JeSuisMart

Je ne sais plus où j'ai trouvé ce titre de 1948. J'ai peut-être vu le nom de l'auteure dans une liste d'écrivains martiniquais. En faisant des recherches, j'ai trouvé deux titres : Je suis martiniquaise et La négresse blanche. Comme c'était sûr que je ne lirais pas le deuxième vu son titre, je me suis intéressée au premier. Et là, je trouve un article qui explique que Frantz Fanon, qui avait violemment critiqué ce livre doudouiste, et beaucoup d'autres avaient été victimes d'une supercherie car il était impossible que Mayotte Capécia (pseudonyme de Lucette Céranus) ait pu écrire ce livre.

Par chance (si on veut), je trouve ce titre (l'autre y est aussi) à la bibliothèque d'une université et je l'emprunte.

Le livre se compose de deux parties : la première sur l'enfance de Mayotte au Carbet (même si dans le livre, on insiste pour dire à Carbet), la deuxième, sur sa vie à Fort-de-France avec un officier blanc. Cette partie se déroule an tan Robè (au temps de l'amiral Robert). Je ne m'étendrai pas sur l'histoire qui est totalement convenue.

J'aimerais savoir comment Frantz Fanon et les autres ont pu penser que c'était une Martiniquaise qui avait écrit ça. Dès la première ligne de dialogue où les r sont remplacés par des apostrophes, j'ai failli refermer le livre. Mayotte vit à la campagne, les habitants ne sont pas trop raffinés. Même en créole (oui, il y a de temps en temps des phrases en créole), les r sont remplacés par des apostrophes. En revanche, lorsque sa mère reçoit une amie d'enfance qui vit à Fort-de-France, les apostrophes disparaissent. Si elles sont censées représenter un quelconque accent, je ne vois pas en quoi le fait d'habiter Fort-de-France ferait une différence. J'ai terminé le livre par curiosité, mais je retiendrai surtout les articles qui ont été écrits à son sujet.

Je me suis forcée à écrire quelque chose et ça se voit.

Albert James Arnold explique l'histoire de ce roman dans deux articles disponibles ici :

https://www.cairn.info/publications-de-Albert-James-Arnold--81518.htm

« Mayotte Capécia » : De la parabole biblique à Je suis Martiniquaise

Frantz Fanon, Lafcadio Hearn et la supercherie de « Mayotte Capécia »