InColdBlood

Il s'agit en fait d'une relecture pour moi. J'ai déjà lu ce titre en français après en avoir étudié un extrait (que je connais pratiquement par cœur) en terminale.

Anyone who has made the coast-to-coast journey across America, whether by train or by car, has probably passed through Garden City, but it is reasonable to assume that few travellers remember the event. It seems just another fair-sized town in the middle—almost the exact middle—of the continental United States. (...) “See the Polar Bears!” “See Pennie the Elephant!”

J'avais emprunté le livre à la bibliothèque. Je ne sais plus si le prof nous en avait expliqué le sujet ou si je pensais juste que tout serait dans la même veine : une chronique de l'Amérique profonde, du heartland (comme on dit maintenant). Et je me disais qu'un jour, j'irai visiter Garden City. Après la lecture, j'ai changé d'avis. Bien sûr, c'est une description de la vie dans une ville moyenne du Midwest, mais c'est surtout l'enquête sur un crime atroce commis pour une somme dérisoire.

Cette fois-ci, je l'ai lu en anglais. Et je m'aperçois que je n'en avais gardé qu'un vague souvenir (hormis bizarrement le club 4H). En tout cas, je n'avais pas été aussi impressionnée la première fois. Là, j'ai eu les larmes aux yeux à la lecture de certains passages : particulièrement, ceux décrivant la dernière journée de Nancy et de Kenyon. Peut-être parce que cette fois, je savais ce qui allait leur arriver. En soulignant à quel point la famille était exemplaire, Truman Capote nous montre l'abjection du crime. Même s'il égratigne les principes du père, je l'ai trouvé assez indulgent (j'avais oublié qu'il était de Louisiane) avec le conservatisme de cette partie du pays. Et j'avais oublié que Truman Capote faisait référence à lui-même dans certains passages : j'imagine que le journaliste qui correspondait avec Hicock et qui le connaissait aussi bien que Smith, c'est lui. Justement, il connaît si bien les assassins, qu'il nous permet de les approcher d'un peu trop près parfois. Je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir pitié de Smith qui donne l'impression de se retrouver dans des situations terribles simplement parce qu'il veut plaire. Hicock, en revanche, est présenté comme une belle saloperie qui n'a eu que ce qu'il méritait. Et je ne parle même pas d'Andrews, emprisonné avec Hicock et Smith et qui sera exécuté avant eux. Il m'a donné des sueurs froides. Avant cette relecture, j'avais vu que Truman Capote avait été critiqué pour les libertés qu'il avait prises avec les faits. Et c'est vrai que certains dialogues et certains faits semblent si « parfaits » qu'on peut avoir des doutes. Mais dans l'ensemble, ce roman-vérité reste très fort après tant d'années. (Je dois avouer que pendant quelques jours, j'ai eu peur d'aller me coucher.)

À lire absolument.

La première partie des articles de Truman Capote dans The New Yorker à propos des meurtres : https://www.newyorker.com/magazine/1965/09/25/in-cold-blood-the-last-to-see-them-alive

En 2017, Sundance TV a diffusé un documentaire, Cold Blooded: The Clutter Family Murders, dans lequel la famille Clutter a accepté de témoigner. Apparemment, le livre de Truman Capote leur avait déplu. https://www.youtube.com/watch?v=vTQ9nt1dgvA&list=PLfJMfBbRvIsgK38QN-yKl9iz1fk6dJlo2&index=4

Lecture commune avec A girl et Keisha.

Titre français : De sang froid. Traduction : Raymond Girard