Sous la grêle osée

25 février 2017

The Blood of Emmett Till (Timothy B. Tyson)

blood

Après la déception (prévisible) à la lecture de Writing to Save a Life, je me suis attaquée à The Blood of Emmett Till. Déjà, Timothy Tyson est historien et même s'il mêle quelques souvenirs à son récit, ils ont au moins (l'air d'avoir) un rapport avec l'affaire.

Le livre commence sur un entretien avec la femme au centre de l'histoire, la "victime" d'Emmett Till. J'ai eu peur que Timothy Tyson en fasse une victime pour de bon, comme si elle avait subi les événements. Mais non, rien de tout cela. Je l'ai trouvé plutôt objectif. Il replace l'enlèvement et le meurtre d'Emmett Till dans leur contexte historique, et fait "intervenir" des "personnages" dont on ne parle jamais. J'ai aimé qu'il raconte le Chicago de l'époque, où la situation des Noirs n'était guère plus enviable que dans le Mississippi. Il évoque le courage de Mamie Till, la mère d'Emmett, qui a accepté d'être photographiée, filmée et exhibée dans toute sa douleur pour faire bouger les choses. Certains ont appelé ça un cirque (tout court ou médiatique), mais il est clair qu'elle ne pouvait pas faire autrement. Timothy Tyson raconte tout : les intimidations subies par les témoins, l'enquête plus que bâclée, la guéguerre entre les différentes organisations pour s'approprier Mamie Till. J'ai trouvé la partie sur la lutte pour les droits civiques au Mississippi un peu longue, mais intéressante tout de même.

Le chapitre Killing Emmett Till est poignant. Le livre ne contient aucune photo (pas même la célèbre photo du corps mutilé d'Emmett Till), mais la description des tortures subies par l'adolescent est bouleversante. Dans l'épilogue, Timothy Tyson établit un parallèle avec les affaires récentes de Noirs tués par la police ou autres, et déclare qu'on continue de tuer Emmett Till.

J'ai noté quelques livres que cite l'auteur, notamment ceux traitant des émeutes raciales à Chicago en 1919 et dans les années 50 (à propos des logements sociaux de Trumbull Park).

À lire absolument. (Désolée pour ce commentaire très décousu.)

Après avoir rédigé mon billet, j'ai trouvé le compte rendu très intéressant qu'a posté Devery Anderson sur Amazon. Il est également l'auteur d'un livre sur l'assassinat d'Emmett Till.

https://www.amazon.com/gp/review/R2EZKBCQ31X9XZ?ref_=glimp_1rv_cl

In 2014, protesters ringed the White House, chanting, “How many black kids will you kill? Michael Brown, Emmett Till!” Why did demonstrators invoke the name of a black boy murdered six decades before?

In 1955, white men in the Mississippi Delta lynched a fourteen-year-old from Chicago named Emmett Till. His murder was part of a wave of white terrorism in the wake of the 1954 Supreme Court decision that declared public school segregation unconstitutional. 
The national coalition organized to protest the Till lynching became the foundation of the modern civil rights movement. Only weeks later, Rosa Parks thought about young Emmett as she refused to move to the back of a city bus in Montgomery, Alabama. Five years later, the Emmett Till generation, forever marked by the vicious killing of a boy their own age, launched sit-in campaigns that turned the struggle into a mass movement. “I can hear the blood of Emmett Till as it calls from the ground,” shouted a black preacher in Albany, Georgia.
But what actually happened to Emmett Till—not the icon of injustice but the flesh-and-blood boy? Part detective story, part political history, Timothy Tyson’s The Blood of Emmett Till draws on a wealth of new evidence, including the only interview ever given by Carolyn Bryant, the white woman in whose name Till was killed. Tyson’s gripping narrative upends what we thought we knew about the most notorious racial crime in American history.

http://www.simonandschuster.com/books/The-Blood-of-Emmett-Till/Timothy-B-Tyson/9781476714844

BHM-2017

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24 février 2017

Ain't Nobody (Rufus & Chaka Khan)

Bizarrement, je n'ai aucun souvenir de cette chanson en 1983 ou bien elle ne m'avait pas marquée. C'est sur une compilation des années 90 que j'ai commencé à l'apprécier. Elle a été reprise et samplée par tout le monde et son père, et je n'ai jamais entendu ces autres versions. Cette semaine, j'ai découvert la reprise de Jaki Graham (pas mal, mais vraiment loin de l'original).

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22 février 2017

10 ans

10th

Je sais que je te néglige. Mais j'espère que le moral va remonter. Joyeux anniversaire mon blog !

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21 février 2017

Riquet à la houppe (Amélie Nothomb)

Riquet

Même si j'attends chaque année le nouveau roman d'Amélie Nothomb, je ne la cite jamais parmi mes écrivains préférés. Et pourtant, j'aime la majorité de ce que j'ai lu. Et c'est le cas de ce dernier livre.

Cette fois, comme le titre l'indique, c'est le conte Riquet à la Houppe qui est actualisé. Conte que je n'avais pas trouvé transcendant lorsque je l'avais lu enfant et dont la fin m'avait un peu déçue. Pas mon conte favori, loin de là. Toujours pas mon favori après la lecture du roman d'Amélie Nothomb, mais j'ai préféré la fin de sa version. Et toute sa version d'ailleurs. Car elle est très réussie. Mais j'ai dû relire Riquet à la houppe (oui, j'ai Les contes de Perrault chez moi. J'avais acheté le livre pour mon conte préféré, Les fées.) car je comprenais pas l'origine de la partie consacrée aux oiseaux. Je ne la comprends toujours pas, mais ça ne retire rien au charme du récit. Et puis quand Amélie accroche la télé, c'est fantastique.

À lire.

http://www.albin-michel.fr/ouvrages/riquet-a-la-houppe-9782226328779

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17 février 2017

Close to You (Maxi Priest)

 Maxi Priest dans les années 90. Agréable à regarder, agréable à écouter.

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16 février 2017

Le Stratonef H. 22

Quand les livres que tu as réservés à la bibliothèque arrivent tous en même temps :

IMG_3680   IMG_3679

Enfin, celui du dessus, c'est ma sœur qui l'a emprunté (et j'avais oublié que sur la tranche des livres américains, le titre et le nom de l'auteur sont dans l'autre sens).

En version Kindle aussi (c'est un complot) :

The Nordic Theory of Everything d'Anu Partanen

Tears We Cannot Stop de Michael Eric Dyson

Hidden Figures de Margot Lee Shetterly

The Sellout de Paul Beatty

nordic   sermon   hidden      sellout   

Le seul qui n'est pas arrivé (parce qu'il n'est pas encore sorti, sniff !) :

rich probl

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13 février 2017

Writing to Save a Life: The Louis Till File (John Edgar Wideman)

writing

C'est peu dire que j'ai souffert, que j'ai peiné pour lire ce livre. J'avais déjà tenté il y a quelques années le livre le plus connu de John Edgar Wideman, Philadelphia Fire, mais je crois que je n'avais pas dépassé les dix premières pages. C'était insupportable. Celui-ci l'était peut-être un peu moins puisque je l'ai terminé. Mais c'était dur. J'ai lu ses 193 pages en six jours. J'ai bien traîné.

J'étais intéressée par le sujet : John Wideman "enquête" sur la mort de Louis Till, père d'Emmett Till, pendu 10 ans avant l'assassinat de son fils après un procès en cour martiale. Les crimes du père (meurtre et viol commis en Italie), dont le dossier militaire confidentiel a été divulgué à la presse, ont justifié l'abandon des poursuites contre les bourreaux du fils pour enlèvement. Ils avaient déjà été acquittés pour le meurtre. C'est ce qui motive John Edgar Wideman à faire des recherches sur Louis Till (alors qu'il souhaitait au départ écrire une fiction sur Emmett Till et avait rassemblé des coupures de presse sur le procès de ses assassins). Il croise à nouveau le nom du père dans les épreuves du roman d'Alice Kaplan, The Interpreter, qu'il reçoit par courrier. Alice Kaplan évoque l'écrivain français, Louis Guilloux, qui servait d'interprète dans les tribunaux militaires américains à la Libération. À partir du roman OK Joe ! de celui-ci, Alice Kaplan examine l'inégalité de traitement subi par les soldats noirs américains pendant la Seconde Guerre Mondiale. Elle raconte également sa visite à la concession E du cimetière américain de Seringes-et-Nesles où ont été réenterrés les militaires rayés pour indignité (et donc Louis Till), à l'écart des autres tombes. Malheureusement, John Edgar Wideman en profite pour ajouter des souvenirs personnels et des passages de pur courant de conscience (que je ne supporte pas), et ça part dans tous les sens (comme ce billet d'ailleurs). Ezra Pound fait également une apparition. Il y a des parties très intéressantes et beaucoup (trop) d'autres qu'il faut subir. Vraiment dommage.

In Writing to Save a Life, John Edgar Wideman searches for Louis Till, a silent victim of American injustice. Wideman's personal interaction with the story began when he learned of Emmett’s murder in 1955; Wideman was also fourteen years old. After reading decades later about Louis’s execution, he couldn’t escape the twin tragedies of father and son, and tells their stories together for the first time. Author of the award-winning Brothers and Keepers, Wideman brings extraordinary insight and a haunting intimacy to this devastating story.

An amalgam of research, memoir, and imagination, Writing to Save a Life is completely original in its delivery—an engaging and enlightening conversation between generations, the living and the dead, fathers and sons. Wideman turns seventy-five this year, and he brings the force of his substantial intellect and experience to this beautiful, stirring book, his first nonfiction in fifteen years.

http://www.simonandschuster.com/books/Writing-to-Save-a-Life/John-Edgar-Wideman/9781501147289

https://www.nytimes.com/2016/12/14/books/review/john-edgar-wideman-emmett-till-father-writing-to-save-a-life.html?_r=0

 

BHM-2017

 

03 février 2017

Mr. Telephone Man (New Edition)

Je me rappelle les avoir vus à la télé française en 1983. Ils chantaient Candy Girl. Puis, plus rien. Il m'a semblé reconnaître leurs voix en 1986. Je travaillais en Allemagne pendant les vacances et ma coloc avait une radio. J'ai entendu une chanson qui me semblait être d'eux. J'ai eu la confirmation plus tard. Quand j'étais assistante aux Etats-Unis, la fille de la famille adorait New Edition. Je suis donc revenue avec deux cassettes et un maxi 45 tours. La réaction de ma sœur : Ils chantent encore ! Bizarrement, on ne les entendait pas en France. Cette semaine, BET diffusait The New Edition Story, une mini-série en trois épisodes très bien faite, avec reconstitution de chorégraphies, de clips et de photos de pochette. Mr. Telephone Man (écrite par Ray Parker Jr.) n'est pas ma chanson préférée, mais qu'est-ce qu'on l'a entendue au cours des trois épisodes !

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02 février 2017

Marketing automatique

Pendant nos vacances en Martinique (de vraies vacances, sans ordinateur portable), ma sœur et moi recevons un message d'une chef de projets (chez un client direct canadien). Elle nous demande de les aider à réviser et à corriger un document en français, et de lui envoyer un devis. Au message est joint un manuel et le message d'un responsable marketing qui explique que les partenaires ont envoyé des commentaires négatifs : erreurs de traduction et de grammaire, et fautes d'orthographe. Il a demandé à G. (un francophone ?) de vérifier le manuel et cette personne a conseillé un deuxième coup d'œil. Il demande donc à la chef de projets de nous envoyer ledit document pour le "revisiter" (traduction littérale de l'anglais), il n'a pas d'exemples d'erreurs à nous fournir mais il peut demander à G. de nous en donner pour qu'on voit ce qui ne va pas. Je télécharge le fichier, je l'ouvre... Déjà le titre : Feature Guide d'Examen... HEIN ! Je poursuis ma "lecture". Des mots sont restés en anglais. Les noms féminins sont repris par des pronoms masculins. Les participes passés sont quasiment tous mal accordés. Dans un même paragraphe, opportunity est traduit par chance, opportunité ou laissé en anglais. Des majuscules apparaissent au milieu de phrases. Allez, je vous donne une phrase entière : Le champ Process est ajouté dans la Sélectionner les champs pour dialogue Rechercher. Mon cher responsable marketing, pas la peine de demander des exemples à G. Chaque phrase est un exemple. Je suis surprise que les partenaires n'aient trouvé que des erreurs de traduction. Il est évident qu'il ne s'agit pas d'une traduction. Pas humaine en tout cas. Je demande à ma sœur d'aller voir le fichier. Elle revient horrifiée. Je réponds à la chef de projets que le document a été traduit à la machine, que la qualité est horrible et qu'il faut tout retraduire à partir de l'anglais. Sans conviction, je lui dis que nous pourrons nous en occuper à notre retour. La réponse (évidemment) : on va essayer de trouver quelqu'un au bureau du Royaume-Uni pour le faire. Début janvier, je la recontacte pour vérifier s'ils ont trouvé une solution satisfaisante. Elle me répond une semaine plus tard (elle était en vacances) qu'elle va se renseigner. Je la recontacte hier pour demander des nouvelles. Sa réponse : Nous avons décidé d'attendre la version suivante puisque nous n'avons pas reçu d'autres réclamations des clients. Sauf si je reçois une demande en urgence du service marketing, mais comme ils n'ont pas insisté. Et de toute façon, nous allons devoir en rédiger un nouveau en avril.

Si même au Canada, on pense que la traduction automatique suffit pour un document marketing et que personne ne s'en rendra compte.

Au fait, Feature Guide d'Examen, c'était Feature Review Guide en anglais.

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28 janvier 2017

#DenverIsGood

Un message de Michael B. Hancock, maire de Denver. Denver, ville d'accueil, ville sanctuaire.

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