les voisins de sa résidence aux cambrioleurs qui sévissent dans le quartier, ou quand le matérialisme va trop loin.

Wahala! : une jeune femme accepte d'aller voir une guérisseuse en compagnie de sa mère et de son mari car elle n'a pas encore d'enfants et risque donc d'être répudiée (car c'est forcément elle qui est en cause). À leur retour, ils organisent un dîner pour s'attirer les bonnes grâces des voisins et même leur gratitude. Après toutes ces précautions, le mari décide de tenter à nouveau la conception le soir même.

Fairness est une de mes nouvelles préférées. La mère d'Uzoamaka est obsédée par les États-Unis où elle se rend régulièrement en voyage d'affaires et d'où elle rapporte des vêtements de marque, des magazines présentant des mannequins à la peau claire, et des crèmes blanchissantes. Ayant réussi à éclaircir sa peau, elle tente de faire de même pour sa fille. Mais rien ne fonctionne. Un jour, une de ses camarades de classe explique que c'est à l'eau de Javel qu'elle doit son nouveau teint miraculeux. Pas vraiment convaincue, Uzoamaka décide d'essayer d'abord ce traitement sur une jeune servante qui a également le tort d'avoir la peau foncée et doit subir comme elle les remarques désobligeantes de la mère.

Story, Story! est une nouvelle tragique. Nneoma qui veut à tout prix un enfant, raconte son histoire à une femme enceinte qui vient assister à la messe. Même si cette nouvelle n'est pas ma préférée, j'ai trouvé qu'elle est magistralement construite.

Runs Girl raconte l'histoire touchante d'une jeune étudiante obligée de servir d'escorte à un homme fortuné pour payer de meilleurs soins médicaux à sa mère qui n'accepte pas ce sacrifice.

Dans America, Nnenna est professeur et a un entretien déterminant pour son avenir à Lagos. Elle est amoureuse de Gloria qui vit aux États-Unis et qu'elle espère rejoindre. Sa mère souhaite qu'elle se trouve un mari parce qu'elle veut des petits-enfants et parce que ce genre de chose (être homosexuel·le ) est dangereux au Nigeria. Son père la met en garde, mais lui dit que l'amour, c'est l'amour. Les parents pensent qu'aux États-Unis, elles seraient mieux acceptées. Cette nouvelle traite de ces gens qui partent chercher ailleurs les opportunités (professionnelles autant que personnelles) que leur refuse leur pays et qui ne reviennent pas.

Shelter est une nouvelle magnifique et poignante. Le mari est étudiant à Boston, sa femme et sa fille l'ont accompagné aux États-Unis. Ils se nourrissent à la banque alimentaire de l'église et s'habillent à l'Armée du salut. Il les maltraitent toutes les deux. Une bénévole de l'église donne sa carte à la femme et lui dit qu'elle peut l'aider.

J'ai trouvé la fin de la nouvelle Grace un peu faible. À 11 ans, Grace est venue vivre aux États-Unis avec sa mère et son grand frère. Elle est maintenant étudiante et sa mère veut la marier de force au Nigeria car elle a peur qu'elle oublie ses traditions. Elle cherche de l'aide auprès de son professeur qui enseigne l'Ancien testament. Une relation naît entre les deux femmes. Je n'ai pas compris pourquoi l'auteur avait choisi ici d'évoquer mariage forcé et homosexualité. J'ai trouvé l'association peu convaincante.

Designs est la nouvelle que j'ai le moins aimée. Aux États-Unis, un homme demande en mariage sa petite amie qui est venue le rejoindre du Nigeria. Mais pendant leur séparation, il a rencontré une autre femme.

Tumours and Butterflies, la dernière nouvelle est celle dont un des aspects m'a le plus touchée. Une jeune femme que son père a reniée parce qu'elle avait dénoncé à la police les violences conjugales que subissait sa mère est obligée de retourner s'occuper de lui quand il est atteint d'un cancer. Pour convaincre sa fille de revenir, sa mère insiste qu'il a changé.

J'ai trouvé ce recueil remarquable, l'écriture limpide, et le contraste Nigeria/États-Unis justement rendu. J'ai aimé le courage des femmes évoquées qui tentent de faire entendre leur voix. Je recommande.

Le site de l'auteure :

https://www.chinelookparanta.com/

En français : Le bonheur, comme l'eau. Traduction : Mathilde Fontanet

01 septembre 2018

Manhattan Beach (Jennifer Egan)

manhbeach

Choisir un livre parce qu'il est dans la sélection pour le National Book Award et parce qu'il y a Manhattan dans le titre, c'est ce que j'ai fait. Sans lire l'histoire, sans savoir qui était l'auteur. Allais-je le regretter ? Pratiquement.

En fait, malgré ces 438 pages, je n'ai pas grand chose à dire sur ce livre. Je ne voyais vraiment pas où l'auteure voulait en venir. Une famille d'origine irlandaise pendant la Dépression, Eddie le père qui travaille pour des gangsters et autres syndicats, sa fille Anna qui l'accompagne partout, la mère qui s'occupe de la deuxième fille qui est handicapée. Quelques années plus tard, le père a disparu, Anna participe à l'effort de guerre en travaillant dans les chantiers navals. L'histoire s'anime un peu quand Anne décide de devenir scaphandrier et doit affronter un supérieur misogyne pour s'imposer. Par ailleurs, Anna « enquête » sur la disparition de son père et se lie avec un gangster pour qui il travaillait.

Sentiment un peu bizarre à la lecture de ce livre. Pas assez ennuyeux pour que j'abandonne, pas assez intéressant pour que je souhaite à tout prix le reprendre. Mais je voulais arriver à la fin. Après tout, il faisait partie de la sélection pour le National Book Award, et j'avais appris entre-temps que l'auteure avait écrit le mythique A Visit from the Goon Squad (que je n'ai pas lu, mais dont j'ai beaucoup entendu parler). Et puis, à environ 80 % du roman (je l'ai lu sur mon Kindle), je commence à lui trouver de l'intérêt et je le termine plutôt vite. Il m'a quand même fallu neuf jours pour le lire, mais je lui ai accordé 4 étoiles sur goodreads. Les 20 % restants devaient être palpitants pour que j'oublie le mal que j'ai eu au début. Le style de l'auteure n'est pas en cause, même si je l'ai trouvé un peu pédant ; le vocabulaire employé est plutôt affecté (merci le dictionnaire du Kindle). L'époque est bien reconstituée, l'auteure n'en a pas trop fait niveau recherches. Ce qui m'a gênée, c'est peut-être le fait qu'elle a essayé de mettre trop de choses dans un même roman et que les ficelles sont parfois un peu grosses.

Alors pour la reconstitution historique, oui, pour une histoire passionnante, non.

Anna Kerrigan, nearly twelve years old, accompanies her father to visit Dexter Styles, a man who, she gleans, is crucial to the survival of her father and her family. She is mesmerized by the sea beyond the house and by some charged mystery between the two men.

‎Years later, her father has disappeared and the country is at war. Anna works at the Brooklyn Naval Yard, where women are allowed to hold jobs that once belonged to men, now soldiers abroad. She becomes the first female diver, the most dangerous and exclusive of occupations, repairing the ships that will help America win the war. One evening at a nightclub, she meets Dexter Styles again, and begins to understand the complexity of her father’s life, the reasons he might have vanished.

With the atmosphere of a noir thriller, Egan’s first historical novel follows Anna and Styles into a world populated by gangsters, sailors, divers, bankers, and union men. Manhattan Beach is a deft, dazzling, propulsive exploration of a transformative moment in the lives and identities of women and men, of America and the world. It is a magnificent novel by the author of A Visit from the Goon Squad, one of the great writers of our time.

En français : Manhattan Beach, traduction : Aline Weill

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31 août 2018

Freeway of Love (Aretha Franklin)

Une procession d'une centaine de Cadillacs roses pour les funérailles de la Reine.

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30 août 2018

An American Marriage (Tayari Jones)

AmMar

Encore un roman lu il y a plusieurs mois, alors je vais me limiter à ce que j'en ai pensé.

C'est un mariage un peu particulier dont il est question ici. Celestial (originaire d'Atlanta où le couple vit) est une artiste qui crée des poupées et Roy (originaire d'un petit village de Louisiane et diplômé de Morehouse College), un jeune cadre dynamique. Alors qu'ils rendent visite aux parents de Roy, ce dernier, sachant que sa femme est intimidée par sa belle-mère, décide de passer la nuit dans ce qui tient lieu d'hôtel dans leur ville. Là, une femme l'accuse de viol et il est arrêté. Après 18 mois de mariage, Celestial et Roy sont séparés quand ce dernier est condamné à 12 ans de prison pour un crime qu'il n'a pas commis.

L'histoire est racontée du point de vue de Roy, de Celestial et d'Andre (l'ami d'enfance de Celestial). Et un chapitre est consacré aux lettres que s'échangent les époux pendant l'incarcération de Roy. C'est d'ailleurs ce chapitre qui était le plus prenant, particulièrement la vie de Roy en prison. Les diverses phases par lesquelles il passe sont bien décrites et réalistes, et exprime bien le désespoir d'un homme qui s'accroche à une éventuelle libération.

Tout d'abord, je trouve que Roy et Celestial sont mal assortis. Ils forment un couple un peu spécial et donnent l'impression de s'être mariés parce que c'est ce qui se fait. J'ai eu l'impression de faire intrusion dans l'intimité d'un couple en lisant ce livre, je l'ai trouvé vraiment trop personnel (trop réaliste peut-être). Pour autant, je n'ai pas trouvé les personnages principaux attachants : Roy fait un peu enfant gâté, Celestial semble une girouette, et Andre, lâche. Les personnages secondaires sont plus intéressants, mais ne sont pas révolutionnaires non plus.

Dans l'ensemble, j'ai trouvé le roman plutôt bon, mais pas exceptionnel. Et ceci explique aussi pourquoi il m'a fallu tant de temps pour rédiger ce billet (que je trouve loin d'être satisfaisant). J'en attendais peut-être trop, car on en parlait beaucoup. Mais il m'a été difficile d'entrer pleinement dans l'histoire et la fin était loin d'être enthousiasmante.

Est-ce que je le recommande ? Oui et non. J'avais largement préféré Leaving Atlanta.

Newlyweds Celestial and Roy are the embodiment of both the American Dream and the New South. He is a young executive, and she is an artist on the brink of an exciting career. But as they settle into the routine of their life together, they are ripped apart by circumstances neither could have imagined. Roy is arrested and sentenced to twelve years for a crime Celestial knows he didn’t commit. Though fiercely independent, Celestial finds herself bereft and unmoored, taking comfort in Andre, her childhood friend, and best man at their wedding. As Roy’s time in prison passes, she is unable to hold on to the love that has been her center. After five years, Roy’s conviction is suddenly overturned, and he returns to Atlanta ready to resume their life together.

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17 août 2018

A Deeper Love (Aretha Franklin)

J'ai déjà posté ma chanson préférée de la Reine ici, alors en hommage à Aretha, je choisis mon hymne personnel (désolée pour la traduction littérale), extrait d'une de mes BO préférées.

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