Sous la grêle osée

30 novembre 2018

Case à Lucie (Malavoi)

La météo annonce de la neige pour ce week-end. Je m'en vais juste à temps. Et mon blog sera encore plus abandonné que d'habitude. Je vous laisse avec une superbe chanson de Malavoi.

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27 novembre 2018

Where the Dead Sit Talking (Brandon Hobson)

whedeasit

Ce roman d'un auteur Cherokee était finaliste du National Book Award. Comme je n'ai lu que deux romans de la première sélection (je dois encore lire Heads of the Colored People de Nafissa Thompson-Spires) non finalistes, et un autre parmi les finalistes (A Lucky Man de Jamel Brinkley), je ne me prononcerai pas complètement. Mais j'estime que parmi ceux que j'ai lus, There There aurait dû faire partie des finalistes. Je l'ai largement préféré à Where the Dead Sit Talking. (Accessoirement, le roman gagnant ne me tente pas du tout.)

L'action se situe dans l'Oklahoma à la fin des années 80 (et oui, j'ai adoré les références aux chansons que j'écoutais à l'époque). Sequoyah, jeune Cherokee de 15 ans dont la mère est en prison, est placé dans une famille d'accueil. Sequoyah se retrouve dans un environnement rural avec cette nouvelle famille d'accueil. Deux autres enfants vivent là : Rosemary, une Kiowa de 17 ans et George, 13 ans, qui présente des signes d'autisme selon Sequoyah, dus à des traumatismes passés. Rosemary et Sequoyah se lient très vite, même si leur relation tourne à l'obsession de la part du jeune homme et à la manipulation de la part de la jeune fille. Sequoyah veut tellement lui ressembler, être elle, qu'il lui obéit aveuglément. En raison de cicatrices sur son visage (sa mère l'a brûlé, par accident comme il le répète), Sequoyah se trouve laid et veut être Rosemary qui est admirée par tout le monde. Plusieurs élèves confient d'ailleurs à Sequoyah leur fascination pour elle. On apprend dès le début que Rosemary va mourir.

Sequoyah est un enfant solitaire et négligé par sa mère alcoolique. Il ressent régulièrement une colère immense et imagine des scènes d'une très grande violence. Et j'ai trouvé cela difficile. Bien sûr, l'instabilité qui caractérise la vie de Sequoyah a laissé des traces et même s'il se sent bien dans sa nouvelle famille, tout ne peut pas s'arranger en quelques semaines. Mais je n'ai pas trouvé l'histoire, ni les personnages intéressants. Ils étaient là pour être là.

Roman déconcertant et qui ne m'a pas du tout touchée. Ou alors je n'ai pas compris le but de l'auteur.

À vous de voir. L'avis du jury de la National Book Foundation est certainement plus éclairé que le mien.

nativeheritage

24 novembre 2018

In Whose Honor? (Jay Rosenstein)

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Ce documentaire de 1997 traite de « l'hommage » rendu aux Indiens par les mascottes des équipes sportives, et particulièrement de Chief Illiniwek de l'University of Illinois. En 1989, Charlene Teters, étudiante Spokane inscrite en Master et recrutée par l'université pour « diversifier » le corps étudiant, assiste à un match de basket en compagnie de ses deux enfants. Malgré les avertissements de leur mère sur ce qu'ils allaient voir, les enfants sont choqués par l'apparition d'un étudiant euro-américain déguisé en Chief Illiniwek à la mi-temps et qui exécute une danse indienne soi-disant authentique. Quand Charlene raconte cet épisode dans le documentaire, elle est encore en larmes. Elle qui fait partie d'une famille traditionaliste de la tribu Spokane, qui lui a appris à respecter la culture et les traditions de son peuple, qui sait ce que représente la coiffure en plumes d'aigle et les peintures de visage, et qui essaie de transmettre cette culture à ses enfants. Voir la réaction de sa fille qui s'enfonce dans son siège comme si elle souhaite disparaître l'oblige à intervenir. Avant chaque match, elle se poste donc devant le stade ou le gymnase avec un panneau indiquant « American Indians are human beings not mascots ». Les réactions à sa contestation sont très violentes : on lui crache dessus, elle reçoit des menaces de mort ou de harcèlement sexuel. Mais elle continue. Elle reçoit le soutien d'activistes indiens. Le documentaire retrace également l'origine de cette mascotte qui n'en est pas une selon la direction et les fans, mais représente un hommage à une tribu de l'Illinois exterminée par d'autres Indiens.

C'est franchement stupéfiant de voir comment la direction de l'université, les anciens élèves, les fans et l'étudiant déguisé en Chief Illiniwek défendent cette mascotte. Certains arguments sont tellement ridicules que je me demande si les personnes interviewées pensent vraiment ce qu'elles disent. Quand certains parlent de politiquement correct, alors que des Indiens se sentent offensés par ces représentations, on ressent toute l'arrogance du dominant par rapport au dominé. Pour eux, Chief Illiniwek est distingué et respectueux de la culture indienne, et ils ne céderont pas parce que deux ou trois excités se disent offensés. S'ils sont si peu nombreux, c'est parce qu'ils ont été déportés et que l'on a tenté de les exterminer. Ils ne voient pas le mal à utiliser des éléments d'une culture à des fins de divertissement. Ils inventent même une histoire pour justifier cette mascotte. Ils aiment leur Chief Illiniwek. La mascotte est supprimée en 2007. Contrairement à ce que craignait la direction et malgré les menaces de l'association d'alumni de ne plus soutenir financièrement l'université, les dons ont augmenté depuis.

Superbe documentaire (un peu court) et Charlene Teters est tellement émouvante. Michael Haney et Vernon Bellecourt interviennent également.

Le site du documentaire : http://jayrosenstein.com/pages/honor.html

Extrait : https://www.youtube.com/watch?v=MQ-zm7VO_3s

Le site de Charlene Teters : http://www.charleneteters.com/Charlene_Teters/Welcome.html

Jay Rosenstein établit une liste des mascottes sportives interdites : http://jayrosenstein.com/pages/honormascots.html

nativeheritage

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23 novembre 2018

Baby Can I Hold You (Tracy Chapman)

J'ai eu Tracy Chapman en tête cette semaine. J'ai hésité entre plusieurs chansons de son premier album. Mais celle-là...

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22 novembre 2018

Sacred Smokes (Theodore C. Van Alst Jr.)

SacSmokes

Lecture vraiment exigeante ! Autant dire, très difficile pour moi.

J'ai découvert ce titre sur une page Native American Literature de Facebook dont l'auteur est un des administrateurs. Le sujet m'intéressait : un Indien, membre de gang à Chicago. Forcément remarquable !

En effet, quand la quatrième de couverture t'annonce qu'il s'agit de la voix hyperréaliste d'un membre de gang indien qui essaie de survivre dans les rues de Chicago et que le texte est raw (brut et cru, les deux traductions correspondent dans le cas présent), elle ne croit pas si bien dire. Elle dit aussi que c'est une lecture nécessaire. Je veux bien la croire.

Évidemment, je me doutais que tout ne serait pas rose dans ce roman, mais je ne m'attendais pas à ce qu'il soit aussi dramatique. Beaucoup de monologues intérieurs. Et comme il s'agit d'un jeune homme, ça part dans tous les sens. Je pensais qu'il s'agissait d'un recueil de nouvelles. Mais ce sont des histoires enchaînées, plus ou moins suivies, où l'on retrouve les mêmes protagonistes.

Teddy vit à Chicago et appartient à un gang. À 13 ans, il part vivre avec son père. Enfin, il part à la recherche de son père. Sa mère l'a mis à la porte parce qu'elle ne veut pas d'arme à la maison. Elle fera la même chose avec son petit frère quelques années plus tard. Le père de Teddy est alcoolique. Teddy et lui déménagent souvent, d'appartements miteux en studios minuscules. Son père lui donne une carte de la ville parce qu'il ne le retrouvera jamais s'il se perd. Teddy apprend la carte par cœur, ainsi que le territoire des différents gangs et affiliés. Il apprend à dessiner tous leurs symboles. Et il y a un tas de gangs à Chicago. Quand Teddy prend le métro, quand Teddy se déplace dans Chicago, il doit s'assurer de ne pas se retrouver sur le territoire d'un gang ennemi. C'est tragique, mais drôle en même temps.

On retrouve Teddy avec son père, Teddy dans le restaurant où il travaille et où il apprend à faire la cuisine, Teddy avec les membres de son gang : initiation, règlements de comptes, arrestations, harcèlement policier. Teddy rêve de Los Angeles et part avec un type qui veut tenter sa chance à Hollywood. Nous les suivons dans leur road trip à travers le sud des États-Unis, un arrêt dans le Mississippi où Teddy n'en mène pas large, une escale à La Nouvelle Orléans quand la transmission de la voiture casse, un contrôle de la patrouille frontalière à Las Cruces. Teddy s'installe à Los Angeles où il est barman et travaille en quelque sorte pour des promoteurs de musique.

Beaucoup de violence, d'actions incohérentes, d'esprits bornés, d'attitudes limitées, beaucoup de situations drôles, des moments plutôt émouvants. Tout cela forme un ensemble assez particulier. Intéressant ? Certainement. Quant à vous dire si j'ai aimé, je ne sais pas. Je recommande tout de même car le livre présente un point de vue inédit.

Autobiographique ? Je ne sais pas, mais l'auteur s'appelle Theodore.

nativeheritage

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14 novembre 2018

Otsaliheliga - We Are Grateful (Traci Sorell)

grateful

J'avais réservé ce livre, ainsi que celui que j'ai lu après, à la bibliothèque depuis septembre, mais il a fallu attendre un peu pour qu'ils soient empruntables. Ça tombe bien, novembre est National American Indian Heritage Month. Et j'ai de quoi faire.

L'auteure a décidé d'écrire ce livre car il n'y avait aucune histoire pour enfants sur le mode de vie Cherokee moderne. Elle présente ici un aperçu de la culture cherokee au fil des saisons. Elle donne également quelques mots cherokee, avec leur traduction, leur translittération dans l'alphabet latin, leur transcription phonétique (en utilisant ce modèle de prononciation si cher aux Américains et qui pique les yeux de l'adepte de l'API que je suis) et leur graphie dans le syllabaire cherokee.

L'histoire est très simple évidemment et raconte les choses pour lesquelles les Cherokees sont reconnaissants : la grande cérémonie de la nouvelle lune au cours de laquelle dansent les shell shakers (littéralement secoueuses de carapaces) qui portent des leg rattles (littéralement hochets de jambe) impressionnants, formés de carapaces de tortue, et où on célèbre le Nouvel an cherokee ; la grand-mère (elisi) qui révèle le nom cherokee du nouveau-né de la famille ; les anciens qui racontent des histoires pendant que l'on mange du bean bread (pain aux haricots) et de la soupe de maïs lessivé (hominy)... Une histoire simple donc qui est plutôt une liste d'activités, de célébrations, d'occupations quotidiennes mais qui apprend beaucoup de choses. À la fin du livre figurent des définitions et le syllabaire cherokee.

J'ai décidé d'écrire le titre du livre en cherokee. Il m'a fallu un petit moment pour reconnaître les lettres après avoir installé la police adéquate. Ben oui, comment tu les tapes ? Comment savoir où elles se trouvent sur le clavier ? Malheureusement, ça n'a pas fonctionné sur Canalblog.

Livre très intéressant, même pour les adultes.

Le site de la Nation Cherokee : http://webtest2.cherokee.org/Home

Le syllabaire en fichier pdf : http://webtest2.cherokee.org/Portals/0/Language/syllabary%20handout.pdf

Extraits du livre (où on entend Celebration de Kool & the Gang en cherokee) : https://www.youtube.com/watch?v=18reQ6cHfSQ

Note triste : quand j'ai posté la photo du livre sur instagram, j'ai essayé d'ajouter le hashtag #cherokee. Je l'ai retiré tout de suite parce que la plupart des photos représentent les voitures de la marque Jeep qui portent ce nom. Peut-être moins insultant que le nom de certaines équipes sportives (et c'est une très belle voiture), mais ça m'a gênée.

nativeheritage

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12 novembre 2018

To Obama, with love, joy, anger, and hope (Jeanne Marie Laskas)

toobama

Après son élection, Barack Obama demande à lire chaque soir dix lettres du public (10LADs, ten letters a day). Le service de la correspondance (employés et bénévoles) de la Maison Blanche passe donc la journée à lire, à annoter et à coder les milliers de lettres reçues, et à déterminer celles qui finiront entre les mains du Président. La décision finale revient à la directrice du service, Fiona Reeves.

Dans ce livre, Jeanne Marie Laskas reprend quelques lettres (anonymes ou non selon la décision de leur auteur), reçues par le Président, et accompagnées parfois de la réponse de celui-ci, et nous présente certains employés de la Maison Blanche (en particulier de l'Office of Presidential Correspondence ou OPC) et les auteurs de quelques lettres. Et c'est la forme de cette partie que j'ai le moins aimée. Un peu trop de « si vous lui demandez, il vous montrera la lettre », « elle n'a pas la lettre sous la main, elle doit être quelque part ». Je n'aime pas le procédé (même si...). J'ai l'impression que Jeanne Marie Laskas n'a pas réalisé elle-même les interviews puisqu'à la fin du livre, elle remercie deux personnes qui « ont sillonné le pays pour parler aux gens de leurs lettres ». Ceci explique peut-être cela.

Il y a de tout parmi ces lettres : des lettres émouvantes, des lettres amusantes (comme cet enfant qui demande à Barack Obama de relire ses devoirs), des lettres vraiment désespérées (pendant la récession), des lettres de gratitude (en particulier de gens sauvés grâce à l'Affordable Care Act, et du ou de la partenaire d'un soldat homosexuel), des lettres condescendantes, des lettres ridicules (notamment après la victoire de 45), des lettres de remerciement et des lettres de repentir.

Certaines réponses de Barack Obama sont manuscrites, d'autres imprimées où seule la signature est manuscrite. Ces dernières ont été composées par Kolbie Blume, une employée qui a étudié les discours du Président et s'en est inspirée pour parler en son nom. Quel courage ! Barack Obama donne bien quelques éléments, mais en tirer toute une lettre ? Chapeau !

La présentation de l'OPC et la description des procédures de traitement sont très intéressantes, le dévouement des employés et des bénévoles est exemplaire. L'épilogue fait le point sur ce qui s'est passé dans leur vie et dans celle des auteurs des différentes lettres.

Avant la passation de pouvoirs, Fiona a reçu un appel du futur secrétaire du personnel à la Maison Blanche qui souhaitait la rencontrer. Il lui a posé des questions sur le fonctionnement du service courrier. Elle lui a parlé des documents de transition que son service avait préparés à l'intention de la future équipe. Elle lui a expliqué les dix lettres par jour comme s'il s'agissait d'un fait acquis : 45 devait lire son courrier et y répondre. Le futur secrétaire lui a dit que quelqu'un la contacterait pour plus d'informations. Ce qui ne fut pas fait.

Si c'est possible, ce livre m'a fait encore plus apprécier Barack Obama. Les lettres montrent bien les espoirs qu'il a suscités (même si certains auteurs ont l'air de le prendre pour le Père Noël) et l'impression qu'il donne d'être profondément humain. Elles sont très représentatives de l'Amérique et des Américains.

Je recommande bien sûr.

Letter written by Bobby IngramLetter written by Kenneth Jops 

http://www.thejakartapost.com/life/2018/11/11/to-obama-opening-a-backdoor-into-the-presidency.html

06 novembre 2018

The Red Address Book (Sofia Lundberg)

RedAddBoo

Doris a 96 ans. Elle vit seule à Stockholm et ne reçoit que la visite de l'auxiliaire de vie qui lui apporte ses repas, lui fait sa toilette et un peu de ménage. Comme elle est toujours pressée, elle ne fait que le strict minimum. Doris n'a pour famille que Jenny, une petite-nièce qui vit à San Francisco avec son mari et ses trois enfants. Elles discutent chaque semaine par Skype. Doris feuillette son répertoire rouge (cadeau de son père) et décide de raconter sa vie par écrit à Jenny pour qu'il reste une trace de son histoire. À l'aide du carnet d'adresses où presque tous les noms sont rayés avec la mention DÖD (décédé en suédois), elle se remémore les personnes qu'elle a connues et explique ce qu'elles ont représenté pour elle. Son récit nous fait voyager entre la Suède et la France (Doris devient mannequin à Paris) dans les années 30, les États-Unis et l'Angleterre dans les années 40.

Dans l'ensemble, j'ai trouvé l'histoire plutôt agréable et intéressante, même si elle n'est pas franchement exceptionnelle. J'ai trouvé le procédé du carnet d'adresses artificiel et ses limites étaient franchement évidentes quand apparaît un personnage très important dans l'histoire mais qui n'aurait jamais figuré dans le répertoire de Doris. Si on ajoute à cela, certains comportements incompréhensibles de Doris, il y a quelques parties qui n'ont pas lieu d'être. Le livre offre tout de même une réflexion sur la vieillesse et la solitude plutôt émouvante.

Lecture assez attachante mais pas transcendante.

Merci à Sofia Lundberg, à Houghton Mifflin Harcourt et à NetGalley pour cet exemplaire en avant-première.

Titre original : Den röda adressboken. Traduction (anglais) : Alice Menzies

Titre français : Un petit carnet rouge. Traduction : Caroline Berg

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23 octobre 2018

Friday Black (Nana Kwame Adjei-Brenyah)

fridayblack

Je ne suis pas spécialement fan des nouvelles, mais ce recueil m'intéressait ; enfin c'est surtout parce que sa sortie avait l'air d'être tellement attendue. Il n'en fallait pas plus pour piquer ma curiosité. Donc, je ne cherche même pas à savoir de quoi le recueil parle et je le demande sur NetGalley.

Mal m'en a pris. J'ai trouvé les nouvelles si violentes, si anticipation (en tout cas, comme je m'imaginais les romans que l'on appelait d'anticipation dans ma jeunesse et dont les couvertures me choquaient toujours), si sanglantes que je ne peux pas dire que j'ai apprécié. Et je ne savais pas avant de lire (évidemment) que l'auteur était fan de science-fiction et de fantasy. Je n'aurais certainement pas demandé ce livre. Mais je l'ai terminé, en souffrant beaucoup.

Et pourtant, il commençait bien. La première nouvelle, The Finkelstein 5, bien que très violente et poignante, était pleine d'un humour grinçant bien jubilatoire. Elle traite du racisme d'une manière originale que j'ai beaucoup aimée. D'autres histoires évoquent l'expérience de l'auteur quand il travaillait comme vendeur dans un magasin de vêtements. Même si je les ai trouvées dissonantes (je me comprends), elles étaient plutôt réussies. En revanche, les nouvelles de science-fiction ou de fantasy (je n'ai pas encore compris la différence) sont trop hermétiques, ou d'une violence insupportable et se résument à des bagarres confuses et incohérentes. Je n'ai vraiment pas compris où l'auteur voulait en venir.

Sur les douze nouvelles, j'en ai apprécié plus de la moitié à des degrés divers : très originales (en particulier The Finkelstein 5 et Zimmer Land), émouvante (Things My Mother Said), intéressante mais sordide quand même (Lark Street où un homme a une conversation avec les fœtus de ses jumeaux avortés), trop dystopique pour moi (The Era), trop violente et trop alambiquée (Through the Flash).

L'écriture de Nana Kwame Adjei-Brenyah est brillante, mais j'ai eu du mal avec certaines nouvelles car le sujet m'était complètement indifférent. Donc, un avis mitigé de ma part même si je reconnais à l'auteur une très grande originalité, que je comprends les éloges lues à son propos et que je ne regrette pas de l'avoir lu. Comme dans tous les recueils de nouvelles, il y a du bon et du moins bon.

L'auteur dans le New York Times :

https://www.nytimes.com/2018/10/19/books/friday-black-nana-kwame-adjei-brenyah-debut-collection.html

Merci à Nana Kwame Adjei-Brenyah, à Houghton Mifflin Harcourt et à NetGalley pour cet exemplaire en avant-première.

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19 octobre 2018

Голубой вагон (Крокодил Гена)

Je viens de voir sur Wikipedia qu'Edouard Ouspenski, le créateur de Tchebourachka, est décédé il y a deux mois. En hommage, Génia et son célèbre wagon bleu.

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