Sous la grêle osée

14 novembre 2018

Otsaliheliga - We Are Grateful (Traci Sorell)

grateful

J'avais réservé ce livre, ainsi que celui que j'ai lu après, à la bibliothèque depuis septembre, mais il a fallu attendre un peu pour qu'ils soient empruntables. Ça tombe bien, novembre est National American Indian Heritage Month. Et j'ai de quoi faire.

L'auteure a décidé d'écrire ce livre car il n'y avait aucune histoire pour enfants sur le mode de vie Cherokee moderne. Elle présente ici un aperçu de la culture cherokee au fil des saisons. Elle donne également quelques mots cherokee, avec leur traduction, leur translittération dans l'alphabet latin, leur transcription phonétique (en utilisant ce modèle de prononciation si cher aux Américains et qui pique les yeux de l'adepte de l'API que je suis) et leur graphie dans le syllabaire cherokee.

L'histoire est très simple évidemment et raconte les choses pour lesquelles les Cherokees sont reconnaissants : la grande cérémonie de la nouvelle lune au cours de laquelle dansent les shell shakers (littéralement secoueuses de carapaces) qui portent des leg rattles (littéralement hochets de jambe) impressionnants, formés de carapaces de tortue, et où on célèbre le Nouvel an cherokee ; la grand-mère (elisi) qui révèle le nom cherokee du nouveau-né de la famille ; les anciens qui racontent des histoires pendant que l'on mange du bean bread (pain aux haricots) et de la soupe de maïs lessivé (hominy)... Une histoire simple donc qui est plutôt une liste d'activités, de célébrations, d'occupations quotidiennes mais qui apprend beaucoup de choses. À la fin du livre figurent des définitions et le syllabaire cherokee.

J'ai décidé d'écrire le titre du livre en cherokee. Il m'a fallu un petit moment pour reconnaître les lettres après avoir installé la police adéquate. Ben oui, comment tu les tapes ? Comment savoir où elles se trouvent sur le clavier ? Malheureusement, ça n'a pas fonctionné sur Canalblog.

Livre très intéressant, même pour les adultes.

Le site de la Nation Cherokee : http://webtest2.cherokee.org/Home

Le syllabaire en fichier pdf : http://webtest2.cherokee.org/Portals/0/Language/syllabary%20handout.pdf

Extraits du livre (où on entend Celebration de Kool & the Gang en cherokee) : https://www.youtube.com/watch?v=18reQ6cHfSQ

Note triste : quand j'ai posté la photo du livre sur instagram, j'ai essayé d'ajouter le hashtag #cherokee. Je l'ai retiré tout de suite parce que la plupart des photos représentent les voitures de la marque Jeep qui portent ce nom. Peut-être moins insultant que le nom de certaines équipes sportives (et c'est une très belle voiture), mais ça m'a gênée.

nativeheritage

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12 novembre 2018

To Obama, with love, joy, anger, and hope (Jeanne Marie Laskas)

toobama

Après son élection, Barack Obama demande à lire chaque soir dix lettres du public (10LADs, ten letters a day). Le service de la correspondance (employés et bénévoles) de la Maison Blanche passe donc la journée à lire, à annoter et à coder les milliers de lettres reçues, et à déterminer celles qui finiront entre les mains du Président. La décision finale revient à la directrice du service, Fiona Reeves.

Dans ce livre, Jeanne Marie Laskas reprend quelques lettres (anonymes ou non selon la décision de leur auteur), reçues par le Président, et accompagnées parfois de la réponse de celui-ci, et nous présente certains employés de la Maison Blanche (en particulier de l'Office of Presidential Correspondence ou OPC) et les auteurs de quelques lettres. Et c'est la forme de cette partie que j'ai le moins aimée. Un peu trop de « si vous lui demandez, il vous montrera la lettre », « elle n'a pas la lettre sous la main, elle doit être quelque part ». Je n'aime pas le procédé (même si...). J'ai l'impression que Jeanne Marie Laskas n'a pas réalisé elle-même les interviews puisqu'à la fin du livre, elle remercie deux personnes qui « ont sillonné le pays pour parler aux gens de leurs lettres ». Ceci explique peut-être cela.

Il y a de tout parmi ces lettres : des lettres émouvantes, des lettres amusantes (comme cet enfant qui demande à Barack Obama de relire ses devoirs), des lettres vraiment désespérées (pendant la récession), des lettres de gratitude (en particulier de gens sauvés grâce à l'Affordable Care Act, et du ou de la partenaire d'un soldat homosexuel), des lettres condescendantes, des lettres ridicules (notamment après la victoire de 45), des lettres de remerciement et des lettres de repentir.

Certaines réponses de Barack Obama sont manuscrites, d'autres imprimées où seule la signature est manuscrite. Ces dernières ont été composées par Kolbie Blume, une employée qui a étudié les discours du Président et s'en est inspirée pour parler en son nom. Quel courage ! Barack Obama donne bien quelques éléments, mais en tirer toute une lettre ? Chapeau !

La présentation de l'OPC et la description des procédures de traitement sont très intéressantes, le dévouement des employés et des bénévoles est exemplaire. L'épilogue fait le point sur ce qui s'est passé dans leur vie et dans celle des auteurs des différentes lettres.

Avant la passation de pouvoirs, Fiona a reçu un appel du futur secrétaire du personnel à la Maison Blanche qui souhaitait la rencontrer. Il lui a posé des questions sur le fonctionnement du service courrier. Elle lui a parlé des documents de transition que son service avait préparés à l'intention de la future équipe. Elle lui a expliqué les dix lettres par jour comme s'il s'agissait d'un fait acquis : 45 devait lire son courrier et y répondre. Le futur secrétaire lui a dit que quelqu'un la contacterait pour plus d'informations. Ce qui ne fut pas fait.

Si c'est possible, ce livre m'a fait encore plus apprécier Barack Obama. Les lettres montrent bien les espoirs qu'il a suscités (même si certains auteurs ont l'air de le prendre pour le Père Noël) et l'impression qu'il donne d'être profondément humain. Elles sont très représentatives de l'Amérique et des Américains.

Je recommande bien sûr.

Letter written by Bobby IngramLetter written by Kenneth Jops 

http://www.thejakartapost.com/life/2018/11/11/to-obama-opening-a-backdoor-into-the-presidency.html

06 novembre 2018

The Red Address Book (Sofia Lundberg)

RedAddBoo

Doris a 96 ans. Elle vit seule à Stockholm et ne reçoit que la visite de l'auxiliaire de vie qui lui apporte ses repas, lui fait sa toilette et un peu de ménage. Comme elle est toujours pressée, elle ne fait que le strict minimum. Doris n'a pour famille que Jenny, une petite-nièce qui vit à San Francisco avec son mari et ses trois enfants. Elles discutent chaque semaine par Skype. Doris feuillette son répertoire rouge (cadeau de son père) et décide de raconter sa vie par écrit à Jenny pour qu'il reste une trace de son histoire. À l'aide du carnet d'adresses où presque tous les noms sont rayés avec la mention DÖD (décédé en suédois), elle se remémore les personnes qu'elle a connues et explique ce qu'elles ont représenté pour elle. Son récit nous fait voyager entre la Suède et la France (Doris devient mannequin à Paris) dans les années 30, les États-Unis et l'Angleterre dans les années 40.

Dans l'ensemble, j'ai trouvé l'histoire plutôt agréable et intéressante, même si elle n'est pas franchement exceptionnelle. J'ai trouvé le procédé du carnet d'adresses artificiel et ses limites étaient franchement évidentes quand apparaît un personnage très important dans l'histoire mais qui n'aurait jamais figuré dans le répertoire de Doris. Si on ajoute à cela, certains comportements incompréhensibles de Doris, il y a quelques parties qui n'ont pas lieu d'être. Le livre offre tout de même une réflexion sur la vieillesse et la solitude plutôt émouvante.

Lecture assez attachante mais pas transcendante.

Merci à Sofia Lundberg, à Houghton Mifflin Harcourt et à NetGalley pour cet exemplaire en avant-première.

Titre original : Den röda adressboken. Traduction (anglais) : Alice Menzies

Titre français : Un petit carnet rouge. Traduction : Caroline Berg

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23 octobre 2018

Friday Black (Nana Kwame Adjei-Brenyah)

fridayblack

Je ne suis pas spécialement fan des nouvelles, mais ce recueil m'intéressait ; enfin c'est surtout parce que sa sortie avait l'air d'être tellement attendue. Il n'en fallait pas plus pour piquer ma curiosité. Donc, je ne cherche même pas à savoir de quoi le recueil parle et je le demande sur NetGalley.

Mal m'en a pris. J'ai trouvé les nouvelles si violentes, si anticipation (en tout cas, comme je m'imaginais les romans que l'on appelait d'anticipation dans ma jeunesse et dont les couvertures me choquaient toujours), si sanglantes que je ne peux pas dire que j'ai apprécié. Et je ne savais pas avant de lire (évidemment) que l'auteur était fan de science-fiction et de fantasy. Je n'aurais certainement pas demandé ce livre. Mais je l'ai terminé, en souffrant beaucoup.

Et pourtant, il commençait bien. La première nouvelle, The Finkelstein 5, bien que très violente et poignante, était pleine d'un humour grinçant bien jubilatoire. Elle traite du racisme d'une manière originale que j'ai beaucoup aimée. D'autres histoires évoquent l'expérience de l'auteur quand il travaillait comme vendeur dans un magasin de vêtements. Même si je les ai trouvées dissonantes (je me comprends), elles étaient plutôt réussies. En revanche, les nouvelles de science-fiction ou de fantasy (je n'ai pas encore compris la différence) sont trop hermétiques, ou d'une violence insupportable et se résument à des bagarres confuses et incohérentes. Je n'ai vraiment pas compris où l'auteur voulait en venir.

Sur les douze nouvelles, j'en ai apprécié plus de la moitié à des degrés divers : très originales (en particulier The Finkelstein 5 et Zimmer Land), émouvante (Things My Mother Said), intéressante mais sordide quand même (Lark Street où un homme a une conversation avec les fœtus de ses jumeaux avortés), trop dystopique pour moi (The Era), trop violente et trop alambiquée (Through the Flash).

L'écriture de Nana Kwame Adjei-Brenyah est brillante, mais j'ai eu du mal avec certaines nouvelles car le sujet m'était complètement indifférent. Donc, un avis mitigé de ma part même si je reconnais à l'auteur une très grande originalité, que je comprends les éloges lues à son propos et que je ne regrette pas de l'avoir lu. Comme dans tous les recueils de nouvelles, il y a du bon et du moins bon.

L'auteur dans le New York Times :

https://www.nytimes.com/2018/10/19/books/friday-black-nana-kwame-adjei-brenyah-debut-collection.html

Merci à Nana Kwame Adjei-Brenyah, à Houghton Mifflin Harcourt et à NetGalley pour cet exemplaire en avant-première.

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19 octobre 2018

Голубой вагон (Крокодил Гена)

Je viens de voir sur Wikipedia qu'Edouard Ouspenski, le créateur de Tchebourachka, est décédé il y a deux mois. En hommage, Génia et son célèbre wagon bleu.

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08 octobre 2018

Indigenous Peoples' Day

Trois photos piquées sur Instagram à l'occasion de Indigenous Peoples' Day (anciennement et arrogamment Columbus Day).


Photography (@ryanoliverius) on Instagram: "When you show up for a job interview ready to crush it with all your ancestral knowledge lol. * *..."

 


@biodiversitee on Instagram: "Happy Indigenous Peoples Day! From @karla_estrada_222 and @justinomora1

Yesterday, was amazing! Thank you to everyone who celebrated, educated, and continued to show love to Indigenous People's Everywhere! Indigenous Peoples Day was more than about changing a name, it was about recognizing the land we are on, the people who are still here, and slowly changing this system that was never intended for us to live in. Much love to all our Indigenous relatives. #PhenomenallyIndigenous #indigenouspeoplesday



Urban Native Era (@urbannativeera) on Instagram

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06 octobre 2018

Les photos floues de mon Instagram sont maintenant publiques

Les parfums d'hiver reviennent. Winter flavors are back.



https://www.instagram.com/greleosee/

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01 octobre 2018

The Middleman (Olen Steinhauer)

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Je ne sais plus où j'avais trouvé ce titre et j'ai découvert avec surprise que je l'avais ajouté à ma LAL sur Goodreads et même réservé à la bibliothèque le jour de sa sortie. Je devais vraiment être dans un état second. En plus, ce n'est pas du tout le genre de livre que je lis d'habitude. Je ne connaissais pas du tout l'auteur. C'est peut-être la couverture qui m'a attirée. Ou d'excellentes critiques. Mystère !

En juin 2017, des centaines de personnes disparaissent aux États-Unis après s'être débarrassées de leurs papiers, de leur téléphone et de leurs cartes de crédit. Elles entrent dans la clandestinité car les autorités auraient décidé d'anéantir Massive Brigade, le mouvement auquel elles appartiennent et qui a été créé par Martin Bishop, un révolutionnaire d'extrême gauche qui estime que les hommes politiques n'accomplissent plus leur mission et servent uniquement les intérêts de l'élite. Rachel Proulx, agent du FBI qui a suivi l'ascension de Martin Bishop, mène l'enquête.

L'intrigue est bien menée. Enfin, l'histoire commence plutôt bien. Mais ça devient un peu brouillon par la suite et la fin est un peu simpliste. Même si j'ai terminé le roman assez vite (il se laisse plus que lire), et que je lui ai attribué quatre étoiles sur goodreads, ce n'est pas vraiment mon truc. Une fois de temps en temps, ça passe.

Si vous aimez les thrillers politiques. (Évidemment, avec l'autre à la Maison Blanche et les manifestations qu'il suscite, le sujet était tout trouvé.)

Moi, je vais mener mon enquête pour savoir où j'avais trouvé ce titre.

Le site de l'auteur : http://www.olensteinhauer.com/

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30 septembre 2018

Petit pays (Gaël Faye)

petitpays

Bien sûr, j'avais déjà entendu parler de Petit pays d'autant qu'il a remporté le Goncourt des lycéens. Mais je n'avais pas eu envie de le lire à cause du sujet. Et puis, j'ai regardé La grande librairie avec Christiane Taubira et elle avait invité Gaël Faye (que j'ai trouvé très mignon). Et il a récité Minerai noir ! J'avais étudié ce poème en 4e (et je me souvenais encore des premières strophes) sans savoir que son auteur était haïtien (déjà qu'on étudie peu les auteurs noirs, si en plus on ne nous dit pas qu'ils sont noirs. Ça m'aurait évité quelques larmes.). Donc sans le savoir, je connaissais déjà René Depestre. J'ai donc décidé de lire Petit pays. Et à la bibliothèque, j'ai également aperçu Small Country. Si je n'étais pas encore plus convaincue.

J'ai bien fait. Si je n'ai jamais oublié le génocide au Rwanda, en revanche impossible de me rappeler qui étaient les bourreaux, qui étaient les victimes (cette fois), et je ne me souvenais pas non plus qu'il y avait eu des représailles ensuite au Burundi. Et bien, à cause d'une phrase de Petit pays, je n'oublierai plus. J'avais déjà lu un témoignage sur le génocide il y a quelques années, mais je m'aperçois que je ne sais toujours pas grand chose sur l'histoire de cette région.

Dans ce roman inspiré par son enfance à Bujumbura, Gaël Faye raconte quelques mois, avant et après le génocide rwandais, de la vie de Gabriel, fils âgé de 10 ans d'un expatrié français et d'une mère rwandaise. L'enfant perd son insouciance quand ses parents se séparent (elle est costaud la mère de supporter les remarques racistes de son mari et de ses amis expatriés), puis quand la guerre civile éclate au Burundi. Le contraste est saisissant entre la liberté dont jouit l'enfant avec ses copains avant, et la peur et la « réclusion » au moment du coup d'État. Les épisodes qui suivent sont plus tragiques les uns que les autres, et cette escalade de la violence et de la cruauté gagne les enfants eux-mêmes. C'est ce qui rend le livre encore plus triste. Le seul répit que connaît Gabriel lui vient des livres qu'il emprunte à sa voisine et qui lui permettent de s'évader.

J'ai adoré ce livre même s'il était aussi dur que je le craignais (j'ai l'impression d'être un peu insensible en écrivant ça). J'ai beaucoup aimé l'écriture de Gaël Faye dont j'ignorais tout de la carrière artistique.

Livre magnifique que je recommande.

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28 septembre 2018

Slide (Calvin Harris ft Frank Ocean and Migos)

Je trouve que le chanteur manque un peu de dynamisme parfois, mais la chanson n'est pas mal.

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