WaterDancer

Encore un livre qui me faisait peur. J'aimais bien la couverture, le titre (moi, dès que ça évoque la danse...) et l'auteur (même si ce qu'il écrit me passe parfois par-dessus la tête). J'étais curieuse de découvrir le premier roman de Ta-Nehisi Coates. Et puis, dans les critiques à son sujet, j'ai vu les termes magic realism et fantasy, et j'ai été prise d'un doute. J'annule ma réservation à la bibliothèque ou j'essaie quand même ?

J'essaie quand même. Mais dès le début, je sens que ce n'est pas pour moi. Quelques phrases obscures (trop poétiques ?) aussi tôt dans la lecture, ça ne présage rien de bon. Mais je décide de continuer pendant une journée pour voir. Et heureusement ! Je suis entrée dans le récit quelques pages plus loin et j'ai finalement donné 5 étoiles au livre sur goodreads. J'aurais dû me dire que c'était un premier roman.

Hiram est esclave sur une plantation de Virginie. Sa mère a été vendue alors qu'il était tout jeune et lui qui a pourtant une excellente mémoire n'a plus que de vagues souvenirs d'elle. Il s'installe chez Thena, une femme acariâtre à qui toute sa famille a été enlevée. Quelques années plus tard, son père Howell (le maître de la plantation Lockless) le fait venir dans la grande maison. Il y travaille la journée et la nuit, il dort, ainsi que les autres esclaves de maison, dans The Warrens (terme qui désigne des terriers ou un dédale), souterrain situé sous la grande maison à l'abri des regards de ceux que Ta-Nehisi Coates appelle The Quality. On a des esclaves (appelés The Tasked ici), mais on a honte d'en posséder. Hiram a un demi-frère Maynard plus âgé que lui. Maynard n'a aucun intérêt pour les cours que lui donne son tuteur alors que c'est lui qui devra diriger Lockless. Conscient de la médiocrité de son fils, Howell Walker demande au tuteur d'instruire Hiram à qui il fait promettre d'être toujours là pour son demi-frère et de veiller sur lui. Devenu adulte, Maynard est rejeté par The Quality et « obligé » de fréquenter The Low Whites (ceux qui ne possèdent pas d'esclaves et qui poursuivent ces derniers quand ils tentent de s'enfuir). Un soir où il échappe à la noyade de manière miraculeuse, Hiram se rend compte qu'il a un don.

Et c'est cette histoire de don qui me faisait un peu peur. Je pensais que le roman allait tourner au mysticisme et que ça m'agacerait. Heureusement, Ta-Nehisi Coates n'en fait pas des tonnes et la dose de magie reste raisonnable. Ça m'a rappelé des choses que j'imaginais quand j'étais ado. Mais décrites avec le talent de l'auteur. Finalement, une réussite pour moi. Je n'ai pratiquement rien raconté de l'histoire parce que j'ai bien aimé la découvrir au fur et à mesure. Je ne veux pas vous gâcher la surprise. Alors même si tout le monde évoque The Underground Railroad de Colson Whitehead à propos de The Water Dancer, ça n'a rien à voir (à part un peu le thème).