TheFactory

Il y a des livres auxquels on ne comprend rien, il y a des livres qui vous intriguent. Ça ne veut pas dire qu'ils ne vous plaisent pas. En tout cas, on n'en est pas vraiment sûr. Et bien, The Factory, c'est ça. Quand je l'ai refermé, je me suis demandé ce que je venais de lire. J'ai plutôt aimé, mais franchement, j'aurais eu du mal à raconter l'histoire. Déjà, je n'avais pas compris qu'il y avait trois personnages. Alors que le premier chapitre (déjà, il faut voir qu'il s'agit de chapitres) parlait d'une femme, son prénom a une lettre de moins dans le deuxième. J'ai pensé à une faute de frappe. Puis, après quelques pages, le pronom he (il) est utilisé à son sujet. J'ai pensé à une autre faute de frappe : he au lieu de she. Dans le troisième chapitre (déjà, il faut voir que le troisième chapitre commence), un autre personnage apparaît. Je suis allée voir le résumé et c'est là que j'ai vu qu'il y avait TROIS personnages. J'aurais dû attendre d'avoir l'esprit plus clair avant de lire ce roman.

L'histoire : une femme et deux hommes trouvent un emploi dans la grande usine de leur ville. L'usine domine la ville et constitue une ville dans la ville. Certains employés n'ont même pas besoin d'en sortir car ils ont tout sur place : logements, magasins... La femme, qui ne reste jamais longtemps au même poste, se retrouve préposée à la destruction de documents. Le premier homme, qui comptait consacrer sa vie à la bryologie (et vivre éternellement chez ses parents), est embauché pour un projet de toiture végétalisée et vit sur place dans une maison où se trouve également son laboratoire. Le deuxième homme (on apprend plus tard qu'il s'agit du frère de la broyeuse de documents) vient de perdre son emploi d'informaticien et, grâce à sa copine responsable d'une agence d'intérim, occupe en attendant un poste de relecteur/correcteur. Il travaille, dans une équipe de femmes apparemment décidées à le gaver de sucreries, sur des textes divers sans rapport avec l'activité de l'usine. Activité qui est d'ailleurs floue puisque personne ne semble savoir ce que l'usine produit exactement. Autour de cette dernière grouille une faune de ragondins (pas de petits, que des adultes), de cormorans noirs (pas de petits, que des adultes), de lézards des lave-linge (l'usine a une buanderie impressionnante voisine de la maison-laboratoire du premier homme) et un type, qui porte l'uniforme de la société, qui tente d'arracher le pantalon des imprudents qui s'aventurent dans la forêt de l'usine. Vous suivez ?

Je ne vous donne pas plus de détails, parce que ce livre, il faut le lire pour le croire. Il ne fait que 116 pages. Je ne lui ai trouvé qu'un passage pénible : l'exposé que fait un garçon d'une dizaine d'années sur les animaux que l'on trouve autour de l'usine. Cet exposé est confié au chercheur et se retrouve parmi les documents du correcteur.

Voilà, j'espère que je vous ai bien embrouillés comme ça. Donc, quand j'ai refermé le livre, je me suis demandé ce que je venais de lire. Heureusement, ma sœur l'a lu après moi et m'a fait une remarque sur le livre. Et tout est devenu clair. Merci ma sœur !

Roman vraiment très déconcertant et très spécial que j'ai aimé. Il rejoint tout à fait la réflexion que je me faisais en allant au bureau. Je traduis des logiciels qu'on a créés pour gérer les entreprises qui produisent des trucs dont on n'a pas vraiment besoin pour vivre. L'autrice exprime parfaitement l'absurdité de la société moderne. Et la couverture m'a plu évidemment.

Titre original : 工場 (Kōjō)                Traduction : David Boyle