Keeper

Après avoir lu The Next Sure Thing, j'ai décidé de reprendre l'œuvre de Richard Wagamese depuis le début. J'ai trouvé son premier roman, mais les suivants n'étaient pas disponibles à la bibliothèque. J'ai donc emprunté le dernier (publié l'an dernier à titre posthume) et un troisième (je me suis dit que je n'allais pas tout prendre). Keeper'n me est donc le premier roman qu'a publié Richard Wagamese.

Garnet Raven a 20 ans et purge une peine de prison de cinq ans, quand il reçoit une lettre de sa famille à laquelle il a été enlevé à trois ans. Garnet a passé son enfance d'une famille d'accueil à une autre, avec pour constante le fait qu'il était le seul Indien. L'unique représentation qu'il a des Indiens est celle que lui renvoient la télé et le cinéma (où les Indiens ne sont parfois pas de vrais Indiens). Dès qu'il en a l'occasion, il s'enfuit et part sur la route. Il ne recherche pas réellement son identité : il s'en crée une nouvelle à chaque ville où il se trouve ; tantôt Mexicain, tantôt Hawaïen, tantôt moitié-Chinois (comme Kwai Chang Caine). Il est tout sauf Indien. Il décide de devenir noir quand il se lie d'amitié avec Lonnie Flowers qu'il rencontre à Toronto. La famille de ce dernier l'accueille comme l'un des siens. Garnet tombe amoureux du blues (qui colle parfaitement à sa vie) et va même jusqu'à porter l'afro. En voulant « rendre service » à un ami, il se retrouve en prison. Et c'est donc là qu'il reçoit une lettre de son frère Stanley. À sa sortie de prison, il décide d'aller rencontrer cette grande famille qu'il ne connaît pas dans le nord de l'Ontario.

Avec l'aide de sa famille, des habitants de la réserve et de Keeper (qui était l'apprenti de son grand-père), il découvre sa culture, l'histoire de sa bande et de sa famille, et apprend à connaître la terre et la nature. Nous suivons Garnet tout au long de son apprentissage et de ses découvertes. Nous vivons au rythme de son village (où vit même la réplique ojibwé d'Assurancetourix) et des événements qui s'y passent.  Et Keeper nous explique ce qu'il essaie de transmettre à Garnet, sa mission, et les enseignements qu'il a inventés (car il faut bien qu'il tire des avantages du temps qu'il consacre à son élève). Nous avons droit à des passages émouvants, mystiques, drôles.

Il s'agit d'un roman en grande partie autobiographique, puisque Richard Wagamese a été retiré très jeune à sa famille et a dû (ré)apprendre sa culture d'origine. Je lui ai trouvé quelques longueurs ; c'est un premier roman et il en a les défauts. L'ensemble est tout de même remarquable. Et je le recommande.