Sous la grêle osée

20 août 2019

Keeper'n me (Richard Wagamese)

Keeper

Après avoir lu The Next Sure Thing, j'ai décidé de reprendre l'œuvre de Richard Wagamese depuis le début. J'ai trouvé son premier roman, mais les suivants n'étaient pas disponibles à la bibliothèque. J'ai donc emprunté le dernier (publié l'an dernier à titre posthume) et un troisième (je me suis dit que je n'allais pas tout prendre). Keeper'n me est donc le premier roman qu'a publié Richard Wagamese.

Garnet Raven a 20 ans et purge une peine de prison de cinq ans, quand il reçoit une lettre de sa famille à laquelle il a été enlevé à trois ans. Garnet a passé son enfance d'une famille d'accueil à une autre, avec pour constante le fait qu'il était le seul Indien. L'unique représentation qu'il a des Indiens est celle que lui renvoient la télé et le cinéma (où les Indiens ne sont parfois pas de vrais Indiens). Dès qu'il en a l'occasion, il s'enfuit et part sur la route. Il ne recherche pas réellement son identité : il s'en crée une nouvelle à chaque ville où il se trouve ; tantôt Mexicain, tantôt Hawaïen, tantôt moitié-Chinois (comme Kwai Chang Caine). Il est tout sauf Indien. Il décide de devenir noir quand il se lie d'amitié avec Lonnie Flowers qu'il rencontre à Toronto. La famille de ce dernier l'accueille comme l'un des siens. Garnet tombe amoureux du blues (qui colle parfaitement à sa vie) et va même jusqu'à porter l'afro. En voulant « rendre service » à un ami, il se retrouve en prison. Et c'est donc là qu'il reçoit une lettre de son frère Stanley. À sa sortie de prison, il décide d'aller rencontrer cette grande famille qu'il ne connaît pas dans le nord de l'Ontario.

Avec l'aide de sa famille, des habitants de la réserve et de Keeper (qui était l'apprenti de son grand-père), il découvre sa culture, l'histoire de sa bande et de sa famille, et apprend à connaître la terre et la nature. Nous suivons Garnet tout au long de son apprentissage et de ses découvertes. Nous vivons au rythme de son village (où vit même la réplique ojibwé d'Assurancetourix) et des événements qui s'y passent.  Et Keeper nous explique ce qu'il essaie de transmettre à Garnet, sa mission, et les enseignements qu'il a inventés (car il faut bien qu'il tire des avantages du temps qu'il consacre à son élève). Nous avons droit à des passages émouvants, mystiques, drôles.

Il s'agit d'un roman en grande partie autobiographique, puisque Richard Wagamese a été retiré très jeune à sa famille et a dû (ré)apprendre sa culture d'origine. Je lui ai trouvé quelques longueurs ; c'est un premier roman et il en a les défauts. L'ensemble est tout de même remarquable. Et je le recommande.

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14 août 2019

They Called Us Enemy (George Takei)

UsEnemy

Même si je ne suis pas du tout fan de Star Trek, je suis plus ou moins George Takei et ses interventions sur les réseaux sociaux. J'attendais son autobiographie graphique dès son annonce, parce que le sujet m'intéressait et que la couverture m'avait plu.

Récemment, Alexandria Ocasio-Cortez a suscité une controverse en comparant les centres de détention des migrants à des camps de concentration. Cela avait déplu à des élus républicains qui avaient déclaré qu'elle faisait preuve d'un manque total de respect vis-à-vis des victimes de l'Holocauste. George Takei avait défendu AOC en twittant qu'il savait ce qu'étaient les camps de concentration puisqu'il avait vécu dans deux d'entre eux aux États-Unis. C'est ce que raconte They Called Us Enemy.

Takekuma Norman Takei est né au Japon et est arrivé adolescent aux États-Unis. Fumiko Emily Nakamura est née en Californie, mais son père l'a envoyée au Japon pour éviter la ségrégation scolaire à Sacramento. Ils se marient à Los Angeles et ont trois enfants : George (d'après le roi George VI d'Angleterre), Henry (d'après le roi Henry VIII d'Angleterre) et Nancy Reiko. Le 7 décembre 1941, des avions japonais attaquent Pearl Harbor. Les États-Unis entrent en guerre. En février 1942, FDR ordonne par décret (executive order 9066) le regroupement des Japonais et des Américains d'origine japonaise vivant dans les zones à risque (notamment sur la côte allant de l'État de Washington à la Californie), puis leur incarcération dans des camps situés dans des endroits désertiques. Les Japonais sont impénétrables, on ne peut pas savoir ce qu'ils pensent. Pour éviter tout acte d'espionnage, on les déclare enemy aliens. C'est ainsi que George et sa famille quittent leur maison avec tout ce qu'ils peuvent emporter et partent vivre dans les écuries de l'hippodrome de Santa Anita. Ils sont ensuite transférés en train (avec interdiction de se faire voir quand le train entre en gare) dans le camp de Rohwer, dans l'Arkansas.

Le livre ne détaille pas vraiment le quotidien des internés puisqu'il est écrit du point de George (qui a environ 5 ans à l'époque et qui voit tout cela un peu comme une aventure). Mais il raconte l'organisation des blocs, quelques manifestations et agitations dans le camp. En 1943 apparaissent les fameux questionnaires sur la loyauté, destinés à tester l'américanité des détenus (grâce à un système de points). Il s'agissait au départ de déterminer si certains hommes pouvaient être recrutés par l'armée (on avait besoin de combattants). Le questionnaire a ensuite été remis à tous les adultes. Il est particulièrement connu en raison des questions 27 et 28 : la première demandait si la personne acceptait de se battre pour les États-Unis ou de servir dans l'armée ; la deuxième, si la personne renonçait à sa nationalité japonaise. Les personnes qui répondaient non à ces deux questions (les no-noes) étaient considérées comme déloyales et étaient envoyées dans le centre de très haute sécurité de Tule Lake. C'est là que la famille de George terminera son incarcération.

Malgré le sujet difficile, j'ai trouvé les illustrations de Harmony Becker charmantes et très douces. Certaines rappellent un peu les mangas, mais j'ai apprécié que l'illustratrice n'ait pas exagéré de ce point de vue. Le livre restitue bien la période (les faits historiques sont bien expliqués), sans insister sur ce que les Asiatiques (il est certain que malgré la propagande, on ne savait pas distinguer les est-asiatiques entre eux) ont dû subir après l'attaque de Pearl Harbor. Même si j'ai aimé ce livre, j'ai trouvé insupportable ce besoin de répéter qu'il n'existe pas de meilleure démocratie que les États-Unis (mais ça, c'est typiquement américain). Je recommande (mais je vous aurais prévenus).

George Takei sur Facebook : https://www.facebook.com/georgetakeipresents/

Un site sur le sujet : https://encyclopedia.densho.org

Exposition sur le camp Amache dans le Colorado : http://monesie.canalblog.com/archives/2010/11/02/19497329.html

09 août 2019

Electric Pow Wow Drum (A Tribe Called Red)

Je ne suis pas trop fan du clip officiel, ni de la musique électronique en général, mais j'adore ce morceau.

Le site du groupe : http://atribecalledred.com/

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08 août 2019

The Nickel Boys (Colson Whitehead)

NickelBoys

En voyant le sujet du dernier roman de Colson Whitehead, je savais qu'il m'intéresserait. Mais je ne m'attendais pas à l'aimer autant.

Elwood Curtis vit avec sa grand-mère à Tallahassee au début des années 60. Ses parents l'ont « abandonné » pour aller tenter leur chance en Californie. Elwood est un jeune homme intransigeant (sa grand-mère est très sévère) et un élève brillant. Par un triste (inexorable ?) concours de circonstances, il est envoyé dans une maison de redressement, la Nickel Academy, qui est censée remettre sur le droit chemin les garçons qui y sont envoyés (pas toujours pour des actes de délinquance). Sévices corporels, abus sexuels, travaux forcés, assassinats : la mission sociale de la Nickel Academy a depuis longtemps été oubliée (si elle a jamais existé). Elwood cherche un moyen de s'échapper. Quelques années après la fermeture de l'école, une étudiante en archéologie déterre des os humains sur le site et une enquête commence.

The Nickel Boys est basé sur des faits réels. La Nickel Academy est inspirée de la Dozier School for Boys en Floride, ouverte de 1900 à 2011, où des tombes  anonymes ont été découvertes. Dans le livre, un des protagonistes déplore que personne n'avait voulu croire les « détenus » quand ils avaient dénoncé les mauvais traitements subis. Colson Whitehead a situé l'action pendant le mouvement pour les droits civiques (il y a un dortoir pour les blancs et un pour les noirs) et Elwood est un fervent admirateur de Martin Luther King Jr et des manifestations non-violentes (même si certains aspects le laissent perplexe). Si tous les garçons ont droit aux mêmes mauvais traitements, les blancs voient leurs conditions de vie s'améliorer après différentes inspections (notamment pour ce qui relève de la nourriture et du matériel scolaire), note « avec humour » Elwood.

J'ai eu parfois l'impression de lire un récit sur les pensionnats indiens, tant la Nickel Academy leur ressemble par les mauvais traitements subis par les enfants, les injustices, l'incompétence et le sadisme du personnel. Colson Whitehead nous donne ici un roman poignant et extraordinaire, et en Elwood, un personnage inébranlable et déterminé, qui ne dévie jamais de son objectif, mais pas au prix de laisser les injustices impunies. C'est le troisième roman que je lis de l'auteur et il est lui aussi très différent des autres. Quel talent ! Un petit reproche quand même : le roman est trop court.

À lire absolument.

Le site de l'auteur : https://www.colsonwhitehead.com/

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02 août 2019

Le premier jour du reste de ta vie (Étienne Daho)

C'est la chanson que j'écoute chaque fois que ... Je n'avais jamais vu le clip. Je vois et je vois pas. (Et je me demande si le micro à la fin, c'est fait exprès.) Ma chanson préférée d'Étienne (même si c'est une reprise).

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31 juillet 2019

Wake (Anna Hope)

Wake

J'ai souhaité participer à cette LC parce que je ne lis pas assez d'auteurs britanniques (je peux carrément dire non américains). Le titre français était plutôt évocateur Le chagrin des vivants. Seuls les deux premiers romans d'Anna Hope sont traduits en français (le troisième est sorti au début du mois), donc il était assez facile de retrouver le titre original. C'est donc avec le titre Wake que j'ai participé à cette LC.

Le roman débute par les trois définitions du mot wake (la linguiste que je suis râle en voyant que la première définition correspond au verbe et les deux autres, au nom), que l'on peut traduire par : (se) réveiller, veillée (mortuaire) et suite (au sens figuré de conséquence). On va voir que les trois sens se retrouvent dans le roman.

L'action se déroule sur cinq jours autour de la deuxième célébration de l'Armistice de 1918. C'est en effet ce jour-là que le soldat inconnu (en anglais, on parle du guerrier inconnu) sera enterré à Westminster. Le roman décrit comment le corps a été récupéré en France et son rapatriement jusqu'à Londres. Nous suivons également trois femmes dont la vie a été ébranlée par la guerre : perte de son fils pour Ada (le personnage que j'ai préféré), de son fiancé pour Evelyn (dont j'ai aimé la détermination, même si elle se heurte aux récriminations de tout le monde) et de son indépendance pour Hettie (qui a choisi de devenir taxi-girl car elle adore la danse, mais doit reverser la moitié de son salaire à sa mère pour subvenir aux besoins de son frère revenu apathique et traumatisé de la guerre). J'ai trouvé affligeant le sort de ces femmes qui n'ont pas le droit de souffrir, de faire le deuil de ces proches qu'elles ont perdus. Le mari d'Ada n'accepte pas (culpabilité, machisme) le fait que sa femme retourne dans la chambre de son fils, qu'elle croit le voir partout, qu'elle cherche à savoir ce qui lui est arrivé. La mère, le frère (qui revient de la guerre aussi et qui fait face en abusant de substances), les amis d'Evelyn et les allocataires auxquels elle a affaire dans son travail (au bureau des pensions pour anciens combattants) lui reprochent son ton acerbe. Tout le monde a quelque chose à dire et ne se gêne pas pour le faire. C'est vrai qu'elle est un peu mordante parfois, mais elle fait preuve de tant de courage qu'elle est vraiment admirable. Son salut viendra-t-il d'un homme ? (C'est un clin d'œil à la toute fin du roman qui fait presque roman à l'eau de rose.)

J'ai aimé ce livre. J'ai eu peur au début en voyant le sujet, car (comme je le répète tout le temps) je n'aime pas les livres qui sentent la recherche. Et bien, Anna Hope a évité l'écueil en nous offrant un roman bien construit, touchant et qui soulève des questions malheureusement toujours d'actualité. Le Londres du début du XXe siècle et cette ambiance d'après-guerre sont bien restitués. (Les remarques sur la France et les Français m'ont beaucoup moins plu, notamment certaines affirmations que je n'ai pu vérifier nulle part.)

Le site de l'auteure : http://annahope.uk/

Lecture commune avec Aifelle, Anne7500, Anne, George et Ingannmic.

En français : Le chagrin des vivants. Traduction : Élodie Leplat

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29 juillet 2019

A Different Drummer (William Melvin Kelley)

ADiffDrum

William Melvin Kelley est un romancier américain, décédé il y a un peu plus de deux ans. Son premier roman A Different Drummer a été publié en 1962 et réédité en 1990 quand on s'est souvenu de son auteur. Ce dernier a été redécouvert après sa mort semble-t-il. J'ai lu la première réédition dotée du même genre de préface que l'on trouve au début de chaque roman d'auteurs noirs oubliés, puis réédités, à savoir un essai dont l'auteur tente de définir ce qu'est un roman noir. J'ai l'impression d'avoir déjà lu cette préface un millier de fois. Mais William Melvin Kelley a la particularité d'écrire un livre dont les protagonistes sont blancs et parlent des noirs.

L'action de A Different Drummer se déroule dans un État fictif du Sud des États-Unis. Tucker Caliban répand du sel dans le champ (qu'il a acheté récemment au descendant de la famille qui possédait ses ancêtres), tue sa vache et son cheval, détruit une horloge qui est dans sa famille depuis l'arrivée du premier ancêtre, puis met le feu à sa maison. Il part ensuite avec sa femme et son enfant. Il n'explique pas son geste, mais déclare que c'est quelque chose qu'il doit faire. Le lendemain et les jours suivants, tous les noirs quittent l'État pour aller dans le Nord, en tout cas ailleurs. Les blancs ne comprennent pas ce qui se passe, mais se rendent vite compte qu'ils ne peuvent pas empêcher ce mouvement. Certains se demandent comment ils pourront se débrouiller sans les noirs. D'autres n'admettent pas que les noirs aient décidé d'eux-mêmes de partir (sans leur autorisation ?) et refusent d'accepter que cet exode ait pu être la conséquence de leur propre comportement. Chaque chapitre présente le point de vue de différents habitants blancs de la ville et raconte l'histoire de celle-ci. Certains chapitres sont très émouvants, d'autres douloureux. J'ai trouvé le dernier chapitre, intitulé The Men on the Porch, totalement absurde. Bien sûr, William Melvin Kelley peut terminer son roman comme il le souhaite, mais j'ai trouvé décevant qu'il utilise ce ressort éculé avec un noir qui, bien qu'important dans l'histoire, ne sert que de prétexte à la fin pour transmettre le sentiment d'horreur qu'inspire le Sud et matérialiser le désarroi des blancs face à l'évolution de la société qui va les laisser sur place. Je ne détaillerai pas tous les personnages, mais j'ai trouvé certains très beaux et très dignes, et d'autres trop caricaturaux.

À lire, parce que l'histoire est différente, même si la fin est malheureusment rebattue.

https://www.newyorker.com/magazine/2018/01/29/the-lost-giant-of-american-literature

En français : Un autre tambour. Traduction : Lisa Rosembaum

24 juillet 2019

Little Man, Little Man (James Baldwin)

LittleMan

Dès que j'ai appris sa réédition, j'ai tout de suite eu envie de lire ce livre. Une histoire d'enfance racontée par James Baldwin, tu penses que j'avais envie de voir ça.

C'est Tejan, le neveu de James Baldwin, qui a écrit l'avant-propos. Il raconte le jour où le livre est arrivé chez eux et explique comment il a vu le jour. C'est Tejan lui-même qui a demandé à son oncle d'écrire sur lui. L'introduction qui suit parle de la très courte carrière du livre (mal compris à l'époque et vite oublié) et du choix de James Baldwin d'utiliser l'anglais familier de Harlem pour rendre son récit plus vivant. La postface est signée par la grande-sœur de TJ.

TJ a 4 ans. Il vit à Harlem. Il décrit son quartier, ses voisins, ses copains, ses parents. Il nous parle de ses inquiétudes, de ses peurs. Tout n'est pas rose dans son quartier : la drogue, la police, la criminalité. On ne sait pas parfois s'il s'agit de ce qu'il a vu à la télé ou de ce qu'il a vu dans sa rue. Il y a des moments drôles où on se rappelle qu'on a à faire à un enfant qui joue au grand. C'est beau, c'est triste, c'est réaliste. C'est aussi du James Baldwin et je comprends pourquoi certains le classent parmi les livres pour adultes. Et sans doute que ces critiques ne vivent pas à Harlem et n'imaginent pas le quotidien d'un petit garçon noir dans les années 30 ou dans les années 70.

Contrairement aux deux livres précédents, je n'ai pas aimé les illustrations de celui-ci. Elles sont d'un artiste français renommé, mais à part une ou deux, elles ne m'ont pas touchée. Peut-être trop adultes ou trop abstraites (Yoran Cazac ne connaissait pas Harlem).

https://www.dukeupress.edu/little-man-little-man

J'ajoute le lien vers le trailer du livre (merci sister) : https://www.youtube.com/watch?v=X1e6FoTCBPo

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22 juillet 2019

The Girl and the Wolf (Katherena Vermette)

GirlWolf

Une petite fille vêtue de rouge accompagne sa mère dans la forêt. La mère cueille des baies. La petite fille court partout et se perd. Elle rencontre un grand loup gris.

Ça vous rappelle quelque chose ? À moi aussi. J'ai pensé qu'il s'agissait d'une réécriture du Petit Chaperon rouge. J'avais tort. Katherena Vermette nous explique à la fin du livre qu'en lisant des contes européens, elle avait trouvé injuste que le loup y était toujours méchant (et toujours puni) alors que ce n'était pas le cas dans les histoires traditionnelles qu'on lui avait racontées. Elle a donc décidé de raconter une histoire où le loup aidait les enfants.

J'ai aimé l'idée de départ (même si je m'étais trompée finalement) et j'ai trouvé le livre plutôt mignon, l'histoire simple mais bien racontée. Les illustrations de Julie Flett m'ont plu aussi.

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20 juillet 2019

I Am Not a Number (Jenny Kay Dupuis)

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Dans la section Jeunesse de la bibliothèque, la couverture et le titre de ce livre ont attiré mon attention. J'ai compris tout de suite qu'il traitait des pensionnats indiens (au Canada dans le cas présent) et je me demandais comment l'histoire serait présentée à un public aussi jeune. En 1928, une jeune Anishinaabe du Nord de l'Ontario, Irene (la grand-mère de l'autrice), est envoyée de force dans un pensionnat de Spanish (Ontario) avec deux de ses frères (ils étaient 14 enfants en tout). Ils ont eu la chance de n'y rester qu'un an. C'est à la demande de sa petite-fille Jenny, alors adolescente, qu'Irene raconte sa vie au pensionnat : les punitions pour désobéissance au règlement très sévère de l'école, les repas pitoyables et de mauvaise qualité (alors que les adultes étaient très bien nourris), les cheveux coupés et l'obligation de ne parler qu'anglais. Un détail que je ne connaissais pas : les enfants n'ont plus de prénom, on leur attribue un numéro. À la fin du livre se trouvent un petit exposé sur le système des pensionnats, ainsi que quelques photos de la famille de l'autrice.

Le livre est très court, mais il expose franchement la vie dans ces pensionnats. J'ai aimé le fait que le texte était assez explicite à propos de ce que les enfants enduraient. C'est bien de montrer que le Canada n'est pas un paradis pour tout le monde. Et les illustrations sont superbes.

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Bien sûr, il y a des livres pour adultes sur le sujet, mais c'est une bonne entrée en matière. Je recommande.

Co-autrice : Kathy Kacer

Illustrations : Gillian Newland

Le livre existe en français et bientôt en nbising.

https://www.cbc.ca/radio/unreserved/the-rise-in-indigenous-storytelling-for-kids-1.4998000/jenny-kay-dupuis-wanted-her-book-to-be-available-in-the-language-her-grandmother-was-punished-for-speaking-1.4998022

 

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Jenny Kay Dupuis sur Instagram https://www.instagram.com/jennykaydupuis/?hl=en et sur Twitter https://twitter.com/JennyKayDupuis?ref_src=twsrc%5Egoogle%7Ctwcamp%5Eserp%7Ctwgr%5Eauthor

Kathy Kacer sur Twitter https://twitter.com/kathykacer?lang=en

Le site de Gillian Newland https://gilliannewland.com/