限りなく透明に近いブルー (村上 龍)
Un livre que je n'ai pas aimé du tout et que j'ai abandonné avant la moitié : Almost Transparent Blue de Ryū Murakami. Il y a des années, j'avais lu Kyoko, livre dont je ne me souviens pas du tout. Ma sœur (qui avait acheté le livre) me dit qu'il était horrible et que l'utilisation du mot black par la traductrice l'avait agacée (moi aussi certainement, même si je ne m'en souviens pas). Anyway... J'ai abandonné. Le résumé disait qu'il présentait la jeunesse désœuvrée et perdue d'une ville portuaire proche d'une base militaire américaine, et représentait une image différente du Japon moderne. Soit. Mais les descriptions de "viols" (apparemment, les filles aiment ça parce qu'elles reviennent) et de shoots à chaque chapitre/page, très peu pour moi. Je n'aime pas cette vision différente du Japon moderne. C'est vraiment le désœuvrement extrême alors, servir de sex toys aux Américains (hommes ou pas, noirs ou pas, soldats ou pas). C'est pas gagné pour les Bébés de la consigne automatique.
The Thieves of Manhattan (Adam Langer)
J'avais été déçue par le Larry McMurtry. Je m'attendais donc au pire avec ce livre, malgré son beau titre (beau, parce qu'il contient le mot Manhattan, bien sûr). Mais je dois avouer que...
J'ai été agacée par la transcription de la façon de parler de la petite amie roumaine (ukrainienne, polonaise selon l'interlocuteur américain, pour qui c'est la même chose de toute façon) du héros. Dès qu'elle ouvrait la bouche, je rouspétais : Mais une Roumaine ne parlerait jamais comme ça. (...) but I vas yunk and fooleesh den, end eeven though (elle n'a pas de problème pour le th apparemment) he hedd no tellent, he vas allvays switt. Au bout de trois ou quatre interventions roumaines, je me suis dis : A moins que... Et c'était bien ça. Un bon point pour Adam Langer.
Et puis, il y avait un autre truc qui m'agaçait. Ce tic de langage, cette manie de remplacer certains mots par schtroumpf ou plutôt smurf, par le nom d'un personnage ou d'un auteur. poppins : un parapluie ; golightly : robe de soirée moulante. Il se la pète un peu le Langer, je ne vais pas supporter ça longtemps. Finalement, il s'en rend compte, car il nous en donne l'explication. Tout compte fait, ce n'est pas de sa faute et il nous offre un glossaire à la fin du roman.
Et bien après, ça se passe beaucoup mieux. J'ai un peu moins aimé le côté course-poursuite, mais même ces passages sont intelligents et bien écrits. J'ai pensé aux scandales James Frey et Misha Defonseca. C'est très drôle, une critique très intelligente du milieu new-yorkais de l'édition. Je ne dis pas chef-d'œuvre, mais totalement prodigieux.
Je n'ai choisi qu'un extrait :
Chapter One
Girl, you know it's true
MILLI VANILLI
http://www.adamlanger.com/pages/ThievesOfManhattan.html
Enraged by his girlfriend's literary success and another writer's best-selling fictional memoirs, aspiring writer and low-paid coffee shop employee Ian is embroiled in an elaborate scheme to pen his own bogus memoir and discovers unsettling industry hypocrisies. By the author of Crossing California.
http://www.npr.org/books/titles/138043275/the-thieves-of-manhattan
Breakaway (Tracey Ullman)
La rétro de l'année du bac continue. Qu'est-ce que je l'ai chantée cette chanson ! J'ai appris par la suite que Tracey Ullman était une comique. A mon arrivée aux Etats-Unis, j'ai plusieurs fois regardé son émission sur HBO, mais je n'ai pas vraiment accroché.
Malheureusement, l'image n'est pas très belle.
L'année suivante, Tracey nous offrait My Guy, reprise du My Girl de Madness. (Ce n'est pas l'accent de Suggs !)
Promenade
Mercredi, nous sommes allées faire du shopping avec une amie. Je vous explique. Le mardi, elle m'annonce que sa fille aînée (qui est senior au lycée et que j'appellerai Aura) a été invitée à la prom. Le temps passe. Aura avait 4 ans et sa sœur, que j'appellerai Dana, 1 an quand leurs parents sont arrivés de France en 1999. (J'ai choisi des prénoms espagnols par hasard.) Leur père était un de mes collègues. Les deux filles sont maintenant de vraies Américaines. Les parents, eux, ont découvert le système scolaire américain grâce à leurs filles. Et avec l'aînée, ils découvrent à présent les événements essentiels de la fin de scolarité des lycéens américains. Leur mère me raconte que depuis plusieurs jours, elle entendait ses filles parler de la prom. Dana répétait à sa sœur que ce serait la honte si personne ne l'invitait. Ouf ! L'honneur est sauf. Mais maintenant il faut acheter une ou deux robes pour la fille pour la prom donc et pour le senior breakfast. Et des chaussures ! Je lui explique qu'elle doit également acheter une boutonnière pour le garçon et que lui doit acheter le corsage pour la fille, payer les billets d'entrée à la prom et la limousine. Quoi ? Une limousine ? Oui, ils peuvent aussi aller dans leur voiture (ils habitent un quartier huppé, tous les mômes ont une voiture). Elle ne comprend pas vraiment l'importance de la prom ici. Je lui dis que certaines filles dépensent beaucoup d'argent (certains parents ont les moyens et sinon, les filles travaillent pour acheter les robes, aller au salon de coiffure, se faire maquiller...). Lorsque j'étais assistante, l'une des élèves m'avait dit qu'elle avait payé sa robe 1000 dollars (je me souviens qu'elle travaillait chez Hallmark tous les jours après l'école). Je lui raconte mes souvenirs de prom. J'ai pu lui parler de mon expérience lorsque j'étais assistante en Caroline du Nord. (L'angoisse pour trouver une tenue. La prof de français avait une garde-robe étendue heureusement.) J'étais surprise tout de même qu'elle ne connaisse rien à ce sujet. Mais elle n'a pas dû regarder autant de feuilletons américains que moi. Elle me dit qu'elle ne connaît pas le garçon et qu'elle aimerait le voir avant. Elle ne comprend pas pourquoi sa fille doit obligatoirement avoir un cavalier. Je lui dis que pourtant, j'avais vu beaucoup de filles aller en groupe puisqu'elles n'avaient pas été invitées, mais ne voulaient pas rater une occasion de porter une belle robe. Elle me répond qu'apparemment dans cette école, ça ne se fait pas. (C'est ce que nous confirmera plus tard sa fille.) Finalement, je lui propose d'aller avec elle faire du shopping. Elle me dit qu'elle ne sait même pas où acheter ces robes. Sa fille lui a parlé de Macy's. Je lui dis qu'elle peut également aller voir dans les boutiques de mariage.
Le lendemain, nous allons à Macy's. Un rayon riquiqui avec des robes tellement laides... Nous repartons assez vite. David's Bridal a un peu plus de choix. Mais les prix... La mère va voir le clearance rack et nous montre une robe. Nous : Tu ne vas pas lui faire ça ! Elle nous répond : Vous êtes pires que mes filles ! Nous passons dans un dernier magasin (qui propose des fins de série) où nous voyons des robes qui pourraient faire l'affaire pour le senior breakfast ou senior dress-up. Nous n'avons rien acheté, elle voulait juste se faire une idée. Nous lui disons de revenir avec sa fille, car nous ne connaissons pas trop les goûts de la jeunesse de maintenant. Nous retournons chez elle. Les enfants (ils ont deux filles et un garçon) rentrent un par un, et repartent ensuite un par un à leurs différentes activités. J'en avais le tournis. Nous parlons encore de la prom avec les parents, et je leur dis qu'il existe même des magazines ou des numéros spéciaux. Comme les magazines de robes de mariée.
Nous discutons un peu avec Aura et Dana. Elles sont en période d'examens et sont un peu stressées. Nous les faisons rire en leur parlant des robes que leur mère nous avait montrées. Aura nous dit qu'elle ne veut pas aller avec sa mère, parce que celle-ci n'a aucun goût. Quand elle nous montre les chaussures que sa mère veut qu'elle mette, c'en est trop. Mais ça ne va pas du tout. Avec une robe longue, il faut des chaussures à talons. Ben non, ce n'est pas la boum du lycée à laquelle on va en jeans. La mère nous répète que nous sommes pires que ses filles.
Il reste le problème du cavalier. Les parents veulent rencontrer le jeune homme. Aura nous (ma sœur et moi lui en avons parlé) a dit : Hors de question. Je lui ai dit que ça n'a rien de gênant. Mais apparemment, oui. De toute façon dit-elle, ils vont pouvoir le rencontrer pour les photos. Sa mère demande si ma sœur et moi pouvons venir. Nous répondons tout de suite non. Et sa fille ajoute : C'est pour les parents. En revanche, nous pouvons venir à la cérémonie de remise des diplômes. Elle aura lieu le 22 mai dans le stade de l'école. Nous avons accepté (maintenant, je me demande si c'est une bonne idée. Je vais certainement pleurer comme une madeleine.). Aura nous demande de parler à sa mère de la manucure. Sa mère répond : Je la ferai moi-même. Aura : Mais tu ne sais pas faire les ongles.
Aujourd'hui, Aura a envoyé à ma sœur une photo de la robe qu'elle a trouvée.
On remonte enfin...
Le titre dès la saison prochaine ? Pour 200 millions, c'est possible.
En tout cas, je vous suivrai sur TV5.
PS Il paraît que Messi veut quitter l'Espagne... Je dis ça, je dis rien.
The Belle Stars
Encore des tubes de l'année du bac. Aujourd'hui, The Belle Stars. Après m'être habituée à la "faute" dans leur nom, j'ai commencé à apprécier leur musique.
Tout d'abord, ZE tube : Sign of the times. Celle qu'on entendait tout le temps, partout... Et quel magnifique accent ! Je me souviens que j'adorais les dents écartées de la chanteuse.
Et puis, celle-ci que l'on entendait moins mais qui était la préférée de ma sœur. Et toujours ce magnifique accent ! Les filles du groupe manquent totalement de rythme. It's painful!
56' On reconnaît Feargal Sharkey qui a eu quelques tubes dans les années 80 aussi.
Nothing Gold Can Stay (Ron Rash)
Le titre de ce recueil de nouvelles est celui d'un poème du (plus grand ?) poète américain Robert Frost. Ces quatorze nouvelles ont été publiées auparavant dans différents magazines. Ron Rash nous y dresse le portrait de la vie dans les Appalaches de Caroline du Nord, de la Guerre de Sécession à nos jours.
A en croire les nouvelles, il n'y a pas de gens heureux dans cette région. Elles donnent un sentiment de fatalisme, de violence et d'injustice. On n'y vit pas, on y survit. Les jeunes semblent hésiter entre faire des études pour échapper à leur petite ville et à leur petite vie, et remplir le vide de meth.
The boys he rode the bus with no longer invited him on hunting and fishing trips. Soon they didn't bother to speak. During the long bus trip to and from school, Jody saw them staring at the books he withdrew from his backpack, not just ones for class but books Lauren passed on, tattered paperbacks of The Catcher in the Rye and The Hitchhiker's Guide to the Galaxy, books from the library on astronomy and religion. It was an act of betrayal to some.
All Lauren had to do was wait four years and they could leave Canton forever, leave a life where checkbooks never quite balanced and repo men and pawnbrokers loomed one turn of bad luck. Jody had watched other classmates, including many in college prep, enter such a life with an impatient fatalism. They got pregnant or arrested or simply dropped out. Some boys, more defiant, filled the junkyards with crushed metal. Crosses garlanded with flowers and keepsakes marked roadsides where they'd died. You could see it coming in the smirking yearbook photos they left behind.
(Les deux passages ci-dessus sont extraits de la nouvelle Those Who Are Dead Are Only Now Forgiven. La fin m'a fait penser à American Graffiti. Moi qui pestais contre le personnage interprété par Ron Howard parce qu'il n'allait pas à l'université, là, j'ai été servie.)
Ce sont des nouvelles. Si le style est toujours très bon, la fin de certaines est un peu facile. C'est bien de vouloir laisser le lecteur deviner (et dans ce cas on ne lui donne pas tous les éléments), mais j'ai parfois ressenti un peu de malaise (même si je sais qu'il ne s'agit que de littérature). Mais dans l'ensemble, ces nouvelles m'ont plu. Je recommande. Et puis, Ron Rash ne peut pas écrire The Cove à chaque fois.
PEN/Faulkner Award finalist and New York Times bestselling author Ron Rash turns again to Appalachia to capture lives haunted by violence and tenderness, hope and fear, in unforgettable stories that span from the Civil War to the present day.
In the title story, two drug-addicted friends return to the farm where they worked as boys to steal their former boss's gruesomely unusual war trophies. In "The Trusty," which first appeared in The New Yorker, a prisoner sent to fetch water for his chain gang tries to sweet-talk a farmer's young wife into helping him escape, only to find that she is as trapped as he is. In "Something Rich and Strange," a diver is called upon to pull a drowned girl's body free from under a falls, but he finds her eerily at peace below the surface. The violence of Rash's characters and their raw settings are matched only by their resonance and stark beauty, a masterful combination that has earned Rash an avalanche of praise.
Falco
L'année du bac, je préparais l'oral d'allemand grâce à Falco. L'album était sorti l'année précédente, mais on n'entendait pas beaucoup d'allemand à la radio à l'époque. On faisait avec ce qu'on avait.
Tout d'abord, Der Kommissar qu'on a entendu et réentendu, et dans toutes les langues en plus. (Je l'avais acheté en anglais, c'est tout dire.)
Et Zu viel Hitze qui est une de mes chansons préférées de l'album Einzelhaft.
Pour l'oral, ça s'est bien passé. Mon accent autrichien n'est pas trop ressorti !
きらきらひかる (江國香織)
Twinkle Twinkle (Kaori Ekuni)
Traduction : Emi Shimokawa
They got married ten days ago. They haven't had sex yet and they don't intend to.
As it turned out, the only way to make their parents get off their backs about trying to "find someone" was actually finding someone--with whom to put marriage for show. Mutsuki is strictly gay and has a boyfriend, while Shoko is a clinical case of emotional instability who's in no shape for a relationship. They've each found in the other a perfect partner for a sham marriage. Since the conspirators' parents know of their own child's undesirability, but not the spouse's, the union manages to please them. And while the newlyweds hope, in their own way, to live happily ever after, they inevitably come face to face with the fact that no marriage real or staged, is a fairy tale.
J'ai cette passion pour le Japon, pays où je n'ai jamais mis les pieds et dont j'apprends la langue un mot par an à la fois depuis presque 27 ans maintenant (le temps passe). Je ne sais plus où j'ai trouvé ce titre, mais il m'a plu. Je n'en dirai pas grand chose parce qu'il est très court, 171 pages écrites en tout petit. Je ne savais pas du tout de quoi il s'agissait. C'était une surprise donc, une très agréable surprise en plus. J'aime toujours l'atmosphère des romans japonais et dans celui-ci, je n'ai pas été déçue. Les personnages de Shoko et de Mutsuki (surtout) sont attachants, et leurs tentatives pour faire plaisir à l'autre et les attentions qu'ils ont l'un pour l'autre sont émouvantes, même si elles échouent parfois lamentablement.
Kaori Ekuni publie beaucoup, mais elle est peu traduite. Dommage parce que j'aimerais beaucoup en lire davantage.
J'ai bien aimé cette remarque du beau-père de Shoko :
"Marry him? Must be like embracing water."











