Sous la grêle osée

02 septembre 2015

Crazy Rich Asians (Kevin Kwan)

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J'ai toujours eu une passion pour Singapour. Je ne connais que l'aéroport qui m'avait impressionnée. Et je rêvais devant les cartes postales que ma sœur avait achetées : l'hôtel Marco Polo, l'immeuble de la banque OCBC, conçu par I.M. Pei (tu m'étonnes) et le célèbre Merlion. J'étais jalouse quand ma sœur a reçu une lettre d'une correspondante singapourienne. Quelques années plus tard, j'en ai trouvé une aussi. Nous nous sommes écrit pendant quelques années et puis, elle a commencé un stage dans un magazine de mode et je n'ai plus eu de nouvelles. Je l'ai retrouvée grâce à Facebook, mais elle n'a pas accepté mon invitation. Apparemment, elle est devenue une personnalité de la mode dans l'île (ou alors, elles sont deux à porter ce nom peu courant). Tu m'étonnes qu'elle ne m'ait pas répondu. Ma passion ne date pas d'hier donc. Malgré toutes les anecdotes entendues sur tous les interdits (je me passerai de chewing-gum une fois là-bas), j'ai toujours rêvé d'y aller pour un vrai séjour. Mais bizarrement, j'ai complétement raté la sortie de Crazy Rich Asians dont j'avais pourtant repéré la couverture.

Je ne pourrai pas faire de résumé, parce qu'il y a trop de personnages. Un arbre généalogique est d'ailleurs fourni (sur un Kindle, ce n'est pas évident). Mais ce n'est pas hyper utile en fin de compte pour s'y retrouver. Il vous suffit de connaître vos classiques en matière de marques parce que ça défile et ce n'est même pas lassant. (Ce qui est drôle, c'est que ces marques sont toutes produites en Asie. Mais je ne dis rien.) Kevin Kwan nous décrit des soirées hallucinantes, des séances de shopping sidérales et un mariage dithyrambique. A moins que ce ne soit exponentiel. Jets et îles privés sont monnaie courante. Sous cette débauche de luxe et une bonne couche d'humour, on en apprend tout de même beaucoup sur la diaspora chinoise, la jet-set singapourienne et la cuisine fusion.

J'ai ADORÉ. Et je compte lire la suite bientôt.

http://www.kevinkwanbooks.com/

Titre français : Crazy Rich à Singapour. Traduit par Nathalie Cunnington.

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31 août 2015

Estes Park et Rocky Mountain National Park

Nous n'avions pas prévu d'aller dans le parc. Nous comptions rester à Estes Park. Notre dernière visite remontait à 16 ans. Entre temps, la ville a créé des navettes gratuites qui parcourent la ville. Il existe également une navette pour entrer dans le Rocky Mountain National Park. D'après les renseignements fournis sur Internet, il fallait payer l'entrée du parc même si on prenait la navette. Il était trop tard pour emprunter une des routes qui arrivent jusqu'au sommet et mon cousin comptait prendre un des chemins de randonnée pour le rejoindre ce sommet. Hors de question pour nous de faire de la randonnée. Un des employés du visitor center nous dit que l'entrée du parc n'est payante que si tu entres avec ton véhicule. Ma sœur et moi décidons d'accompagner notre cousin jusqu'au point de départ de sa randonnée et donc, de prendre les deux navettes jusqu'au terminus (Bear Lake) et de revenir aussitôt. Notre cousin nous rejoindrait plus tard à Estes Park. Nous laissons la voiture et prenons la première navette. Lorsque nous descendons, il fait très froid. Mon cousin n'a pas voulu prendre sa veste parce qu'il était sûr qu'il ferait trop chaud pendant la marche. Nous prenons la deuxième navette, il se met à tomber des cordes. Nous avons tout de même la chance d'apercevoir un wapiti sur le bord de la route. Quand nous arrivons au terminus, il ne pleut plus. Le ranger nous dit : C'est dommage, vous avez raté la pluie. Ma sœur prend une photo de mon cousin (au cas où il faudrait envoyer les secours) et le voilà parti. Nous reprenons notre navette. Ca sent un peu le fauve avec tous ces marcheurs qui ont été arrosés. Nous apercevons le premier wapiti, puis un second. Nous avons même l'occasion d'utiliser une toilette sèche (vault toilet). L'odeur est infecte (on n'en sort pas) et il n'y a évidement pas d'eau.

De retour à Estes Park, nous profitons des navettes pour faire le tour de la ville. Nous avons amplement l'occasion d'admirer le Stanley (oui, celui qui a inspiré The Overlook à Stephen King pour The Shining) et reconnaissons un magasin repéré il y a 16 ans à cause de son nom : Serendipity (nous étions quatre linguistes dans la voiture et nous avions discuté du sens de ce mot). Nous prenons ensuite un des chemins pour nous rendre au lac Estes. Nous avons pu voir les dégâts causés par les inondations de 2013. Nous retrouvons notre cousin plus tard. Il nous dit qu'il a couru pour redescendre de la montagne. Il n'a pas tout de même pas réussi à arriver avant la tombée de nuit. Je ne vous raconte pas la conduite de nuit pour redescendre. Heureusement, les automobilistes étaient disciplinés. Pas de malade qui essaie de s'installer sur ton siège arrière. Nous avons prévu d'y retourner un jour pour emprunter Trail Ridge Road (all from the comfort of our car, comme dit le site). J'aimerais aussi voir quelques cascades.

Un des parkings gigantesques du parc, avec les fameuses navettes et quelques camping-cars.

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Les poubelles blindées :

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Et le Stanley vu du visitor center d'Estes Park : 

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30 août 2015

Denver Botanic Gardens

Début de la visite des Denver Botanic Gardens, pas loin du centre-ville, par la serre. Après la chaleur sèche du dehors, la chaleur humide artificielle.

Pas fan des zoos, alors une grenouille (même vénéneuse) dans un aquarium, pas certaine d'apprécier.

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De jolies fleurs. Le marquage étant un peu spécial, je n'ai pas noté leurs noms pour ne pas me tromper.

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Impossible d'en rapporter de Martinique. Alors je me contenterai de celles de la serre. (Je rigole, je n'aime pas tellement ces fleurs.)

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D'autres fleurs rouge et jaune.

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Un jardin japonais avec une salle pour la cérémonie du thé (fermée pendant notre visite). Des pancartes nous permettant de réviser notre vocabulaire japonais. Les kanji ne sont pas très beaux.

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Denver était en ébullition quelques jours auparavant pour l'ouverture de Stinky, l'Amorphophallus Titanum. La plante s'était refermée au moment de notre visite. Nous n'avons donc pas eu droit à l'odeur. Mais les journaux du pays en ont parlé.

http://kdvr.com/2015/08/19/stinky-the-foul-smelling-corpse-flower-brings-interesting-odor-descriptions-from-visitors/

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A travers les jardins, une exposition des chevaux de Deborah Butterfield.

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Et près de la buvette et du potager...

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29 août 2015

Message rassurant

Dans les toilettes d'un restaurant hier soir... N'est-ce pas rassurant de savoir que les employés doivent se laver les mains ? La procédure est également décrite en anglais et en espagnol. Ils ont oublié de préciser que les employés devraient se servir du papier pour ouvrir la porte des toilettes, au cas où des clients indélicats seraient partis sans se laver les mains !

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 Comme c'est un peu flou, je vous propose la procédure en français.

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 Ça ne serait pas du luxe dans certains hôpitaux français.

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28 août 2015

Delicate (Terence Trent D'Arby, feat. Des'ree)

J'ai cette chanson en tête depuis hier. Je me souviens qu'à l'époque ma sœur aimait beaucoup cette chanson. Alors, c'est pour elle.

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25 août 2015

Cheyenne !

Dimanche, nous étions dans la capitale de l'Etat de Longmire. Pas très peuplée : même pas 70000 habitants. Et un centre-ville particulièrement désert le week-end. En revanche, quand nous sommes rentrées à Denver, le centre-ville était très animé. Bon, c'était le soir aussi.

Un centre-ville désert donc :

De quand date cette vitrine ?

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On trouve aussi le musée Cowgirls of the West :

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Un capitole :

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Et la magnifique statue du chef shoshone Washakie :

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Et des tiags, des tiags...

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Le parking du centre-ville est gratuit pendant une journée pour les voitures immatriculées dans un autre Etat. Il était quand même vide.

En 18 ans, ça n'a pas beaucoup changé.

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24 août 2015

Go Set a Watchman (Harper Lee)

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Je ne serai pas longue parce que ce livre ne m'a pas du tout inspirée. Je comprends que des gens aient souhaité être remboursés. Moi, je l'ai emprunté à la bibliothèque, alors il ne m'a coûté que le temps de le lire. On retrouve bien les personnages de To Kill a Mockingbird. Scout a grandi (on l'appelle Jean Louise maintenant), son père a vieilli et Calpurnia ne travaille plus pour lui. Comme dans To Kill a Mockingbird, les noirs ne servent que de prétexte : ici, à l'exposé de théories et de justifications toutes plus imbéciles les unes que les autres. Dans To Kill a Mockingbird, le discours d'Atticus sur le racisme et la ségrégation était édulcoré (et c'est pour cela que le livre ne m'avait pas du tout convaincue). Ici, il ne l'est plus du tout. Il semble bizarre que Jean Louise ne se soit rendu compte de rien.

J'ai tout de même aimé les passages où Jean Louise se remémore son enfance, son attitude lorsqu'elle refuse de se satisfaire du rôle réservé à la femme dans la ville de Maycomb et lorsqu'elle apprend que son père participe aux réunions du Citizen Council (un groupe d'hommes qui s'opposent à la déségrégation). Pour le reste, elle se laisse embobiner un peu trop facilement. Il est vrai que la ségrégation n'est pas un fardeau pour elle.

Si vous avez envie de le lire...

Titre français : Va et poste une sentinelle. Traduit par Pierre Demarty.

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21 août 2015

Take Me Out to the Ball Game (Edward Meeker)

Parmi les choses que je ne comprendrai jamais : le baseball. America's pastime. A mon arrivée dans ce pays, la société où je travaillais nous avait offert un pique-nique et des places pour un match à Coors Field. Je n'ai même pas tenu 30 minutes. Je ne vois pas l'intérêt de ce sport. Alors quand mon cousin, qui est venu nous rendre visite, nous a dit qu'il voulait voir un match, nous lui avons dit : Sans nous. Ce soir, il va voir les Rockies affronter les New York Mets. Amuse-toi bien cousin. Il vit en Angleterre et nous a répondu que ça ne pouvait pas être pire que le cricket. Je veux bien le croire.

Une chanson de circonstance, le tube de Jack Norworth.

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17 août 2015

The Other Woman (Rona Jaffe)

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C'est ma sœur qui a trouvé ce titre. Nous parlions d'un devoir sur un texte que nous avions fait en anglais au lycée. Elle se souvenait du titre de notre livre d'anglais de terminale : Let's go on! et du titre du texte We've come a long way, babe! Elle fait des recherches sur Internet et trouve le nom de l'auteur R. Jaffe et un titre : Carol. Elle découvre qu'il s'agit d'une auteure, Rona Jaffe (qui était une romancière plutôt populaire) et que le titre exact du roman est The Other Woman. Il a été écrit en 1972 et l'action débute dans les années 50. Il raconte l'histoire de Carol (donc) qui refuse de se plier aux exigences de la société et d'adopter le rôle traditionnel de la femme. Elle décide donc de ne pas se marier et d'écrire pour gagner sa vie, au grand désarroi de sa mère et des amies de celle-ci (Boys don't want to marry girls who are too independent.). Carol se demande si elle est anormale et va voir un psychanalyste (comme c'est la mode à l'époque). Le résultat étant peu satisfaisant, elle décide de suivre sa première idée et fait de fréquents séjours en Europe pour écrire des articles sur la course automobile ou le tournage d'un film. Le mouvement de libération des femmes qui apparaît dans les années 60 n'a rien à lui apprendre sur la place des femmes dans la société et la fait doucement rigoler. A l'aube de ses quarante ans, elle s'installe avec un homme marié et devient l'autre femme.

Tout d'abord, j'ai trouvé amusant de retrouver le texte que nous avions étudié en classe. Il s'agit d'un dialogue entre Carol et le psychanalyste. Mais je ne me souviens pas que le texte contenait les mots penis et lesbian. En revanche, je me rappelle bien le mot neurotic. Peut-être les auteurs ont-ils pensé qu'il nous serait utile. Mais je peux me tromper. Ils n'avaient pas censuré le mot sonofabitch dans l'extrait d'On The Road (de Kerouac).

Dans l'ensemble, j'ai trouvé le roman plutôt réussi, même si j'ai eu du mal au milieu. Ça devenait un peu répétitif. Pourtant le début était très bon. J'imaginais Carol un peu comme Audrey Hepburn dans Sabrina. Ca n'a pas duré longtemps : les femmes libérées n'existent qu'aux Etats-Unis ; en Europe, les femmes libres deviennent folles ou le sont déjà. Pourtant, Simone de Beauvoir était française. Passons... Ensuite, j'ai trouvé le milieu du roman un peu longuet. Les hommes que Carol rencontre se comportent tous comme des enfants gâtés et se plaignent tout le temps qu'elle ne s'occupe pas assez d'eux. La fin redevient intéressante, même si certaines situations prennent une tournure inquiétante et m'ont semblé un peu incongrues. En tout cas, j'ai envie de lire le premier roman de Rona Jaffe : The Best of Everything.

Pour en revenir à ce livre d'anglais de terminale, je me souviens qu'il y avait des tas de suggestions de lecture et que, grâce à lui, j'avais découvert John Dos Passos, E.L. Doctorow (j'avais entendu parler du film Ragtime, mais j'ignorais qu'il s'agissait d'un roman), Truman Capote (et le fameux texte sur Garden City, extrait d'In Cold Blood) et The Loved One d'Evelyn Waugh.

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15 août 2015

Between the World and Me (Ta-Nehisi Coates)

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Je vais essayer de rédiger un billet digne de ce petit livre dur et sans concession. Même si j'ai tout de suite eu envie de le lire, je savais que j'aurais beaucoup de mal. Pas en raison du sujet, parce que je le connais trop bien malheureusement, mais en raison de l'auteur. Je sais qu'il écrit pour The Atlantic et que les articles de ce magazine me passent souvent par-dessus la tête. J'ai beaucoup de mal avec l'abstrait et le conceptuel, et je savais que je n'y échapperais pas. En plus, les critiques le comparent souvent à Baldwin. Alors... J'ai dû relire certains paragraphes plusieurs fois et je ne suis pas certaine d'avoir tout compris. Mais tant pis, je le relirai. Cette fois, je prendrai vraiment mon temps parce que certains passages sont difficiles.

Mais parlons quand même de ce que j'ai compris (et qui représente une grande partie du livre) et de ce que j'ai aimé. Between the World and Me est une lettre que Ta-Nehisi écrit à son fils. Son fils, qui est adolescent, est choqué par l'acquittement du policier qui a tué Michael Brown. Il ne comprend pas et s'isole dans sa chambre pour pleurer. Son père lui explique dans cette lettre que ce pays, bâti sur le racisme et qui est malgré tout le sien, son corps d'homme noir ne lui appartient pas, qu'il est à la merci de ceux qui souhaitent le détruire. Il décrit à son fils les choses telles qu'elles sont et lui apprend qu'il devra trouver les réponses en lui-même. Ta-Nehisi Coates parle de sa jeunesse dans la violence de Baltimore, du sanctuaire qu'il a trouvé à Howard University, de sa vie à New York, de son voyage en France (j'ai trouvé amusant qu'il voit la France comme un refuge, alors qu'il y trouverait beaucoup de gens qui ont une expérience similaire à la sienne). J'ai apprécié cette façon de mêler parties plus concrètes, plus vécues, et sections plus abstraites. Mais je dois dire que certaines m'ont également touchée (particulièrement lorsqu'il parle d'éducation). Je me suis souvent dit : C'est exactement ça. Il exprime vraiment ce que je ressens.

Il ne s'agit pas de faire du misérabilisme et de la victimisation à outrance (Regarde mon fils ce que les méchants blancs nous font.), mais d'exposer la réalité américaine pour un homme noir. (Je dirais que l'expérience d'une femme noire est un peu différente, mais il existe beaucoup de similitudes.) Et comme Ta-Nehisi Coates est athée, il ne recourt pas aux sentiments chrétiens. Il ne s'excuse pas d'exister. Il ne veut pas et ne peut pas se taire. Et c'est ce qui fait toute la force de ce livre.

Pas beaucoup d'espoir dans ce livre, mais je pense qu'il faut le lire.

http://www.theatlantic.com/author/ta-nehisi-coates/

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