Sous la grêle osée

22 septembre 2017

Grown Woman (Beyoncé)

Set on achieving world domination...

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15 septembre 2017

The Impression That I Get (The Mighty Mighty Bosstones)

Après quelques semaines particulièrement difficiles qui me font douter de mon envie de rester dans ce pays, j'essaie de me rappeler les raisons pour lesquelles j'y suis venue. Cette chanson date de mon arrivée ici.

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08 septembre 2017

In My House (Mary Jane Girls)

Parce que la situation est de plus en plus ridicule (et déprimante) et parce que j'ai entendu cette chanson au supermarché jeudi.

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07 septembre 2017

New People (Danzy Senna)

People

Euh...

C'était ma réaction à la lecture de ce livre.

Euh...

C'était ma réaction en refermant ce livre.

Et puis je me suis dit qu'il fallait essayer de creuser un peu.

New People est un roman vraiment bizarre. Enfin, c'est le comportement de son héroïne, Maria, qui est bizarre. Son sujet de thèse est bizarre (et franchement malsain).

Maria est fiancée à Khalil. Ils vont se marier. Maria tente en même temps de terminer sa thèse. Khalil est en train de monter sa société avec son meilleur ami. Khalil et Maria participent au tournage d'un film sur les New People. Maria et Khalil sont beiges : encore Noirs avec la règle de la goutte de sang, mais (pratiquement) Blancs à l'œil nu (des non-initiés). Maria est obsédé par un poète, connaissance de son fiancé et de la sœur de celui-ci, et est persuadée que ses "sentiments" pour le poète sont réciproques. Elle se met dans des situations incroyables pour l'approcher.

Le comportement de Maria m'a fait rire au début. J'ai pensé à la bande dessinée Germain et nous, et particulièrement à une histoire que j'avais adorée où une fille pense qu'un type l'a regardée dans le bus et elle en fait tout un roman. Mais dans New People, cela tourne vite au malaise et je n'avais plus envie de rire. Enfin, si. Parfois. Quand même. Certaines situations sont drôles tout en étant pitoyables. Mais ça agace de voir quelqu'un s'enfoncer comme ça.

S'ajoute à ça l'évocation du massacre de Jonestown sur lequel Maria rédige sa thèse (ce qui explique peut-être son état mental). J'en ai appris beaucoup à ce sujet. Ce suicide collectif m'avait traumatisée quand j'étais enfant (je n'ai jamais oublié le nom ni la tête de Jim Jones). Et c'est d'une tristesse et d'un lugubre.

En fin de compte, je ne sais pas trop que penser de ce livre. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est vraiment déconcertant.

As the twentieth century draws to a close, Maria is at the start of a life she never thought possible. She and Khalil, her college sweetheart, are planning their wedding. They are the perfect couple, "King and Queen of the Racially Nebulous Prom." Their skin is the same shade of beige. They live together in a black bohemian enclave in Brooklyn, where Khalil is riding the wave of the first dot-com boom and Maria is plugging away at her dissertation, on the Jonestown massacre. They've even landed a starring role in a documentary about "new people" like them, who are blurring the old boundaries as a brave new era dawns. Everything Maria knows she should want lies before her--yet she can't stop daydreaming about another man, a poet she barely knows. As fantasy escalates to fixation, it dredges up secrets from the past and threatens to unravel not only Maria's perfect new life but her very persona.

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06 septembre 2017

The Hate U Give (Angie Thomas)

hate

Le premier roman d'Angie Thomas est destiné aux jeunes adultes, mais comme son sujet m'intéressait, je n'ai pas hésité. Et c'est une bonne chose.

Starr est une lycéenne de 16 ans partagée entre deux mondes : celui de son quartier sensible Garden Heights, infesté par la drogue et les gangs, et celui de son école privée (où elle est, avec son demi-frère, une des rares élèves noirs). Son père, ancien membre de gang, tient le (seul ?) magasin du quartier qu'il refuse de quitter (car il veut aider) malgré les demandes répétées de sa femme (médecin qui travaille dans la clinique du quartier) qui souhaite s'installer plus près de l'école des enfants, dans une banlieue plus sûre. Starr se rend à une soirée organisée dans son quartier avec la demi-sœur de son demi-frère, et y retrouve Khalil, un ami d'enfance qu'elle n'a pas vu depuis longtemps. Lorsque des coups de feu éclatent, Khalil entraîne Starr dans sa voiture pour la ramener chez elle. Ils sont arrêtés par un policier blanc qui tue Khalil quelques minutes plus tard. Starr hésite à témoigner, mais lorsque les médias tente de justifier le meurtre, elle ne peut plus se taire.

J'ai adoré ce roman. L'auteure parle de tout et son adolescente est une vraie adolescente. Son comportement et ses réactions m'ont semblé authentiques. Bon, il y a bien un passage que j'ai trouvé bébête, possible, mais bébête quand même. C'est le seul moment où j'ai pensé que l'auteure avait voulu en faire trop. Sinon, c'est un excellent premier roman, malheureusement trop d'actualité.

Sixteen-year-old Starr Carter moves between two worlds: the poor neighborhood where she lives and the fancy suburban prep school she attends. The uneasy balance between these worlds is shattered when Starr witnesses the fatal shooting of her childhood best friend Khalil at the hands of a police officer. Khalil was unarmed.

Soon afterward, his death is a national headline. Some are calling him a thug, maybe even a drug dealer and a gangbanger. Protesters are taking to the streets in Khalil’s name. Some cops and the local drug lord try to intimidate Starr and her family. What everyone wants to know is: what really went down that night? And the only person alive who can answer that is Starr.

But what Starr does—or does not—say could upend her community. It could also endanger her life.

http://www.npr.org/2017/02/26/517305270/the-hate-u-give-explores-racism-and-police-violence


01 septembre 2017

The Rain (Oran "Juice" Jones)

Parce que le clip... Parce que la fin de la chanson...

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31 août 2017

Sing, Unburied, Sing (Jesmyn Ward)

unburied

Je voyais un tas d'articles annonçant le prochain livre de Jesmyn Ward. Quand j'ai vu que NetGalley le proposait, je me suis précipitée pour découvrir cette auteure dont je n'avais encore rien lu. En plus, j'étais sûre que l'histoire me plairait : un couple mixte dans le Sud des États-Unis, des enfants métis et un road trip. Tout pour me plaire.

Mississippi de nos jours. Jojo, 13 ans, vit avec ses grand-parents, sa petite sœur Kayla et de temps en temps, sa mère Leonie. Son père, Michael est en prison pour trafic de drogue. Leonie est noire, Michael est blanc. Les enfants n'ont jamais vu leurs grand-parents blancs car leur grand-père n'admet pas que son fils couche avec une Noire. Leonie ne s'est toujours pas remise de la mort de son grand frère, assassiné au cours d'un "accident de chasse" par le cousin de Michael, et se drogue. Elle s'occupe tant bien que mal de ses enfants, mais ce sont ses parents et surtout Jojo qui prennent soin de Kayla. Quand Michael annonce à Leonie qu'il va sortir de prison, elle décide d'aller le chercher avec leurs enfants et une de ses collègues (droguée elle aussi). Les voilà en route pour Parchman où avait été incarcéré le grand-père de Jojo à la fin des années 40 alors que la prison s'apparentait plus à un bagne.

Ça, c'est l'histoire que j'avais vraiment envie de lire et que j'ai lue. Malheureusement, elle s'est retrouvée un peu perdue au milieu de longs passages de réalisme magique. Et c'est quelque chose que j'ai vraiment en horreur. Une vision de temps en temps passe encore. Mais vers la fin, ça devenait systématique et je ne comprenais plus du tout où l'auteure voulait en venir. Et c'est vraiment dommage. J'étais déjà désolée que le couple mixte décrit soit aussi dysfonctionnel ; Leonie et Michael sont très amoureux, mais aussi très violents l'un envers l'autre, et avec leurs enfants. Mais je pouvais passer outre. En revanche, certaines "histoires de fantômes" m'ont gâché la lecture et j'ai souffert pour terminer.

J'ai lu un article où Jesmyn Ward explique la présence de ces esprits. Elle parle aussi d'un autre aspect qui me semble invraisemblable et me gêne toujours : le fait qu'un personnage "rustre" puisse s'exprimer avec autant de lyrisme. Ses explications se tiennent, alors j'accepte mieux ces passages dans ce roman. (L'article se trouve ici.)

Donc, bon roman, histoire bien menée, mais que je ne recommande pas aux non-amateurs de réalisme magique.

Jojo and his toddler sister, Kayla, live with their grandparents, Mam and Pop, and the occasional presence of their drug-addicted mother, Leonie, on a farm on the Gulf Coast of Mississippi. Leonie is simultaneously tormented and comforted by visions of her dead brother, which only come to her when she’s high; Mam is dying of cancer; and quiet, steady Pop tries to run the household and teach Jojo how to be a man. When the white father of Leonie’s children is released from prison, she packs her kids and a friend into her car and sets out across the state for Parchman farm, the Mississippi State Penitentiary, on a journey rife with danger and promise.

http://time.com/4913697/jesmyn-ward-heir-to-faulkner-author-profile/?utm_campaign=time&utm_source=twitter.com&utm_medium=social&xid=time_socialflow_twitter

Merci à Jesmyn Ward, à Scribner et à NetGalley pour cet exemplaire en avant-première.

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30 août 2017

Ants Among Elephants (Sujatha Gidla)

ants

J'ai vu ce titre dans le magazine O. J'ai été attirée par le résumé : une Indienne appartenant à la caste des Intouchables raconte son expérience et celle de sa famille. Bien sûr, j'avais entendu parler du système de castes en Inde, mais mes connaissances étaient superficielles. Je ne m'attendais pas à découvrir un système aussi écrasant et à ce point discriminatoire. Et à la lecture du livre, je me suis rendu compte que je ne connaissais rien de l'Inde et de son histoire (qui ne se résume pas au Taj Mahal et à Gandhi).

Sujatha Gidla fait (faisait ?) partie de la caste des Intouchables. Née dans l'État d'Andhra Pradesh dans le sud de l'Inde, de parents professeurs d'université, elle vit maintenant à New York où elle conduit le métro. Dans ce livre, elle raconte l'histoire de sa mère et des deux frères de celle-ci, et leur lutte contre le système. Elle nous parle aussi du communisme en Inde avant et après l'Indépendance. En effet, le frère aîné de sa mère (il est connu sous ses initiales SM), un poète célèbre, est l'un des fondateurs d'un groupe de guérilla maoïste du début des années 70 et vit dans la clandestinité loin de sa femme et de ses enfants. Ravi que quelqu'un souhaite écrire son histoire, il lui raconte sa vie politique. Il refuse en revanche d'évoquer sa vie privée qui n'a aucune importance pour lui. Sujatha part en Inde pour lui parler. Sa mère, enthousiasmée par le projet, l'accompagne. Elle raconte volontiers les histoires de la famille à sa fille. En revanche, l'autre frère de sa mère se montre méfiant. Et les rares fois où il accepte de parler, il est complètement ivre et ses propos sont incompréhensibles.

Dans l'introduction, Sujatha Gidla nous explique le système de castes et comment est déterminée l'appartenance à ces dernières, les milliers de restrictions auxquelles sont soumis les Intouchables (il leur est par exemple interdit de vivre dans le village même ni d'approcher les sources d'eau potable utilisées par les autres castes). Et si on te demande ta caste, tu ne peux pas refuser de répondre. Selon la tradition, tout le monde a le droit de savoir. Tu peux dire la vérité et être harcelé (jusqu'au suicide, ce qui arrive régulièrement dans les universités selon Sujatha Gidla), ou mentir et devoir subir un interrogatoire si ton interlocuteur ne te croit pas. La famille de l'auteure est chrétienne et donc intouchable. Sujatha Gidla accepte son statut qui est dans l'ordre naturel des choses. Quand elle part à Warangal pour étudier au Regional Engineering College, puis à Madras pour travailler comme assistante de recherche dans le département de physique appliquée d'IIT (Indian Institute of Technology), elle rencontre d'autres chrétiennes de familles aisées d'autres États du pays qui l'ignorent (en raison de sa pauvreté) et méprisent même les Hindous de la caste supérieure. Une de ses camarades lui explique alors que bien que chrétiennes, elles sont Brahmanes (de la caste supérieure). Elles sont des descendantes de Brahmanes convertis au christianisme par Saint Thomas en 52 après Jésus Christ.

J'ai trouvé ce livre très intéressant, mais j'ai vite été submergée par l'abondance de personnes et de lieux évoqués. C'était difficile de s'y retrouver surtout quand on connaît aussi peu la géographie de l'Inde que moi. Et puis, j'ai trouvé que le récit s'attachait trop au mouvement communiste. J'aurais préféré que Sujatha Gidla se limite à parler de sa mère et d'elle-même (à quand un récit sur ses études et sa venue aux États-Unis ?). Les passages sur sa mère et sur les femmes en général étaient pour moi beaucoup plus remarquables. En fait, je n'avais pas fait attention au sous-titre : An Untouchable Family and the Making of Modern India. J'aurais su à quoi m'attendre.

Ce livre reste un excellent témoignage que je recommande.

Like one in six people in India, Sujatha Gidla was born an untouchable. While most untouchables are illiterate, her family was educated by Canadian missionaries in the 1930s, making it possible for Gidla to attend elite schools and move to America at the age of twenty-six. It was only then that she saw how extraordinary―and yet how typical―her family history truly was. Her mother, Manjula, and uncles Satyam and Carey were born in the last days of British colonial rule. They grew up in a world marked by poverty and injustice, but also full of possibility. In the slums where they lived, everyone had a political side, and rallies, agitations, and arrests were commonplace. The Independence movement promised freedom. Yet for untouchables and other poor and working people, little changed. Satyam, the eldest, switched allegiance to the Communist Party. Gidla recounts his incredible transformation from student and labor organizer to famous poet and founder of a left-wing guerrilla movement. And Gidla charts her mother’s battles with caste and women’s oppression. Page by page, Gidla takes us into a complicated, close-knit family as they desperately strive for a decent life and a more just society.

Article sur les castes en Inde :

https://fr.sputniknews.com/blogs/201609141027290908-inde-castes-intouchables/

Merci à Sujatha Gidla, à Farrar, Straus and Giroux, et à Netgalley pour cet exemplaire en avant-première.

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27 août 2017

The Underground Railroad (Colson Whitehead)

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Cora et Caesar s'enfuient de la plantation de Géorgie où ils sont esclaves. Ils utilisent pour cela l'underground railroad, ce réseau clandestin de bénévoles (qui dans le roman de Colson Whitehead est décrit comme un véritable réseau ferré souterrain) qui aide les esclaves à s'enfuir vers le Nord et utilise la terminologie du rail comme langage codé. Ils s'installent dans un premier temps en Caroline du Sud qui est un État progressiste selon le chef de gare qui les accueille à leur première étape.

Après quelques passages décrivant des atrocités, j'avais décidé de ne pas faire de billet sur ce roman. Je ne pensais pas pouvoir écrire autre chose qu'une diatribe virulente contre ces "Chrétiens" qui possédaient des esclaves et qui ont décidé de faire sécession pour préserver leur mode de vie. Je pense aussi que les événements ces dernières semaines autour des monuments à la gloire de la Confédération (et toutes les conneries que j'ai pu lire pour leur défense) y sont pour quelque chose. Bref, je n'aurais pas fait honneur à ce grand roman qui a à juste titre remporté le prix Pulitzer et le National Book Award.

Hormis le style parfois grandiloquent et le vocabulaire un peu trop cérébral (que j'avais remarqué dans Sag Harbor), j'ai trouvé ce roman superbe. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un coup de cœur, mais ça y ressemble fortement.

Je compte maintenant lire l'ouvrage suivant sur l'Underground Railroad. À part les grandes lignes et le nom de certaines personnalités du mouvement, notamment Harriet Tubman, je m'aperçois que j'ai beaucoup de lacunes sur le sujet.

Chronologie extraite de Bound for Canaan (désolée, les différentes parties n'ont pas la même taille) :

 timeline1timeline2 timeline3

http://www.fergusbordewich.com/underground-railroad-timeline.html

Cora is a slave on a cotton plantation in Georgia. Life is hellish for all the slaves but especially bad for Cora; an outcast even among her fellow Africans, she is coming into womanhood - where even greater pain awaits. When Caesar, a recent arrival from Virginia, tells her about the Underground Railroad, they decide to take a terrifying risk and escape. Matters do not go as planned and, though they manage to find a station and head north, they are being hunted.

In Whitehead's ingenious conception, the Underground Railroad is no mere metaphor - engineers and conductors operate a secret network of tracks and tunnels beneath the Southern soil. Cora and Caesar's first stop is South Carolina, in a city that initially seems like a haven - but the city's placid surface masks an insidious scheme designed for its black denizens. Even worse: Ridgeway, the relentless slave catcher, is close on their heels. Forced to flee again, Cora embarks on a harrowing flight, state by state, seeking true freedom.

 

Sophy Hollington NY Times

Sophy Hollington, New York Times

26 août 2017

The Risen (Ron Rash)

Risen

J'ai lu The World Made Straight (Le Monde à l'endroit) au début de cette année. Je n'avais pas eu envie de le commenter. J'avais aimé, oui. Mais j'avais aussi été agacée par cette histoire d'adolescent qui veut sauver le monde et qui laisse les autres se débrouiller avec les conséquences, de dealer qui se sacrifie parce qu'après tout, c'est un dealer et il le mérite, de Guerre de Sécession qui s'est passée il y a longtemps (comme l'esclavage, hein) mais à propos de laquelle il subsiste des rancœurs entre familles. Quand j'ai vu que The Risen parlait également d'adolescents, je me suis dit que ça allait être le même problème. Et bien, ce n'est pas passé loin, mais on a évité l'écueil.

Été 1967. The Summer of Love. Deux frères : Bill l'aîné, étudiant en médecine sérieux, presque fiancé et Eugene 16 ans, n'a encore jamais bu d'alcool, n'a jamais couché avec une fille. Ils vivent dans une petite ville de Caroline du Nord. Tous les dimanches, ils vont pêcher. C'est là qu'ils rencontrent Ligeia, Floridienne envoyée par ses parents chez son oncle et sa tante pour l'éloigner de ses mauvaises fréquentations et de la communauté hippie où elle s'était enfuie. Évidemment pour ces deux ploucs qui n'ont jamais rien vu, Ligeia est un OVNI qui leur fait connaître la drogue (enfin, elle leur demande de lui en apporter), le sexe (Eugene croit qu'elle est amoureuse de lui) et le rock'n'roll (elle leur parle des Grateful Dead et tous ces groupes dont ils n'ont jamais entendu parler). Et puis Ligeia disparaît.

2015. Bill est chirurgien, il a épousé sa copine d'université. Eugene est alcoolique, écrivain raté, et sa femme et sa fille l'ont quitté. Et Ligeia reparaît.

Le livre alterne en fait les deux périodes. Eugene se remémore 1967 et nous découvre au fur et à mesure les événements qui ont marqué sa vie jusqu'à 2015. Une mère qui est restée à Sylva contre son gré après la mort de son mari. un grand-père qui les domine et régente leurs moindres faits et gestes, et toute la ville par la même occasion.

Et je n'en dirai pas plus.

Ron Rash sait raconter. Et ses histoires sont toujours passionnantes. Ce livre est excellent mais... J'ai trouvé que souvent on frôlait la caricature. La tentatrice de la ville qui déniaise les campagnards, c'est trop prévisible. Je suppose que comme l'action qui se déroule en 1967, cela doit expliquer/excuser tout. Je vais passer sur ce détail. Comme d'habitude, Ron Rash mène parfaitement le suspense, n'oublie pas les touches d'humour et nous offre encore un grand livre. Pas du niveau de The Cove et plus proche de Serena.

Je savais bien que le nom de Sylva me disait quelque chose. Quelques scènes du film Deliverance y ont été tournées.

While swimming in a secluded creek on a hot Sunday in 1969, sixteen-year-old Eugene and his older brother, Bill, meet the entrancing Ligeia. A sexy, free-spirited redhead from Daytona Beach banished to their small North Carolina town, Ligeia entrances the brothers, especially Eugene, who is drawn to her raw sensuality and rebellious attitude. Eugene begins to move farther and farther away from his brother, the cautious and dutiful Bill, and when Ligeia vanishes as suddenly as she appeared, the growing rift between the two brothers becomes immutable.

Decades later, the once close brothers now lead completely different lives. Bill is a gifted and successful surgeon, and a paragon of the community, while Eugene, the town reprobate, is a failed writer and determined alcoholic. When a shocking reminder of the past unexpectedly surfaces, Eugene is plunged back into that fateful summer, and the girl he cannot forget.

Titre français : Par le vent pleuré. Traduit par Isabelle Reinharez

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