Sous la grêle osée

17 décembre 2014

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier (Patrick Modiano)

pour que tu ne te perdes front_cover

Je me décide enfin à parler de ce livre. Non pas qu'il m'ait fallu plusieurs semaines pour m'en remettre. Mais je n'arrivais pas à écrire (et je ne suis pas certaine d'y arriver plus maintenant). La faute à ce prix Nobel peut-être et à ces commentaires désobligeants sur cet auteur pas connu, sur ce choix bizarre d'un auteur à peine traduit en anglais que ne connaissaient pas ces anglophones monolingues qui se croyaient fin lettrés. Merci pour nous ! Et certaines critiques après la parution de la traduction anglaise de trois romans réunis pour l'occasion. Je la lirai peut-être cette traduction. Mais revenons à ce dernier roman.

Je l'ai aimé parce que c'est l'ambiance Modiano. Et je n'arrête pas de penser à cette voix molle et menaçante, celle de Gilles Ottolini, qui appelle le héros, Jean Daragane, pour lui remettre le carnet d'adresses que ce dernier a égaré. Une voix molle et menaçante au téléphone. C'est très Modiano. Un carnet d'adresses contenant les numéros de relations « d'ordre professionnel ». Et c'est un ancien numéro, à sept chiffres, qui intéresse Gilles Ottolini.

Le héros recherche les personnes de son passé en tapant sur le clavier de l'ordinateur. Il ne fait pas des recherches sur Internet. Il tape des noms sur le clavier de l'ordinateur. Ou des questions précises : « Jacques Perrin de Lara est-il encore vivant ? Si oui, donnez-moi son adresse. », l'ordinateur était incapable de répondre, et l'on sentait passer à travers les multiples fils qui reliaient l'appareil à des prises électriques une certaine hésitation et une certaine gêne. Ce passage m'a beaucoup touchée. Et en le tapant ici, j'en ai les larmes aux yeux.

Voilà, c'est ça pour moi Modiano. Ce qu'il écrit me touche. Il y a toujours des individus louches, des endroits qui font surgir des souvenirs. Et ces noms qui apparaissaient dans des romans précédents : Annie, Roger Vincent. Et toujours ce même petit garçon. Quand je lis Modiano, j'ai envie de rentrer en France.

J'oubliais d'indiquer mon passage préféré : la conversation du héros avec le médecin qu'il a consulté dans son enfance.

Désolée pour ce billet totalement décousu. Il y a des jours comme ça.

4e couv

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14 décembre 2014

Yumbo

Evidemment, à mon âge, j'aurais pu connaître le yumbo. Si j'avais eu la chance d'aller aux Etats-Unis quand j'étais (toute) petite. Mais non, je n'en avais jamais entendu parler. Je n'irai peut-être pas chez Burger King combler cette lacune dans ma culture gastronomique américaine. En revanche, la pub... Avec ces tenues (le petit pull de la femme noire au début) et ces couleurs... Sans parler de cet énorme poste de radio avec télé minuscule en noir et blanc que je rêvais d'avoir. Un des accompagnateurs lors d'un voyage en Italie en 5e en avait un et je crois qu'on le trouvait sur les catalogues de VPC. La pub m'a bien fait rire en tout cas.

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07 décembre 2014

Joyeux anniversaire sister !

J'ai retrouvé cette vieille photo d'il y a 40 ans. Nous avions appris par hasard que nous étions "demoiselles d'honneur". Surprises parce que nous n'étions pas "copines" de la mariée. ;-) Ma mère nous avait acheté nos premières robes longues chez Tati. La coiffure avait été une torture (avec fer et tout). Dans la voiture, nous étions à côté d'une mégère qui n'arrêtait pas de nous dire que nous prenions toute la place. Nous étions quatre à l'arrière et elle n'était pas de première minceur. Arrivées à l'église, on nous a placées toutes les deux seules sur la droite. Nous étions terrorisées (ça se voit sur la photo) par l'organiste aveugle. Que de bons souvenirs ce mariage. Maintenant, on en rit, mais à l'époque...

L&M 1974

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05 décembre 2014

You Belong to the City (Glenn Frey)

Hier, je rentrais de Miami. Il ne faisait pas très beau, mais meilleur que dans le Colorado, il faut le dire. Ma mère est bien rentrée en Martinique. Son séjour était trop court. Elle parle déjà de revenir en juillet. Glenn Frey (Eagles) avait composé cette magnifique chanson pour le feuilleton Miami Vice.

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28 novembre 2014

Mamma Mia (Erick Bamy)

J'hésitais pour la chanson du jour, mais ma sœur m'a appris le décès d'Erick Bamy. Un hommage malheureusement à cette voix magnifique.

J'ai été surprise de lire qu'il avait été révélé par l'émission La France a un incroyable talent de M6. Mais j'oublie que tout le monde n'a pas mon âge. J'ai découvert son audition sur YouTube. Vraiment émouvant.

https://www.youtube.com/watch?v=Wg3_oA77lG8

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27 novembre 2014

Happy Thanksgiving!

Nous avions l'intention de faire goûter un véritable repas de Thanksgiving à notre mère, mais apparemment elle n'est pas convaincue. Pourtant un tas de restaurants proposent de préparer le repas.

Boston Market propose un menu pour 12 et une version réduite pour 4 à 6 personnes. Nous aurions eu une quantité raisonnable de restes (comme de vrais Américains).

BM Thanks

holidayHeatandServeMenu

Le menu de Mimi's Café est un peu trop copieux pour trois, mais nous aurions pu aller manger là-bas. Oui, ils pensent aux pauvres gens qui n'on pas envie de passer des heures à la cuisine. (Comme beaucoup d'autres restaurants d'ailleurs.) Il y a une version plats d'accompagnement uniquement (si on a envie de cuire la dinde soi-même).

MC Thanks

MC Thanks 2

http://www.mimiscafe.com/holidayfeast.aspx

On n'est pas obligé de passer des heures à la cuisine. L'industrie et la grande distribution américaines font tout pour vous faciliter la tâche. On trouve des pumpkin ou des sweet potato pies, fraîches ou surgelées, au supermarché ou dans les restaurants. Bizarrement, ma mère ne s'est pas laissée tenter. On peut aussi acheter la pâte pré-cuite et la garnir avec le contenu d'une boîte.

En boîte, à travailler ou directement dans le moule de cuisson :

   crust mixcrust pillsbcrust

La garniture au choix :

canned-pumpkin-1bruces-sweet-potato-pie-13234

Lors de mon premier Thanksgiving (dans une famille noire de l'Arkansas), j'ai pu goûter à la cranberry sauce. On ne m'a pas vraiment expliqué comment ça se mangeait, mais ça accompagne la dinde. C'est vrai que c'est sec ce machin. La sauce en elle-même se laisse manger. En revanche, je trouve le fruit infect. Il me rappelle ces fruits rouges qu'on trouvait dans le square près de chez moi et dont on disait qu'ils étaient empoisonnés. On peut faire la sauce chez soi ou l'acheter en boîte. Je ne vous raconte pas l'effet.

cranberry sauce maison   cranberry sauce can   cranberry sauce

Mais la chose qui m'a franchement intriguée, c'est le stuffing, la farce de la dinde, servie, non pas dans la dinde mais à côté. Peut-être un problème de traduction. On peut l'acheter toute faite, en boîte ou en sachet (comparatif ici) ou la faire soi-même (au pain, au pain de maïs, au riz...).

stuffing     stuffing maison

Et la dinde ? Ben, cette année, Obama a gracié Cheese.

http://ftw.usatoday.com/2014/11/barack-obama-turkey-pardon-sash-malia-omg-dad-ur-embarrassing-us

Whole Foods nous propose des dindes en chocolat.

IMG_2357   IMG_2358

Et ce midi, je vais faire une quiche.

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24 novembre 2014

Ma mère et les noms (ter)

J'ai déjà raconté que ma mère a du mal avec les noms. Mais ce qui m'épate, c'est ma sœur qui trouve toujours de qui elle parle. Moi, je n'essaie même plus.

Nous étions donc au restaurant à Mimi's Café (la cantine de ma mère, on va dire) et ma sœur se met à chanter l'air de Thierry la Fronde. Je lui demande ce qui lui a fait penser à Thierry la Fronde. Une inspiration subite.

Ma mère : Il existe encore celui-là ?

Ma sœur : Il n'a jamais existé.

Ma mère : Mais si. Le chanteur américain.

Moi : Ca m'étonnerait. Thierry, c'est pas un prénom anglais.

Ma mère : On disait qu'il était Antillais.

Ma sœur : Harry Belafonte !

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21 novembre 2014

Glycéria (Danielle René Corail)

Ma mère, ma sœur et moi n'arrêtons pas de chanter et d'écouter cette chanson cette semaine. C'est Gérald qui nous a remis en tête cette célèbre mazurka. Merci Gérald ! Et merci aussi au compositeur, Fernand Donatien !

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20 novembre 2014

Crow Blue (Adriana Lisboa)

azul_corvo

C'est ma sœur qui m'a trouvé le nom d'Adriana Lisboa. Je cherchais un auteur brésilien né plus récemment que Bernardo Guimarães ou Paulo Coelho. Et comme un de ses romans se déroulait en partie à Lakewood, près de Denver, le choix a été vite fait. Adriana Lisboa habite en effet depuis 2007 dans le Colorado.

Crow Blue (Azul Corvo parce que j'aurais dû pouvoir le lire en portugais tout de même) relate quelques années de la vie d'une jeune fille de 13 ans, Vanja, née aux Etats-Unis, mais élevée au Brésil, qui vient vivre dans le Colorado, chez Fernando, l'ex-mari de sa mère décédée récemment. Les souvenirs de sa vie au Brésil se mêlent à ceux de Fernando, ancien membre de la guérilla communiste, et au récit de sa vie dans le Colorado. Vanja souhaite retrouver son père biologique qu'elle n'a jamais connu.

C'est toujours sympa de voir évoquer un endroit que tu connais plutôt bien dans un roman. Et finalement, cela rend le contraste plus saisissant entre la vie de Vanja au Brésil puisqu'elle va souvent à Copacabana (rien que le nom...) et dans le Colorado où elle est entourée de montagnes et où il n'y a (malheureusement) pas la mer. C'était drôle de voir que la traductrice parlait de bâtiment en forme de caisse enregistreuse (il est possible qu'elle ait repris la formulation de l'auteure après tout), alors qu'il s'agit du surnom dudit bâtiment. Mais elle est australienne, alors on l'excuse. En revanche, pour en revenir au roman lui-même, l'évocation continuelle des fonds marins et des mollusques m'a franchement ennuyée. Ca n'apportait rien à l'histoire. Ou alors je n'ai pas compris.

Je ne sais pas pourquoi l'auteure a choisi d'évoquer la répression anti-communiste sous la dictature au Brésil dans un roman parlant d'une adolescente à la recherche de son père et de son adaptation à un nouveau pays. Le lien entre les deux histoires ne m'a pas paru évident. Ou alors je n'ai pas compris.

J'ai évidemment préféré les passages décrivant la vie au Brésil et aux Etats-Unis, mais l'ensemble reste superficiel. Le cas de Vanja est particulier, puisque sa mère lui a appris l'anglais et l'espagnol. Elle a donc tout pour réussir aux Etats-Unis.

Alors oui, à lire. Comme un roman. Et mon commentaire restera lui aussi très superficiel.

http://www.adrianalisboa.com.br/publicacoes/liv_azul_corvo.html

http://www.terra.com.br/istoegente/edicoes/580/artigo189292-1.htm

Traduction : Alison Entrekin

En français : Bleu corbeau

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16 novembre 2014

The Handsome Man's De Luxe Café (Alexander McCall Smith)

de luxe

L'une de mes séries préférées s'essouffle-t-elle ? Il est vrai qu'il s'agit déjà du 15e livre et qu'il n'est pas facile d'avoir des idées nouvelles. Mais est-ce une raison pour grossir davantage le trait du caractère de ses personnages, quitte à les rendre caricaturaux ? On sait que Mma Makutsi parle un peu à tort et à travers, mais ce qui était drôle dans les romans précédents devient proprement ridicule. On peut manquer de tact mais être à ce point mal dégrossie, c'est trop. On peut se laisser impressionner par quelqu'un qui fait preuve d'assurance mais être à ce point crédule, c'est trop. Et puis, ce recours constant aux souvenirs, ça fait vraiment remplissage. Je n'ai pas vraiment été déçue parce que les histoires sont toujours intéressantes, mais The Handsome Man's De Luxe Café ne m'a pas entièrement convaincue.

http://www.randomhouse.com/features/mccallsmith/main.php

The No. 1 Ladies’ Detective Agency often helps people find things they have lost. But they have never had to help a client find herself—until now, in this latest installment of Alexander McCall Smith’s best-selling and beloved series.
 
A kindhearted brother and sister have taken in a woman known only as “Mrs.”—a woman with no memory of her name or of how she came to Botswana. And so it’s up to Precious Ramotswe and her new co-director, Grace Makutsi, to discover the woman’s identity. 
 
Meanwhile, motherhood proves to be no obstacle to Mma Makutsi’s professional success. As she settles into her role as partner at the agency, she also launches a new enterprise of her own: the Handsome Man’s De Luxe Café, a restaurant for Gaborone’s most fashionable diners. But even Miss 97 Per Cent isn’t fully prepared for the temperamental chefs, drunken waiters, and other challenges that come with running one’s own business. Help may come from an unexpected source, if only Mma Makutsi can swallow her pride and ask.
 
And next door to the No. 1 Ladies’ Detective Agency, Mr. J.L.B. Matekoni is all too familiar with the difficult decisions of business owners. He is finally forced to make a tough choice, one that will bring major changes to both Tlokweng Road Speedy Motors and the No. 1 Ladies’ Detective Agency—and that will require all of Mma Ramotswe’s finesse and patience to sort out. 
 
With sympathy and indefatigable good humor, Mma Ramotswe and her friends see one another through these major changes and discover along the way what true friendship really means.

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