Sous la grêle osée

29 juillet 2015

Something Must Be Done About Prince Edward County (Kristen Green)

Edward

Dans ce livre, Kristen Green raconte la fermeture des écoles publiques dans le comté de Virginie où elle a grandi et la création la Prince Edward Academy réservée aux blancs. C'est ce moyen qu'avaient trouvé les riches notables du comté pour lutter contre la déségrégation des écoles à la suite de l'arrêt de la Cour Suprême dans l'affaire Brown v. Board of Education of Topeka.

Au cours de ses recherches, Kristen Green, elle-même sortie de la Prince Edward Academy, apprend que son grand-père faisait justement partie de ses riches notables, attachés à leurs droits et à leur liberté, et à ceux des Etats. Elle tente d'en savoir plus sur la participation de son cher grand-père et de comprendre ses motivations. Mais ce n'est pas auprès de sa grand-mère, de ses parents, ni de ses anciens professeurs qu'elle obtiendra des informations. Ils se contentent pratiquement tous de lui dire qu'il ne souhaitait que protéger ses enfants et leur offrir ce qu'il y avait de mieux. Le fait que les enfants noirs du comté puissent en souffrir ne leur est même pas venu à l'esprit. Leurs parents n'avaient qu'à créer leur propre école privée. C'est ce qu'avait dit en substance sa grand-mère à sa domestique noire, Elsie Lancaster (la seule personne noire que Kristen Green ait côtoyée avant de partir à l'université). Elsie est obligée d'envoyer sa fille dans le Massachusetts car elle veut que celle-ci fasse des études et ait un meilleur avenir, au lieu de se contenter d'un emploi inférieur et mal payé.

Kristen Green relie les événements qui se produisent dans son comté avec ceux qui se déroulent au niveau national. Elle ajoute aussi quelques éléments autobiographiques. Elle nous raconte notamment sa volonté de quitter le comté pour voir autre chose, fréquenter d'autres gens. Elle rencontre Jason, un Texan, qu'elle n'arrête pas de décrire comme étant non-blanc, multiracial (c'est agaçant à la longue). A la naissance de leur première fille, Ils décident d'aller vivre en Virginie, pas à Farmville, mais à Richmond, la capitale de l'Etat. Elle se rend compte que la ségrégation n'a pas vraiment disparu, même si elle est plus économique que raciale.

Malgré la naïveté (feinte ? exagérée ?) dont fait preuve Kristen Green, j'ai vraiment apprécié ce livre : témoignages des enfants noirs qui ont dû quitter le comté pour être éduqués, de ceux de la « génération perdue » qui ne se sont jamais remis de ces quatre années sans cours, de leurs parents, mais aussi des blancs qui ont souffert en raison de leur opposition à la fermeture des écoles, ou simplement d'un manque de moyens, actions de ceux qui ne se sont jamais inquiétés du sort des laissés-pour-compte, de ceux qui ont profité de la situation et qui avaient intérêt à ce que rien ne change. Même si la plupart des événements sont connus, il était intéressant de les « vivre » dans un contexte précis.

http://www.harpercollins.com/9780062268679/something-must-be-done-about-prince-edward-county

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26 juillet 2015

The Hard Bounce (Todd Robinson)

bounce

J'ai trouvé ce titre sur le site de Gallmeister (j'ai dû rechercher le titre original car Gallmeister ne l'indique jamais. C'est pas bien.). L'histoire m'a paru « sympa » et j'ai donc pris le livre à la bibliothèque.

Boo et Junior, videurs dans un club et accessoirement patrons d'une société de sécurité, 4DC, sont embauchés par un homme important de Boston pour retrouver sa fille, la fameuse Cassandra du titre français, qui a fugué. L'homme important est en fait le procureur de la ville qui compte se présenter aux élections municipales et souhaite une enquête discrète avant que les journaux s'emparent de l'affaire. Ils découvrent que Cassandra, une adolescente, est impliquée dans le tournage de films clandestins.

J'ai immédiatement pensé aux épisodes de Luther quand il tente de sauver Jenny. Et j'ai eu peur que l'ambiance soit aussi glauque. Et ce n'est pas le cas grâce aux personnages de Boo et Junior. Ils se connaissent depuis qu'ils sont enfants, lorsqu'ils étaient à l'orphelinat. Ils s'envoient constamment des vannes, et les dialogues entre eux (et leurs anciens « codétenus ») apportent beaucoup d'humour à une histoire dure et violente. Ils ont aussi beaucoup de mal à maîtriser leur colère, ce qui donne lieu à des scènes difficiles. Mais comme ils ne s'attaquent qu'aux mauvais... Je n'en dirai pas plus.

Malgré quelques longueurs vers la fin, j'ai trouvé ce premier roman bien percutant et plutôt original (les deux héros ne sont vraiment pas conventionnels). J'ai aimé les situations (même si certaines sont un peu dures et que Boo se la joue un peu trop macho parfois), l'enquête et les réactions des deux zigotos. Todd Robinson n'hésite pas à rendre ridicules ses héros et à souligner leur côté infantile : Boo a toujours un bippeur par exemple, Junior pète dans l'ascenseur d'un immeuble bourgeois... C'est bien de redescendre au ras des pâquerettes parfois. En tout cas, si Todd Robinson décide de faire une série, je lirai avec plaisir la suite des aventures de Boo et Junior.

Boo Malone lost everything when he was sent to St. Gabriel's Home for Boys. There, he picked up a few key survival skills; a wee bit of an anger management problem; and his best friend for life, Junior. Now adults, Boo and Junior have a combined weight of 470 pounds (mostly Boo's), about ten grand in tattoos (mostly Junior's), and a talent for wisecracking banter. Together, they provide security for The Cellar, a Boston nightclub where the bartender Audrey doles out hugs and scoldings for her favorite misfits, and the night porter, Luke, expects them to watch their language. At last Boo has found a family.

But when Boo and Junior are hired to find Cassandra, a well-to-do runaway slumming among the authority-shy street kids, Boo sees in the girl his own long-lost younger sister. And as the case deepens with evidence that Cassie is being sexually exploited, Boo's blind desire for justice begins to push his surrogate family's loyalty to the breaking point. Cassie's life depends on Boo's determination to see the case through, but that same determination just might finally drive him and Junior apart. What's looking like an easy payday is turning into a hard bounce--for everyone.

http://thuglit.com/about/

Titre français : Cassandra. Traduit par Laurent Bury.

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24 juillet 2015

Perfect World (Huey Lewis and the News)

Et aujourd'hui, c'est Perfect World. En espérant que les choses vont s'améliorer...

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22 juillet 2015

The Girl Who Played with Fire et The Girl Who Kicked the Hornet's Nest (Stieg Larsson)

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Je voulais faire un billet pour chacun des deux livres qu'il me restait de la trilogie Millennium, mais je n'en aurai pas le courage. Enfin, plutôt, les billets seraient trop courts. J'aurais plus de chance si je parle des deux en même temps.

C'est peu de dire qu'ils m'ont moins passionnée que le premier. L'effet de surprise étant passé en quelque sorte, j'ai trouvé les deux suivants moins bien réussis. Même si j'ai apprécié de terminer l'histoire et de connaître l'avant et l'après, et d'avoir une explication pour tous ces événements.

Dans The Girl Who Played with Fire, Lisbeth Salander devient une super héroïne, fait le tour du monde, s'achète un super appartement, se débarrasse de deux loubards/motards et résout même le dernier théorème de Fermat. J'avais entendu parler de ce problème, mais j'ignorais les circonstances de sa découverte. J'ai trouvé ça intéressant. J'ai ri quand Lisbeth a trouvé la solution : en effet, c'était tout simple. Mais Stieg Larsson se garde bien de nous donner la solution.

Ce deuxième tome traite du trafic sexuel, notamment de mineures exploitées (évidemment de pays de l'ex-URSS) par de hauts dirigeants. On fait aussi la connaissance des deux monstres que sont le père et le demi-frère de Lisbeth, et on en apprend davantage sur l'enfance de cette dernière. Quand elle est accusée d'un triple meurtre, la presse se déchaîne et c'est à qui sortira l'article le plus ridicule. J'ai trouvé cette partie franchement absurde.

 hornet

 Le troisième tome, The Girl Who Kicked the Hornet's Nest, s'enfonce dans le ridicule. Les responsables du complot contre Lisbeth reprennent du service pour la détruire complètement. J'ai trouvé les chapitres sur la Section de la Säpo (la sureté suédoise) ennuyeux et pathétiques. Mais tout ça s'écroule lors du procès de Lisbeth et celle-ci règle ses comptes avec brio.

Je sais, je suis un peu sarcastique sur ce coup-là, mais certains faits n'étaient vraiment pas crédibles, et ça m'a gâché la lecture. Mais dans l'ensemble, l'intrigue est solide et j'ai aimé lire ces deux derniers livres. En revanche, il n'est pas certain que je lise la suite qu'a écrite David Lagercrantz (The Girl in the Spider's Web) et qui doit sortir le 27 août.

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17 juillet 2015

Heart and Soul (Huey Lewis and the News)

Comme je suis fan de rock californien, j'aime beaucoup Huey Lewis and the News. Mais j'hésite pour ma chanson préféréé : Perfect World ou Heart and Soul (au moins, je n'ai pas les mêmes goûts que Patrick Bateman). Je les ai écoutées toutes les deux, mais je n'arrive pas à les départager. Cette semaine, je choisis Heart and Soul.

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16 juillet 2015

The Land of Steady Habits (Ted Thompson)

steady

Je ne sais plus où j'avais trouvé ce titre. C'est peut-être sa couverture qui m'a attirée. Mais si j'avais lu les éloges des critiques, j'aurais peut-être hésité. En effet, le nom d'Updike revient (un peu trop) souvent et le seul livre que j'avais lu de lui ne m'avait pas emballée plus que ça. Mais bon, j'ai lu The Land of Steady Habits et je l'ai terminé. Je me suis demandé à plusieurs reprises si j'allais arrêter, s'il allait enfin se passer quelque chose, enfin, s'il allait se passer autre chose que du prévisible. Pas vraiment...

Alors, dans la famille riche, je demande le père, Anders, qui travaille à Manhattan, prend le train de banlieue chaque matin et chaque soir depuis le Connecticut, se « sacrifie » pour que sa famille vive confortablement et que ses fils fassent de bonnes études. J'oublie d'ajouter qu'avec tout ça, il est franchement ridicule. Dans la famille riche, je demande la mère, Helen, qui tient la maison, raconte tout à sa meilleure amie, Sophie, et travaille dans une organisation à but non lucratif. Et puis il y a les fils : le fils parfait et le rebelle qui obtient enfin son diplôme à 30 ans.

Si le style est agréable, j'ai été un peu déçue par tout ce que le roman contient de convenu et de prévisible. Anders, au début de la soixantaine, décide de prendre sa retraite parce que la vie qu'il mène le dégoûte, de divorcer parce qu'il a l'impression que sa famille l'exploite et ne trouve rien de mieux que d'aller fumer un joint avec le fils de Sophie lors de la soirée annuelle que cette dernière donne ; soirée à laquelle il est invité par politesse et où il n'est pas le bienvenu. Je n'ai pas compris pourquoi quelqu'un qui veut se démarquer de cette vie et de cette communauté se sent obligé de répondre à l'invitation. Et c'est un peu comme ça dans tout le livre. Tout le monde critique Anders, mais, avec sa maladresse, il en remet chaque fois une couche.

The Land of the Steady Habits est le surnom du Connecticut en raison de la morale très stricte de ses habitants. Anders est donc vu d'un très mauvais œil par sa communauté parce qu'il veut mener sa vie comme il l'entend. Tout le monde oublie alors son comportement exemplaire pendant 40 ans. Je dois dire que je n'ai pas bien compris ce qu'on lui reprochait comme ça puisqu'en fin de compte, ses actions ne sont pas bien méchantes et souvent dues à sa maladresse.

L'ensemble reste agréable à lire, mais ce n'était pas vraiment le raz-de-marée que j'attendais. Une demi-seconde, j'ai pensé à The Lost Language of Cranes, mais ensuite, c'était plutôt tous ces pères de sitcom américains qui n'ont pas tout compris et dont tout le monde se moque. Il s'agit d'un premier roman et apparemment, beaucoup de gens l'ont apprécié. Moi, il m'a manqué un petit quelque chose.

Coming of age can happen at the strangest times. For Anders Hill, long ensconced in “the land of steady habits”—the affluent hamlets of Connecticut that dot the commuter rail line—it’s finally time to reap the rewards of a sensible life. Into his sixties and newly retired, his grown sons’ college tuitions paid in full, Anders finds the contentment he’s been promised is still just out of reach. So he decides he’s had enough of steady habits: he leaves his wife, buys a condo, and waits for freedom to transform him.

But as the cheery charade of Christmas approaches, Anders starts to wonder if maybe parachuting from his life was not the most prudent choice. Stripped of the comforts of his previous identity, he turns up at a holiday party full of his ex-wife’s friends, and sets in motion a series of events by turns comic and catastrophic. Before the year has turned, he has to face the startling possibility that the very world he rejected may in fact be the only one he needs.

Charting the arc of a forty-year marriage this finely observed novel about a man deep in conflict with his community and his past brings into sharp relief the powers of memory, miscommunication, routine, and disappointment to shape and define a family’s mythology. The Land of Steady Habits introduces Ted Thompson as an auspicious talent with striking compassion for his characters and new insight into the American tradition of the suburban narrative.

http://www.tedthompson.net/post/48047327785/the-evolution-of-a-first-novel

Titre français : Une étonnante retraite. Traduit par Marc Amfreville.

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15 juillet 2015

Dry Bones (Craig Johnson)

Bones

Après un recueil de nouvelles l'an dernier, Craig Johnson nous offre une enquête de Longmire autour du squelette d'un tyrannosaure, surnommé Jen, du nom de la jeune femme qui l'a découvert. Le propriétaire des terres où le squelette est enterré est retrouvé assassiné. Tout le monde se bat pour s'approprier Jen dont la valeur serait supérieure à huit millions de dollars.

Je me « plaignais » la dernière fois de la neige qui rendait les poursuites très difficiles pour notre shérif. Dry Bones a lieu en été et c'est aux impitoyables orages que Walt doit faire face. Comme quoi, le temps n'est jamais clément dans le comté d'Absaroka.

Ma sœur n'a pas plus aimé celui-ci que le précédent. Une nouvelle fois, Henry Standing Bear arrive tard (mais dans une scène magnifique), mais bon, il s'agit de la série Longmire. Moi, je l'ai trouvé très bon, drôle (en particulier, un épisode entre Longmire et un appaloosa appelé Bambino) et émouvant (quand notre héros évoque son grand-père. Rien que pour ça, je recommande ce livre.). Finalement, il n'y a qu'un événement tragique qui m'a un peu déçue. Inutile pour moi, mais trop visiblement nécessaire pour la suite de la série.

Le titre Dry Bones évoque la vision d'une plaine couverte d'ossements dans le chapitre 37 du Livre d'Ezéchiel. Dans le livre, l'un des personnages chante continuellement le spiritual Dry Bones (ou Dem Bones dont j'avais parlé ici).

Pas loin d'être mon Longmire préféré.

http://www.craigallenjohnson.com/

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14 juillet 2015

All Involved (Ryan Gattis)

involved

J'ai eu un peu peur en voyant le sujet de ce livre sur le blog de Sandrine (http://yspaddaden.com/2015/06/18/rentree-litteraire-2015-en-quelques-romans/). J'avais en tête les images de l'agression de Reginald Denny et le commentaire de ce journaliste qui assistait à la scène (de son hélicoptère ?). En gros, il disait que si on n'était pas raciste, on le deviendrait en voyant ça. Moi, évidemment, je n'ai vu que des connards qui attaquaient un type sans défense. Mais moi, je suis noire. Donc, je m'attendais à la même chose sur 359 pages. Je me suis trompée. Les noirs ne font qu'une apparition discrète. Ce sont les Chicanos qui ont la vedette. Ils font pratiquement tous partie de gangs et profitent des émeutes pour régler leurs comptes, prendre l'ascendant sur les gangs rivaux ou enrichir leur arsenal.

Comme l'indique le titre français (Six jours), l'auteur raconte des « événements » qui se sont déroulés au cours des six jours d'émeute en 1992 à Los Angeles, à la suite du verdict dans le procès des policiers qui ont tabassé Rodney King. Le titre original, All Involved, désigne quelqu'un qui est impliqué dans les activités de gang. Le roman se termine par un glossaire de sept pages, expliquant quelques termes du langage des Latinos. Je l'ai trouvé un peu chichiteux ce glossaire parfois. A croire que les lecteurs ne sont jamais sortis de leur trou. Mais bon, il est quand même utile si le contexte ne permet pas de trouver le sens.

Le roman en lui-même est très violent. Il m'a fait penser au feuilleton Southland. Et pourtant, le feuilleton ne se déroule pas pendant les émeutes. Si ça se passe comme ça en temps normal, j'ose à peine imaginer l'atmosphère qui régnait en 1992. Le roman est découpé en six parties (une par jour) et chacune raconte les événements du point de vue de 17 personnages touchés par ces émeutes. On trouve plusieurs membres de gang, apprentis gangsters, dealers, une infirmière, un pompier et des victimes qui se trouvent au mauvais endroit au mauvais moment. Un des personnages est anonyme et raconte une action peu glorieuse (peut-être nécessaire, mais finalement futile) menée au cours de ces émeutes. Je n'en dis pas plus, sauf que j'ai été surprise et qu'en fin de compte, cet incident est certainement véridique.

Alors oui, c'est un livre à lire absolument pour mieux comprendre certains aspects de ces émeutes et de la vie dans les gangs. Je l'ai trouvé intéressant, très prenant et très bon même si la logique (ce cercle vicieux de règlements de comptes et de vengeance) et la mentalité (aucun respect pour les autres) de ces gangs m'échappent totalement. Il faut s'accrocher car c'est vraiment très explicite et très dur. Les lueurs d'espoir sont vraiment rares, les notes d'humour aussi. Mais il y en a quelques-unes.

http://www.harpercollins.com/9780062378798/all-involved

At 3:15 p.m. on April 29, 1992, a jury acquitted three white Los Angeles Police Department officers charged with using excessive force to subdue a black man named Rodney King, and failed to reach a verdict on the same charges involving a fourth officer. Less than two hours later, the city exploded in violence that lasted six days. In nearly 121 hours, fifty-three lives were lost. But there were even more deaths unaccounted for: violence that occurred outside of active rioting sites by those who used the chaos to viciously settle old scores.

A gritty and cinematic work of fiction, All Involved vividly re-creates this turbulent and terrifying time, set in a sliver of Los Angeles largely ignored by the media during the riots. Ryan Gattis tells seventeen interconnected first-person narratives that paint a portrait of modern America itself—laying bare our history, our prejudices, and our complexities. With characters that capture the voices of gang members, firefighters, graffiti kids, and nurses caught up in these extraordinary circumstances, All Involved is a literary tour de force that catapults this edgy writer into the ranks of such legendary talents as Dennis Lehane and George V. Higgins.

Le site de l'auteur :

http://ryangattis.com/library/all-involved/

Titre français : Six jours

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13 juillet 2015

God Help the Child (Toni Morrison)

child

En lisant ce livre, j'ai pensé à la Cinderella Law votée au Royaume-Uni et qui permettrait de condamner les parents pour violence psychologique. Toni Morrison traite ici des violences physiques et psychologiques infligées aux enfants.

Pour l'héroïne, qui se fait surnommer Bride (elle s'appelle en fait Lula Ann), il s'agit de la négligence affective qu'elle subit de la part de sa mère, Sweetness. En effet, celle-ci l'ignore car sa peau est trop foncée. Son mari la quitte d'ailleurs, car il est impossible que cette enfant soit la sienne. S'il était courant que les esclaves dénigrent et rabaissent leurs enfants pour qu'ils ne leur soient pas enlevés pour être vendus, cette attitude se perpétue de nos jours. Et dans le cas de Bride, elle est exacerbée car sa mère veut très tôt la dresser et lui faire comprendre qu'elle n'aura pas une vie facile en raison de sa couleur. Evidemment, ce comportement laisse des séquelles sur Bride et d'autres personnes en subissent également les conséquences.

Les chapitres du roman sont présentés du point de vue de différents personnages : Bride, Sweetness, Brooklyn (la meilleure amie de Bride), pour les plus importants. Il semble que tout le monde a souffert de violences enfant ou connaît quelqu'un qui en a été victime. Et c'est un peu ça le problème dans ce roman : pour chaque type de violence, il y a une victime. J'ai trouvé certaines situations un peu simplistes et expédiées. Même si j'ai beaucoup aimé, il est vraiment dommage que Toni Morrison n'ait pas choisi d'écrire un roman plus long et donc, plus abouti. Il n'en reste pas moins que certains passages m'ont vraiment émue.

“Oh, yeah, I feel bad sometimes about how I treated Lula Ann when she was little. But you have to understand: I had to protect her. She didn’t know the world. There was no point in being tough or sassy even when you were right. Not in a world where you could be sent to a juvenile lockup for talking back or fighting in school, a world where you’d be the last one hired and the first one fired. She couldn’t know any of that or how her black skin would scare white people or make them laugh and trick her.” 

Sweetness dans The New Yorker (il s'agit de plusieurs chapitres du roman) : http://www.newyorker.com/magazine/2015/02/09/sweetness-2

http://knopfdoubleday.com/book/204834/god-help-the-child/ 

Spare and unsparing, God Help the Child—the first novel by Toni Morrison to be set in our current moment—weaves a tale about the way the sufferings of childhood can shape, and misshape, the life of the adult. 

At the center: a young woman who calls herself Bride, whose stunning blue-black skin is only one element of her beauty, her boldness and confidence, her success in life, but which caused her light-skinned mother to deny her even the simplest forms of love. There is Booker, the man Bride loves, and loses to anger. Rain, the mysterious white child with whom she crosses paths. And finally, Bride’s mother herself, Sweetness, who takes a lifetime to come to understand that “what you do to children matters. And they might never forget.”

A fierce and provocative novel that adds a new dimension to the matchless oeuvre of Toni Morrison. 

Titre français : Délivrances, traduit par Christine Laferrière

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04 juillet 2015

Hans Brinker, or the Silver Skates (Mary Mapes Dodge)

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Il y a une vingtaine d'années, j'évoquais dans un message à un collègue hollandais Les patins d'argent que j'avais lu quand j'étais plus jeune. Bizarrement, il ne savait pas de quoi je parlais. Je lui donne plus de détails. Et là, il me répond que c'est un livre ridicule, écrit par une Américaine (peut-être d'origine hollandaise). Alors là, moi qui croyais que l'auteure était hollandaise. Et bien non. En plus, ajoute-t-il, elle donne une idée complètement fausse du pays. Combien de personnes portant des sabots as-tu vues aux Pays-Bas ? Exactly (il parle français, mais nous nous écrivons en anglais). Il faut dire que le livre a été écrit en 1865.

Donc, pour le challenge Popsugar, je devais choisir A book from your childhood. J'ai décidé de relire ces fameux Patins d'argent. Le livre m'avait été offert (ou il avait été offert à ma sœur) pour mon anniversaire (son anniversaire) par une copine de CM2. Oui, cette année-là, ma sœur et moi étions dans la même classe pour la première fois. Nous avions donc invité nos copines de classe. Sophie, qui habitait dans la même cité que nous, nous avait donc offert deux livres, dont Les patins d'argent. Je trouve la version originale sur Project Gutenberg. Ouf ! Je n'ai pas à apprendre le néerlandais pour ça. Il s'appelle Hans Brinker, or the Silver Skates. La première fois que je l'ai lu, je pensais qu'il s'agissait du conte Hansel et Gretel, et je me demandais comment une maison en pain d'épice pouvait intervenir dans cette histoire et je ne voyais pas le rapport avec Les patins d'argent. Ben oui, la sœur de Hans s'appelle aussi Gretel.

Mais revenons à cette année. Je me souvenais plutôt bien de l'histoire : le père accidenté sur les digues et amnésique depuis dix ans, le docteur qui le trépane, l'argent perdu, les patins en bois taillés par Hans, le voyage en patins en Hollande des garçons. Bizarrement, je pensais que Hans y participait aussi. En revanche, je ne me rappelais pas que l'auteure avait voulu faire dans le didactique. Elle parsème son roman de mots néerlandais, nous offrant même un petit lexique au milieu du texte. Je m'aperçois comme c'est ridicule de mettre un mot dans une autre langue toutes les deux ou trois phrases. (Je l'ai fait moi-même dans certaines lettres. La honte, quoi. Mais c'était dans des lettres.) Elle nous donne de longues descriptions des us et coutumes des Pays-Bas (un peu arriérés par rapport à ceux des Etats-Unis si modernes), des grandes villes et de leur histoire (et nous cite tous ses livres de référence), nous explique les digues, les moulins à vent (primitifs pour les plus anciens et qui auraient besoin d'améliorations Yankee), quelques mœurs un peu arriérés du pays. Mais dans l'ensemble, les Hollandais sont de braves gens. A l'image de Hans et Gretel qui vivent dans le dénuement total, mais sont travailleurs et courageux. Et ont un meilleur comportement que certains enfants riches. J'ai trouvé un petit côté Comtesse de Ségur à Mary Mapes Dodge.

Wikipedia indique qu'elle n'a visité les Pays-Bas qu'après avoir écrit son livre (non, vraiment ?) et qu'elle a obtenu un prix de l'Académie française. On indique aussi que ce livre a fait connaître le patinage de vitesse aux Américains. Je comprends mieux pourquoi les Hollandais sont si forts dans ce sport.

Je me souviens que je n'avais pas été très convaincue quand j'étais enfant (je n'ai lu le livre qu'une fois) et cette fois-ci, j'ai failli laisser tomber plusieurs fois tellement il m'agaçait. Je comprends mon collègue et je ne suis pas hollandaise.

Extraits :

Les pauvres petits Hollandais : ils ne trouvent que des livres en néerlandais chez eux.

Oh! I must tell you one more thing. We found today in an Amsterdam bookstore this story of Hans Brinker told in Dutch. It is a queer-looking volume, beautifully printed, and with colored pictures, but filled with such astounding words that it really made me feel sorry for the little Hollanders who are to read them.

En lisant ça, j'ai pensé à Coluche.

In short, almost the only familiar thing we Yankees can meet with in Holland is a harvest song which is quite popular there, though no linguist could translate it. Even then we must shut our eyes and listen only to the tune, which I leave you to guess. Yanker didee dudel down Didee dudel lawnter; Yankee viver, voover, vown, Botermelk and Tawnter! 

De l'utilité d'apprendre des mots utiles dans une autre langue et qu'est-ce qu'ils parlent mal anglais ces étrangers

If the truth must be told, Jacob had announced his cousin as Penchamin Dopps, and called his a Shon Pull, but as I translate every word of the conversation of our young friends, it is no more than fair to mend their little attempts at English. Master Dobbs felt at first decidedly awkward among his cousin's friends. Though most of them had studied English and French, they were shy about attempting to speak either, and he made very funny blunders when he tried to converse in Dutch. He had learned that vrouw meant wife; and ja, yes; and spoorweg, railway; kanaals, canals; stoomboot, steamboat; ophaalbruggen, drawbridges; buiten plasten, country seats; mynheer, mister; tweegevegt, duel or "two fights"; koper, copper; zadel, saddle; but he could not make a sentence out of these, nor use the long list of phrases he had learned in his "Dutch dialogues." The topics of the latter were fine, but were never alluded to by the boys. Like the poor fellow who had learned in Ollendorf to ask in faultless German, "Have you seen my grandmother's red cow?" and, when he reached Germany, discovered that he had no occasion to inquire after that interesting animal, Ben found that his book-Dutch did not avail him as much as he had hoped. He acquired a hearty contempt for Jan van Gorp, a Hollander who wrote a book in Latin to prove that Adam and Eve spoke Dutch, and he smiled a knowing smile when his uncle Poot assured him that Dutch "had great likeness mit Zinglish but it vash much petter languish, much petter." 

 

J'ai retrouvé la couverture du livre en français et je vois maintenant pourquoi l'histoire est un peu différente. Il s'agissait en fait d'une adaptation pour le lecteur français de Pierre-Jules Stahl. (Cliquez sur la couverture pour lire la préface où P.-J. Stahl explique cette adaptation.)

patins fr

Résumé (Hachette) : En Hollande, au pays des belles courses en patins sur les canaux gelés...
Un ouvrier - dont les deux enfants, Hans et sa soeur Gretel, sont les héros de cette histoire!- ensevelit, au matin du jour où un accident lui fera perdre la raison, toute sa fortune au pied d'un saule. Le soir du même jour, il reçoit un grave message à transmettre... Et il n'a plus sa tête à lui. Ah ! s'il pouvait guérir pour s'acquitter de cette mission, et rendre aux siens, appauvris par sa maladie, le trésor enseveli...

http://beq.ebooksgratuits.com/vents/Stahl-patins.pdf

Une des adaptations TV américaines : https://www.youtube.com/watch?v=95FYjPSiz_g

Extraits de l'adaptation Disney (et un accent authentique) : https://www.youtube.com/watch?v=FnUgldTn2ws

L'adaptation modernisée Disney : https://www.youtube.com/watch?v=mKgWv1RB5h4

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